Françoise Duthu

Bienvenue sur mon blog : poésies, photos, travaux universitaires, textes politiques, …

Archive pour la catégorie 'Non classé'

Vouloir la paix! Bonne année 2016

Posté : 31 décembre, 2015 @ 1:32 dans Non classé | Pas de commentaires »

Vouloir la paix! Bonne année 2016 p201

« Comment la terre d’Israël fut inventée », Shlomo Sand

Posté : 12 décembre, 2013 @ 6:53 dans Histoire, Non classé | Pas de commentaires »

Une conférence de l’universitaire israélien  Shlomo Sand donnée à l’IReMMO à Paris à l’occasion de la sortie en 2012 de son ouvrage éponyme. A découvrir.

http://www.youtube.com/watch?v=taAUXOTx8Qg

Un intellectuel courageux.

Nelson Mandela, les chemins inattendus, Achille Mbembe

Posté : 12 décembre, 2013 @ 1:52 dans Hommage à ..., Non classé | Pas de commentaires »

Il fallait bien un Africain pour rendre  à  Nelson Mandela un hommage qui ne soit pas un panégyrique

Magnifique approche d’un homme et d’un pays.

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/MBEMBE/49518

Texte écrit en août 2013, bien loin de la grand-messe unanimiste de ces derniers jours.

L’accord de libre-échange Canada-UE, cheval de Troie du traité transatlantique UE/USA

Posté : 25 octobre, 2013 @ 9:34 dans Mondialisation, Non classé | Pas de commentaires »

 

Cet article  paru dans l’Humanité explique bien les enjeux cachés (au grand public) des traités de libre-échange conclus ou en cours de négociation. Il faut y voir la poursuite de la libéralisation bloquée à l’OMC par la mobilisation des sociétés civiles et la résistance d’un ensemble de pays du Sud. Les bons vieux thèmes – déjà présent dans le défunt Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI) – de la mise en concurrence des services publics avec de grands groupes privés et de l’assignation devant des tribunaux spéciaux des Etats qui par leurs décisions auraient privées des groupes privés de « profits espérés » se retrouvent dans ces accords.

Le but de tels accords est la maximisation du profit des grandes firmes, au détriment de la santé publique (ex: nous devrons importer le boeuf aux hormones canadien), des droits sociaux et de l’environnement.

Un collectif d’ONG et organisations syndicales est en train de se mettre en place en France, en lien avec les réseaux européens, contre le projet d’accord transatlantique.

http://www.humanite.fr/monde/accord-de-libre-echange-lue-et-le-canada-signent-u-546596

Frédéric Farid Sarkis, La révolution syrienne, deuxième génération

Posté : 18 septembre, 2013 @ 3:56 dans j'ai été intéressée par..., Non classé | Pas de commentaires »

Revue Multitudes 212 (3), n°50

Frédéric Farid Sarkis est maître de conférence en mathématiques à l’Université de Lille I et conseiller municipal de Colombes à l’Économie sociale et solidaire.
Propos recueillis par Gaétane Lamarche-Vadel, le 24 avril 2012.

Je suis né au Liban, où mon père s’est réfugié après avoir fui les geôles syriennes où il a été emprisonné de nombreuses fois.
Il était avocat et un opposant farouche du régime d’Hafez el Assad. Ensuite on a vécu 3 ans en Irak puis on est parti en France où nous sommes arrivés en 1979.
J’ai été naturalisé français en 1994 et au cours de l’entretien d’intégration on m’a conseillé de changer de prénom, alors j’ai francisé mon prénom en le transformant en un autre qui phonétiquement s’en rapprochait le plus ; c’est ainsi que Farid est devenu ou s’est superposé à Frédéric. À l’université de Lille, c’est Frédéric à la maison c’est Farid. Le militant écologie au conseil municipal de Colombes s’appelle Frédéric-Farid.

2J’ai toujours été militant donc aujourd’hui mon engagement dans l’opposition syrienne est tout naturel. En tant que militant français j’ai pu aider les organisations françaises à participer à la mobilisation de soutien au peuple syrien.

LE SOULÈVEMENT SYRIEN

3Il a été plus tardif que dans d’autres pays arabes et certains se demandaient pourquoi ? La principale raison est que les gens avaient le souvenir du massacre de Hama en février 1983. En 3 semaines 30 000 personnes environ ont été tuées par le père de Bachar el Assad. Il peut y avoir d’autres raisons de ce retard qui tiennent à la structure familiale très protectrice et une situation économique peut-être moins défavorable que dans les autres pays arabes. En février 2011 y a eu plusieurs appels par Facebook. Le 15 mars, a lieu un rassemblement regroupant des personnalités connues. Cette date a depuis été adoptée comme la date symbolique du début de la révolution syrienne. Cependant, la date qui a vraiment mis le feu à la poudre est le 18 mars à Deraa : des jeunes avaient tagué un mur avec les mêmes slogans qu’ils avaient vus en Égypte ou en Tunisie ; ils ont été embarqués par la police. Il y a eu des manifestations pour récupérer les enfants qui avaient entre 10 et 16 ans et qui ont été passés à tabac par les services du régime. La répression qui a suivi a été filmée par les appareils mobiles et retransmise par des activistes sur le web et auprès des chaînes de télévision entraînant une réaction en chaîne auquel le pouvoir ne s’attendait pas.

4Au début les slogans des manifestants – qui connaissaient la nature du pouvoir syrien – ne visaient pas la chute du pouvoir mais la liberté d’expression, les droits démocratiques. Mais à chaque fois le pouvoir était dans la surenchère. Par exemple le pouvoir a annoncé la levée de l’état d’urgence mais le lendemain les répressions étaient pires qu’avant. De même il autorise les manifestations et le lendemain, pareil, les violences continuent de plus belle.

5Au début quelques Chabihas (miliciens et trafiquants au service du pouvoir connus pour rouler en mercedes noire) suffisaient pour tirer dans la foule et tuer des gens. Au fur et à mesure que les déserteurs de l’armée rejoignaient leurs familles et étaient hébergés dans les maisons, ils ont pu protéger les manifestations pacifiques. Alors le pouvoir a dû monter en force et ce n’était plus quelques Chabihas mais des bus qui transportaient les milices

6Plus la violence s’est accrue plus il y a eu des déserteurs. L’armée libre s’est constituée. En fait le premier général qui a fait défection et qui est allé en Turquie a déclaré être, avec le millier d’hommes qu’il représentait, l’armée libre. Mais en fait l’armée libre c’est de nombreux militaires qui ont déserté et rejoint leur famille, leur village ; ont également rejoint l’armée libre des gens qui ont fait leur service militaire, qui en Syrie dure 2 ans.

7Très vite les manifestations ont été organisées par des activistes sur le terrain ; ils utilisent Skype, ils utilisent tous les réseaux pour se connecter les uns aux autres, envoyer des vidéos. La diaspora aide à organiser la communication. Très vite des Syriens qui filmaient avec leur portable ne savaient pas à qui envoyer les images. Au fur et à mesure des réseaux se sont montés, les gens envoyaient leurs photos étaient relayés pour que les films atteignent les médias.

8Ca a démarré comme en Tunisie en mars 2011 par Facebook. J’avais organisé un débat à l’Assemblée nationale avec des membres résidant en France du groupe Facebook « syrian revolution 2011 » et il y a eu bien plus de 100 000 personnes dans le groupe. Puis en raison de la durée du conflit en Syrie, le groupe a pu s’organiser beaucoup mieux que dans les autres pays arabes. De nombreux groupes se sont cotisés pour envoyer des caméras satellites pour faire du direct avec Al Jazeera et d’autres chaînes. Actuellement c’est de la vraie logistique qui est faite par le web, utilisé pour organiser l’acheminement des médicaments, de la nourriture, etc. Même les slogans des manifestations sont discutés par Skype le soir… Les groupes fonctionnent par projets (médical, médias…), souvent ils se fédèrent ensuite parce que certains groupes fonctionnement plus efficacement que d’autres. Chaque projet doit chercher ses financeurs (souvent des gens de la diaspora) à qui sont exposés les projets. Les réseaux c’est des milliers de personnes.

9Il y a différents cœurs de réseau, certains comme les LCC (Coordination des Comité Locaux) sont plus composés de personnes ayant fait des études ou bien insérées socialement, d’autres réseaux ont une base plus populaire, d’autres de sensibilité religieuse plus prononcée. Ces réseaux étant bien sûr tous connectés ensemble.

10Sur le terrain il y a beaucoup d’organisations révolutionnaires qui se sont montées, se connaissent, et chacun acquiert une légitimité dans le réseau. Les activistes se sont organisés pour relayer l’information et réfléchir au système qu’ils voulaient mettre en place. Il y a un réseau d’activistes qui ont fait des chartes, qui ont fait des groupes de travail pour envisager l’après.

11La diaspora est partout : Europe, USA, pays arabes. Il y a beaucoup de dons. Par exemple à Paris c’est le réseau des médecins syriens qui a financé les premières caméras envoyées. Partout les gens se sont organisés, ils ont commencé à se connaître dans la diaspora mais pas seulement car il n’y a pas de frontière entre les gens de l’intérieur et les gens de la diaspora. Le territoire est émaillé de manière dense, non pas structuré sous forme pyramidale mais par des réseaux ; beaucoup de gens connaissent beaucoup de gens, des gens plus ou moins connus, plus ou moins influents. Les gens de l’armée libre sont en lien avec les activistes de ces réseaux-là. On a dépassé la phase d’échanges d’informations connue par la Tunisie et l’Égypte. L’Internet est devenu le mode d’organisation… Pour passer la frontière il faut des réseaux minimaux, mais pour acheminer une caméra à un endroit précis, il faut une succession de relais. Il faut donc un circuit balisé. Outre l’acheminement il faut aussi assurer le suivi des machines, les formations aux protocoles des logiciels de ces outils sophistiqués. il y a plein de gens partout donc qui éditent des manuels, deviennent formateurs. J’ai vu des gens en thèse d’économie devenir des formateurs en logiciels et matériel professionnel de journalistes qui utilisent ces caméras. Il y a donc une diaspora et une communauté d’activistes en Syrie qui par le réseau se sont connectés et travaillent ensemble.

12Il n’y a plus rien en Syrie, plus d’État, les gens sont dans leur maison. Mais il y a un système d’entraide. Par exemple quand nous avons besoin d’un logo, on le fait savoir. Il y a des gens prêts à faire des logos pour telle ou telle activité. C’est un peu comme ce qui se passe dans le réseau associatif en France mais l’énergie est multipliée par 10 000 parce qu’il y a une cause porteuse très intense, parce que la vie humaine est en jeu, parce que les hommes, les femmes meurent sur le terrain. La lutte est vitale. Pour moi qui suis militant français, le niveau d’énergie que je mets dans ce travail n’a rien à voir avec ce qui existe en Syrie. Quoiqu’on puisse donner ici, ça n’a rien à voir avec ce qu’ils peuvent donner là-bas

LE CONSEIL NATIONAL SYRIEN

13Il faut savoir que les opposants en Syrie, comme mon père, sont à l’étranger depuis 20 ans, 30 ans. Hafez el Assad a massacré tous les politiques et les civils opposants en Syrie, les autres sont partis. Après la mort d’Hafez pendant les premières années des salons de discussions ont été autorisés pour créer un peu d’ouverture. Mais ça a vite pris fin. Il reste quelques cyber-activistes et quelques personnes politisées à l’intérieur, mais elles sont rares.

14Avant que se constitue le CNS, il y a eu quelques conférences, colloques d’opposants en Turquie, en Allemagne, un peu partout, mais il n’y avait aucune cohésion et il y a eu une grosse pression des activistes de l’intérieur pour que l’opposition extérieure s’organise et s’unifie. Le Conseil national s’est donc créé sur la double pression intérieure et extérieure, afin que les opposants se fédèrent en un seul réseau. À côté du CNS il y a des courants minoritaires comme le CNCD (Comité national pour le changement démocratique). Au départ Il y a plusieurs opposants connus, comme Michel Kilo avait organisé un forum dans un hôtel à Damas Syrie ; ils demandaient des réformes démocratiques sans exiger la chute du régime. Beaucoup de gens pensaient qu’il y avait là une voie intermédiaire qui était valable si le régime acceptait de jouer cette carte-là. Si cette voie médiane de négociation avec le pouvoir avait marché, les gens auraient suivi, car ce qui les intéressait c’était la démocratie. Malheureusement à aucun moment le régime n’a entendu cela et la fenêtre ouverte pour une transition négociée, sans chute du régime, est fermée maintenant. Il y a eu trop de morts. À partir de là s’est formé le CNCD, formé de laïcs, ils n’ont pas de frères musulmans ; Ils restent sur des positions de non-violence et rendent responsables les manifestants des exactions du pouvoir. De ce fait ils ne sont pas bien vus en Syrie. Le groupe d’opposants le plus légitime est le Conseil national, il est reconnu par les puissances extérieures et même s’il est critiqué par l’intérieur il est le plus légitime.

15Aujourd’hui il y a des manifestations partout en Syrie, même à Damas et dans les quartiers aisés du centre de Damas. Au début quand une ville se faisait attaquer, quand elle était fatiguée, une autre ville prenait la relève. Les rebelles de Homs formaient un des groupes les plus forts, aussi le régime a-t-il voulu faire un exemple en rasant le quartier de Baba Amr. À 80 % il n’y a plus d’immeubles. Beaucoup de quartiers de Homs ont été dévastés, il ne reste presque plus d’habitants. Mais la guerre continue là-bas : des tanks, des bombardements au mortier contre des kalachnikovs ! La rébellion arrive à trouver des armes par le trafic mais pas de balles qui sont difficiles à trouver. Les balles s’achètent sur le marché très cher : 3. On en trouve sur des réseaux proches du Hezbollah qui vendent des balles dont l’argent sert ensuite à la répression des opposants !!!!

16L’armée syrienne est de 300 000 personnes, en principe, car en fait beaucoup de soldats déserteraient s’ils pouvaient le faire. Les déserteurs étant tués tout de suite, il y a en a peu qui essayent même si certains arrivent à prendre la fuite. Derrière chaque brigade de l’armée régulière il y a des miliciens qui surveillent. L’armée est sous contrôle des services de sécurité et des milices Chabiha, et bénéficie de l’aide de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah.

17La communauté alaouite fait 10 % en Syrie, et le clan d’Assad a un réseau familial et communautaire qui tient l’ensemble des services, l’ensemble du pays. Dans l’aviation il y a plus de sunnites, aussi ces brigades, en qui le pouvoir n’a pas confiance restent dans leurs casernes. Liés au pouvoir Assad, beaucoup de prêtres ont soutenu le régime. Assad a joué sur les communautés. Il met le feu entre les communautés pour se positionner comme le protecteur des communautés. Il joue la minorité alaouite contre la majorité sunnite.

18Les manifestants, eux, ont essayé d’éviter le côté communautaire au contraire dupouvoir. Parmi les manifestants il y a donc toutes les confessions mais la majorité est sunnite. Les régions chrétiennes sont plus calmes parce qu’épargnées par le pouvoir qui cherche à attirer toutes les minorités. Parmi les manifestants il y a quelques Kurdes mais ils n’ont pas de position unie. Également beaucoup d’alaouites, minoritaires, pensent que si le pouvoir chute ils vont se faire massacrer, donc ils ont peur. Et le pouvoir fait tout pour entretenir cette peur, on a vu des alaouites coupés en morceaux. Donc la majorité sunnite est présentée comme l’ennemi de toutes les minorités par le pouvoir et ils sont, de fait, les plus actifs dans la rébellion.

19Dans beaucoup d’endroits, il n’y a plus rien. Il n’y a plus d’économie en Syrie, mais le milieu dirigeant arrive à vivre À Damas par exemple, il y a des quartiers où les gens arrivent à vivre presque normalement. Mais dans d’autres villes comme à Homs par exemple il y a des centaines de milliers de réfugiés. Et le chiffre des morts annoncés est de 13 000 mais c’est 13 000 répertoriés avec nom, prénom. Mais les morts sont beaucoup plus nombreux. Il y a les disparus qui se comptent par dizaines de milliers, voire 100 000, morts, emprisonnés, ou réfugiés, partis au Liban en Turquie, en Jordanie. Le nombre de tués, torturés emprisonnés est énorme. C’est pourquoi les gens n’arrêteront pas. Et le pouvoir non plus ne s’arrêtera pas puisqu’il s’arrête, il chute.

20Dans les premiers temps de la rébellion, le pouvoir était hésitant et il a repris de la vigueur quand la Ligue arabe a envoyé les observateurs. Alors qu’il n’arrivait pas à faire sa propagande on a vraiment senti que les « observateurs » lui ont donné une tribune médiatique. C’était vraiment un gag ces « observateurs » ! Ca a été fait pour faire gagner du temps au pouvoir. Pendant la phase des « observateurs » le pouvoir s’est réorganisé y compris avec l’aide iranienne et du Hezbollah. Et au moment du veto russe à l’ONU, on est passé à une autre étape de violence. Au début on n’avait pas 100 morts par jour mais à partir de ce moment ce nombre de 100 morts par jour a été atteint.

21Le plan Koffi Annan aussi apparaît aussi comme un gag. Mais on ne pouvait pas dire non ! Alors il y a eu une trêve d’une journée, ce qui a montré que l’armée libre était organisée, même si ce n’est pas selon une structure pyramidale comme l’État-major mais plutôt selon un schéma neuronal qui permet de prendre des discussions collectives. Cela a montré le sérieux de l’armée libre, contrairement à l’image de fous furieux qu’en donnait le pouvoir. Et cela a montré que le pouvoir de la résistance était capable d’arrêter, qu’il maîtrisait l’armée, contrairement à ce que disait le pouvoir d’État qu’il était dépassé par l’armée. Cependant, avec la reprise des combats, la situation se dégrade très vite et le risque de guerre civile et de chaos n’est pas à exclure.

GÉOPOLITIQUE

22Les Syriens sont seuls et n’ont aucune aide, Sur le terrain il y a peu d’armes qui circulent et rien de capable de mettre à mal les Tanks et l’artillerie lourde utilisée par la répression. Le Qatar et l’Arabie Saoudite disent qu’ils veulent aider mais le soutien reste modeste et souvent à travers le financement direct de certains groupes armés, ce qui est dangereux pour la cohésion de la résistance. La Turquie accueille des gens, mais ne laisse pas rentrer les armes facilement. Pour elle, l’urgence c’est la question kurde. La dernière réunion du CNS était en Turquie mais la délégation kurde a quitté le Conseil parce que la Turquie négocie le positionnement de l’opposition syrienne sur la question kurde avant d’aider ou pas. L’agenda de la question kurde est pour elle plus important que la question syrienne.

23L’Irak est dans une situation d’entente cordiale avec les États-Unis qui, avec l’Iran, se partagent le pouvoir en Irak. Le Président irakien est proche de l’Iran et donc l’Irak est plus un soutien d’Assad, même si ça ne se dit pas ouvertement. La Jordanie est un petit pays facile à déstabiliser, aussi même s’il a la position la plus claire, il n’est en capacité de rien du tout. Au Liban, c’est le Hezbollah qui est au pouvoir et il a annoncé dès le départ son soutien à Assad. Quant à Israël le pays n’a pas de position officielle sur la question ; même s’il serait plutôt pour l’opposition, Israël n’a pas envie d’une chute rapide du pouvoir. Assad a quand même fortifié la frontière israélienne depuis très longtemps, Israël n’a pas envie de voir ça bouger. Dans le Golan il y a une province syrienne occupée par Israël, mais ça fait trente ans qu’Assad n’a pas tiré une balle dans le Golan, au contraire il a sécurisé toutes les frontières. Assad est le meilleur ennemi des Israéliens, il est celui qui catalyse les colères arabes contre Israël et finalement pour les transformer en sécurité sur la frontière israélienne. Ca ne veut pas dire que les Israéliens soient pour Bachar, mais ils ne voient pas d’un mauvais œil l’affaiblissement durable du régime. En fait les Assad, père et fils, ont toujours garanti leur existence en jouant la carte de l’équilibre géopolitique dans la région. Donc si Bachar chute trop vite, quelle opposition prendra la place ? Le Golan sera-t-il remis en cause ? Avec Assad c’est sécurisé depuis 30 ans. Où en sont-ils par rapport à la bombe iranienne ? Un pouvoir syrien affaibli suffit pour les Israéliens. Si un autre pouvoir est mis en place, il est inutile que ça soit trop tôt et trop vite. D’ailleurs les USA veulent depuis le début négocier avec les Russes. La stratégie internationale en ce moment est davantage de trouver un point d’équilibre pour que la Russie puisse garder quelques cartes en Syrie, négocie une transition en essayant de garder des pions donc des gens du régime actuel au sein d’un futur pouvoir syrien.

24L’Iran fournit des armes à la Syrie, la Russie aussi parce que c’est leur allié au Moyen Orient, Obama a changé de stratégie depuis les révolutions arabes préférant prendre le courant de la vague et garder son influence alors que la Russie s’est coupée de tous les pays révolutionnaires en se positionnant contre les révolutions, en prétextant que ça favorisait le terrorisme dans les pays arabes. À propos de la Lybie, la Russie avait finalement signé la résolution de l’ONU et négocié des contrats mais après la chute de Kadhafi les révolutionnaires les ont envoyés promener. En Syrie les Russes cherchent à garantir qu’ils auront des choses. Ils savent que tôt ou tard un compromis se fera et ils veulent la plus grosse part du gâteau. Les Russes devront lâcher un peu de lest, mais en attendant le pouvoir syrien peut tenir longtemps encore comme ça. Les droits de l’homme ça touche les individus mais le pouvoir russe s’en fout, et les occidentaux y compris la France aussi. La France donne un million d’euros humanitaires mais il n’y a pas vraiment d’aide. Même le nombre de morts est monté ou descendu au gré des humeurs diplomatiques. Les Syriens ont recensé 13 000 morts, mais les occidentaux changent les chiffres tous les jours en fonction de leur intérêt. Quand Koffi Annan a voulu mettre la pression pour qu’il y ait une trêve, il a annoncé les 9 000 morts (alors qu’on en est à plus de 13 000) mais avant étaient annoncés 7 500 morts. Le nombre des morts reconnus par l’ONU dépend de la pression diplomatique.

FEMMES

25La Syrie est un pays multicommunautaire et donc laïc, pas dans le sens français, mais dans le sens où chaque communauté vit à sa manière sur son territoire. Il y a eu en Syrie comme dans les autres pays arabes une radicalisation de l’esprit communautaire mais la Syrie est un pays multiculturel, les gens vivent ensemble, chacun avec sa culture. Quant à la situation des femmes ; il y a pas mal de femmes activistes, car la Syrie ce n’est pas l’Arabie saoudite, c’est un pays un peu comme le Liban, moins populaire et plus éduqué que l’Égypte. Et moins pauvre. Il y a de l’eau en Syrie. Après sur la question de l’Islam, ce n’est pas sûr que les femmes aient perdu. Des victoires gagnées sont des vraies victoires. La condition qui est faite aux femmes dans les pays arabes, quand elle est utilisée par l’Occident pour justifier les dictatures ne représente pas vraiment une victoire pour les femmes. C’est de la courte vue. Les femmes en Occident ont gagné leurs droits, je ne vois pas pourquoi les femmes arabes ne pourraient pas le faire. En France ça a mis le temps qu’on sait et ce n’est pas fini ; dans le monde arabe on peut voir dans les résultats des élections un recul parce qu’on était dans le déni de la société. Alors il vaut mieux une société qui puisse évoluer de l’intérieur que des décrets par là-haut et qui ne changent pas la culture et le comportement quotidien des gens. Avec l’islam politique c’est une question qui va se poser de toute façon. Si Assad chute il faudra définir une nouvelle identité nationale ; il faut un nouveau pacte entre citoyens, il faut un nouveau contrat social en Syrie donc que les classes populaires syriennes se reposent la question de l’islam ; c’est normal. En Tunisie, la charia ne fait pas partie de la constitution, en Syrie il y a un consensus avec les Frères musulmans sur un État civil, ce qui veut dire laïcité, pas une laïcité version française ; un État civil signifie un État de droit. De toutes les façons la Syrie c’est un pays multiculturel, donc quoiqu’il arrive il y a les Chrétiens, les Alaouites, les Sunnites, les Kurdes comme le Liban. La structure des Frères Musulmans est très peu présente en Syrie, contrairement à l’Égypte. Ils existent plus dans l’opposition extérieure que dans le pays. L’islam politique syrien existe mais peu structuré et selon le cours des événements, les Frères musulmans vont essayer de s’organiser en Syrie, mais ce sera une création de l’après révolution. Ce qui ne veut pas dire que parmi les activistes il n’y ait pas de gens qui se définissent comme musulmans, qui se réclament des valeurs de l’Islam. Pourquoi pas, moi je suis chrétien. Les valeurs religieuses font partie des valeurs constitutives de la culture d’un pays, en France aussi.

26Dans nos réseaux nous sommes tous mélangés et bien sûr il y a des musulmans. C’est inévitable. La lutte contre l’islam a justifié les dictatures en place et il faut donc laisser une ouverture de ce côté-là. Si les gens veulent se reconstruire ils sont obligés de repartir de ce qu’il y avait avant. Il faut que le débat puisse avoir lieu. La société doit devenir vivante, il faut laisser les gens prendre leurs destinées en main. Les systèmes qui vont le mieux fonctionner seront ceux qui resteront. Est-ce qu’en Égypte les Frères musulmans resteront, est-ce qu’ils échoueront ? Est-ce qu’ils deviendront comme les Chrétiens démocrates en Allemagne ? En France Marine Le Pen a fait 20 %, l’endiguement du FN vient de sauter. Compte tenu de la différence des situations économiques et politiques dans les pays européens et les pays arabes, si on établit une proportionnalité entre la difficulté de la vie et le vote FN en France, on devrait avoir en Égypte plus de 100 % de vote salafiste. Le Salafisme est l’équivalent du Front National, les identitaires de l’un contre les identitaires de l’autre. Donc que l’Égypte fasse 20 % de Salafistes et la France 20 % de le Pen, étant donné les conditions de vie en Égypte on peut dire les Égyptiens sont très modérés !

27L’histoire n’est pas écrite par avance. On est dans la phase révolutionnaire ; la phase post-révolutionnaire est encore à venir, elle aura ses risques, de nouveaux enjeux. La Syrie est un pays de tradition multiculturelle qui ne ressemble ni à l’Égypte ni à la Lybie, même s’il y aura sûrement de l’islam politique en Syrie. Mais les dictatures qui ont copié le modèle occidental pour se justifier vis-à-vis de l’occident, cela ne peut plus fonctionner.

L’AVENIR ?

28La révolution syrienne peut mettre plusieurs années comme l’indépendance algérienne. Si elle reste seule cela durera longtemps. Si elle est armée, cela pourra aller plus vite. Les plans de paix, de transition douce cela n’est pas efficace, cela ne marche pas. Le pouvoir refuse toutes les propositions de transition. Si la pression des Russes et des Chinois est assez forte cela peut changer, mais c’est peu probable. Cela fait plusieurs semaines que le plan Annan a commencé avec peu d’effet et les Russes ne font rien pour mettre la pression sur le pouvoir Syrien.

29En ce qui concerne une intervention militaire occidentale, la topologie du territoire syrien est très différente de la Lybie très désertique et des attaques « chirurgicales » ne pourront pas détruire le régime syrien. Peut-être peut-on espérer un effet psychologique pour faire chuter le régime mais c’est très aléatoire et il est peu probable que ce type de risque soit pris. Rappelons de plus qu’Israël est à proximité et que la Syrie possède des armes chimiques et des missiles.

30La dégradation de la situation sur le terrain avec un risque de guerre civile et de multiplication des groupes armés est en train de changer l’équation. La stratégie visant à espérer une solution négociée ou une « stabilisation » assurée par le régime paraît de moins en moins probable.

31Même si le régime peut tenir longtemps avec l’appui militaire et financier de ses alliés, il perd de plus en plus de terrain et sa chute est inéluctable. Si le drame humanitaire et les massacres n’ont pas suffi à convaincre qu’il fallait soutenir la résistance au régime Assad, le pragmatisme risque finalement d’amener à cette même conclusion. Sur la forme du soutien à la résistance, il n’y a pas de bonne solution mais des solutions moins pires que d’autres.

32Le bombardement de l’infrastructure militaire du régime peut avoir une chance de créer un choc psychologique entraînant la chute du régime, mais rien n’est moins sûr. Ce type de bombardement, très meurtrier, ne parviendra pas à détruire les forces de répression qui ne sont pas aériennes mais au sol, faites de militaires et de miliciens utilisant mortier, sniper et tanks qui de surcroît pourront se protéger dans les zones urbaines. Si une telle intervention est faite, elle le sera beaucoup plus probablement pour anticiper une attaque contre Israël, en prévision d’un bombardement des capacités nucléaires iraniennes ou en phase finale pour empêcher le régime en décomposition d’user de ses moyens lourds contre ses voisins ou sa population…

33Bien sûr il y a tout un panel d’options, couloirs humanitaires sécurisés, zone tampon, no fly zone qui peuvent être envisagées à un moment ou à un autre. Il n’en reste pas moins que pour moi, la solution passe en premier lieu par le soutien à la résistance armée sur le terrain. Plus on attend pour aider et plus on risque le chaos et plus il sera difficile de réparer les dégâts. Par contre, il est essentiel que cette aide ne soit pas faite directement par les gouvernements car cela risque d’amplifier les risques de guerre civile et de règlement de compte entre milices rattachées à tel ou tel pays. L’aide à la résistance armée doit se faire à travers le Conseil National Syrien assurant ainsi l’unité nationale et évitant les jeux d’influence impérialistes ou néo-colonialistes qui caractérisent les modes de fonctionnement des États-nations qu’ils soient occidentaux, russes, chinois ou arabes.

 

 

Mona Chollet s’adresse au religiophobe humaniste

Posté : 12 août, 2013 @ 1:02 dans Non classé | Pas de commentaires »

Vigoureux et tonifiant article contre les clichés de tout poils qui permette de justifier des choix que la démocratie en principe devrait interdire!

Voir J’ai été intéressée par… ou Laïcité

Trappes : débat entre le CCIF et Alliance

Posté : 26 juillet, 2013 @ 11:58 dans Non classé | Pas de commentaires »

CCIF : collectif contre l’islamophobie.

Alliance : syndicat de police.

Voir L’islam dans le débat public ou Vidéos.

Les incroyables comestibles partis pour envahir la France et le monde

Posté : 17 mars, 2013 @ 3:57 dans Non classé, Société, Territoires et soutenabilité | Pas de commentaires »

Un mouvement citoyen propageant la gratuité et la solidarité, avec des retombées sur la relocalisation de l’économie. A lire!

http://lesmoutonsenrages.fr/2013/02/20/les-incroyables-comestibles-partis-pour-envahir-la-france-et-le-monde/

BARHEIN, la révolution étouffée

Posté : 21 février, 2013 @ 1:16 dans Non classé, Partout dans le monde | Pas de commentaires »

 

Un article de fond sur la révolution étouffée du Barhein. Instructif.

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/PELLAS/48721

Repenser la construction de l’homosexualité-entre «implantation de perversions» et nouveau (dés) ordre familial

Posté : 7 novembre, 2012 @ 10:00 dans j'ai été intéressée par..., Non classé | Pas de commentaires »

 

 

Une analyse  » à la Foucault » de l’homosexualité, ici replacée dans une perspective constructiviste et historique, sans ignorer la dimension individuelle, laquelle ne s’invite jamais dans le débat public.

Non, il n’y a pas une « nature homosexuelle » identique au travers des cultures et des âges, mais une construction sociale datant en Europe de la fin du 19ème siècle. Une intéressante réflexion contre tout naturalisme.

Et non, l’individu ne choisit pas « librement » son identité sexuelle (ce qui évidemment exclut la notion religieuse de « péché »). C’est dans la première partie de la vie que va se construire l’identité sexuelle.

Au final, c’est la question d’un nouveau (dés)ordre familial qui se trouve posée.

Un peu de théorie face aux débats politiques actuels est toujours bienvenue.

http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/36/89/75/PDF/Banens2004IRSA.pdf

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