Françoise Duthu

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Archive pour la catégorie 'Réflexions politiques'

Le rêve « Ecologiste » doit aussi être un rêve « anticolonial »

Posté : 27 mai, 2010 @ 12:49 dans Réflexions politiques | Pas de commentaires »

blog.fsarkis.fr

« Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. » Nicolas Sarkozy, Toulon 2007

Tout au long de l’Histoire (en tout cas occidentale), les « civilisations » ont cherchées à se développer principalement de deux manières : soit le « progrès » interne (technique, scientifique, éducatif, etc..), soit par l’expansion et l’échange externe (conquêtes, colonisation, l’or comme monnaie d’échange, esclavage etc….).
Chaque « histoire civilisationnelle », raconte l’histoire de cultures basées sur des valeurs et des modes d’échanges entre individus, de modes d’organisation politique et économique ainsi que au niveau mondial, d’un mode de relations entre différents groupes humains. Il est a remarquer que les civilisations ne se développent pas de manière autonome mais sont en lien les une avec les autres dans le temps et dans l’espace. Les civilisations « greco-romaines », « judeo-chretiennes », « monothéistes », « arabo-musulmanes », « occidentales » sont toutes en lien les unes avec les autres. En fait, la notion de « civilisation » est une notion floue mais permettant de définir rétrospectivement une continuité historique dans l’évolution des groupes humains.
L’Histoire des civilisations peut aussi se comprendre avec l’histoire des « mondialisations ». L’empire romain, les croisades ou la colonisation ont été des formes de « mondialisations » du passé et se comprennent aussi en fonction des modes d’organisation politique, économique ou technologiques. La fin des empires coloniaux au milieu du 20ème siècle a donné place à ce qu’on pourrait appeler la « mondialisation libérale » que nous connaissons aujourd’hui. La colonisation est allée de paire avec un mode d’organisation économique où les anciennes colonies étaient source d’approvisionnement des métropoles en matières premières ou en main d’œuvre (esclavage, immigration etc..).
La décolonisation a été possible grâce à plusieurs facteurs dont bien sur la résistance des peuples colonisés et la concurrence entre différents blocs en occident (Union soviétique, Etats-unis et Europe). Les mouvements de décolonisation sont aussi allés de paire avec une transformation économique « libérale » symbolisée par les positions de J.B. Say qui expliquait que la colonisation de peuplement coutait beaucoup plus cher et était moins efficace que l’échange économique avec les colonies. Les mouvements de décolonisation on donné la souveraineté politique mais le système économique qui s’en est suivi a permis une continuité dans l’exploitation des anciennes colonies. Schématiquement, on pourrait dire que l’administration directe des colonies par les métropoles ont été remplacées par une administration locale associée à un système d’échange (gestion de la dette, système monaitaire, organisation internationales comme ONU, Banque mondiale, influence politiques indirectes etc..) permettant de conserver tout une partie de la domination coloniale.
La « mondialisation libérale » d’aujourd’hui a ses fondements dans cette organisation du monde décidée le lendemain des décolonisations. Aujourd’hui, avec la conjonction des crises financières, économiques et environnementales que nous connaissons, ce système touche à sa fin. Des grand blocs comme la Chine ou l’Inde on su tirer leur épingle du jeu et sont devenus des acteurs de premier plan sur la scène internationale changeant les rapports de force hérités de l’histoire des empires coloniaux.
La « mondialisation » n’est pas seulement question de domination culturelle et politique mais est aussi une question de domination économique. Les règles économiques « universelles » ne sont plus suffisantes à maintenir la suprématie des puissances qui les ont mises en place. Ceci du fait de la concurrence internationale (Chine, Inde, amérique latine etc..) mais aussi parce que la « révolution industrielle » sur lequel se base le système de production nécessite la production toujours plus importante d’énergie. Or, nous connaissons aujourd’hui une limite physique de la capacité d’extraction des hydrocarbures, principale source d’énergie. Les autres sources comme le charbon ou le nucléaire posent elles aussi des soucis en termes de pollution et de sécurité. Nous touchons tout simplement aux limites de soutenabilité de notre système de production.
A ces difficultés, il faut ajouter la question des inégalités qui sont de plus en plus importantes et mettent à mal les systèmes sociaux . La crise des sub-prime a été la goute d’eau par laquelle le système à craqué mais la raison profonde de la crise est que les niveaux de croissance et de rente sur lesquels étaient basée le système financiers n’étaient pas soutenables. L’augmentation du prix du pétrole et la pénurie des ressources que nous avons connues ces dernières années ont mis en évidence cette déconnexion entre l’économie réelle et les flux financiers « virtuels ».
Maintenant qu’il est clair que les masses monétaires qui tournaient à vide dans le système financier ne pourront avoir le retour sur investissement promis, c’est les peuples qui vont devoir compenser le manque à payer. Après la Grêce, c’est l’ensemble des pays Européens qui mettent en place des « plans de rigueur »…
Aimé Césaire, disait qu’il y avait deux questions que la « civilisation » n’avait pas su régler, la question « sociale » et la question « coloniale ». Aujourd’hui cette remarque est toujours aussi vraie à cela qu’il faut lui ajouter la question de la soutenabilité environnementale du mode de développement. L’association de ces trois problèmes est ce qu’on pourrait appeler la question « écologique ».
Au XIXème siècle, c’est l’expansion coloniale qui a permis de trouver une réponse à la question sociale et d’assurer la prospérité des métropoles. Aujourd’hui où les possibilités d’expansion économique dans les marchés extérieurs a atteint ses limites, la question « sociale » devient critique. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le retour de la « nostalgie coloniale » dans les discours et la politique du gouvernement actuel. Devant les difficultés économiques, on reproduit « mécaniquement » les réflexes du passé. La recherche d’un ennemi de l’intérieur (hier le juif, aujorud’hui l’immigré ou le musulman) et l’appel à la mobilisation autours de « l’identité nationale » vise d’une part à détourner l’attention des difficultés sociale et d’autre part à placer les « représentants nationaux » (politiques, grandes entreprises…) au cœur des enjeux politiques.
Seulement, aujourd’hui, à part quelques centrales nucléaires que N. Sarkozy peine à faire acheter à l’étranger, les possibilités d’expansion économique semblent bien plus difficiles qu’à l’époque coloniale et on ne voit pas trop où ce type de politique peut mener sinon à l’augmentation du racisme et au raidissement du pouvoir sur lui-même. Les recettes du passé ne sont pas reproductibles et sont même contre-productives. La justification institutionnelle du racisme ne pourra qu’entraîner une amplification des discriminations et la mise à l’écart de toute une partie de la population française avec non seulement les conséquences morales mais aussi économiques que cela implique. Le soutien à nos grandes « entreprises » ou à l’agriculture du XXème siècle nous fait passer à coté des secteurs économiques qu’il est vital de développer comme celui des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique, des modes alternatifs de transport ou celui des économies d’énergie… La réponse aux trois défis (sociaux, coloniaux et environnementaux) qui se posent à nous ne trouverons leur solution qu’en repensant complètement l’équilibre entre l’Homme et son environnement. Ceci au niveau local comme global.
Le social et l’environnemental étant déjà au cœur de nos préoccupation au sein d’Europe Ecologie, n’oublions pas d’y ajouter la question anticoloniale. Assurons nous que la solution aux deux premières questions ne se fera pas sur le dos de la troisième…
F. Sarkis

Pascal Boniface : « BHL n’est pas seulement ridicule, il est dangereux »

Posté : 16 avril, 2010 @ 12:06 dans Anticolonial, Réflexions politiques | Pas de commentaires »

Un propos serré, rigoureux, sur la désinformation BHélienne.

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article3184

Europe Ecologie : consolidation à un haut niveau

Posté : 21 mars, 2010 @ 1:42 dans Réflexions politiques | Pas de commentaires »

http://lipietz.net/spip.php?article2531

Intéressante analyse d’Alain Lipietz, sans cocorico…

 

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Posté : 19 février, 2010 @ 1:32 dans j'ai été intéressée par..., Réflexions politiques | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/societe/0101619772-le-crif 

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir 

Par ESTHER BENBASSA directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne) 

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de
la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme». Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme
la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion. 
En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël. 

On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales. Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer». 

Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de
la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de
la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés. 
Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes. Dernier ouvrage : «Etre juif après Gaza», CNRS éd., 2009. 

 

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