Françoise Duthu

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Archive pour la catégorie 'Europe'

EVA JOLY ET LE TSCG : MEME LES PLUS BELLES IDEES SONT MORTELLES.

Posté : 13 septembre, 2012 @ 10:39 dans Europe | Pas de commentaires »

 Européens fédéralistes et écologistes, pourquoi nous ne pouvons pas voter oui au TSCG

 

« Nous souhaitons alerter les citoyens sur les dangers, immenses, auxquels l’adoption de ce Traité exposerait les peuples d’Europe s’il venait  être ratifié par les 25 pays dont les dirigeants l’ont signé le 2 mars 2012. Car c’est tout à la fois à une forme d’austérité perpétuelle et à un risque très accentué d’explosion de la zone euro que la mise en application du Traité conduirait. Mais aussi, et ce n’est pas moins grave, à un rétrécissement mortel de la démocratie en Europe. Au grand bénéfice des forces xénophobes et autoritaires dont on voit la puissance montante dans de nombreux pays, à commencer par la France »

Les économistes atterrés.

 

1) POUR UN DEBAT CLAIR ET SEREIN : UN DEVOIR DE SINCERITE.

 

L’Europe est depuis longtemps  pour la société française un sujet de discordes et de polémiques. En particulier, la gauche et les écologistes se divisent régulièrement sur la stratégie à mettre en œuvre pour construire l’Europe. Personne n’est dupe, Il y a eu souvent dans ces querelles des postures, des positionnements insincères qui visant à instrumentaliser cette question pour régler des affaires politiciennes. Voilà qui n’a pas servi le débat européen.

 

Dans les lignes qui suivent, je fais part brièvement de mon analyse de la crise que nous traversons, et del à je déduis une stratégie de refus du TSCG.

 

Notre mouvement est à l’avant garde du combat pour l’Europe : nous sommes des fédéralistes convaincus et considérons que l’Europe est l’espace politique dans lequel notre projet politique prend tout son sens. Ceci nous rassemble depuis la création de notre mouvement.

 

Ne nous trompons pas de débat : il ne s’agit pas de montrer ses muscles au sein de la majorité ou au contraire de se soumettre à l’autorité du premier ministre. Il ne s’agit pas davantage de distinguer entre une gauche du mouvement qui serait radicale et donc refuserait le traité et une aile molle d’EELV qui accepterait tout au nom d’une béatitude européiste.

 

A l’heure où nous devons faire un choix d’une exceptionnelle gravité, un choix qui aura des conséquences pour des dizaines d’années, il est urgent que chacun pose son barda idéologique et prenne le temps de comprendre la triste réalité de la situation actuelle et des dangers à venir.

 

 

2)  UNE CRISE PROFONDE ET DURABLE QUI MARQUE L’ECHEC D’UN MODELE

 

L’économie française stagne et la zone euro est en récession. La situation ne se redressera hélas pas au cours des prochains mois. La croissance va être, selon plusieurs économistes, beaucoup plus faible qu’espérée, autour de -0,5, loin des 0,8% espérés par le Président de la République.

 

L’objectif fixé par le gouvernement de 3% de déficit en 2013 et d’un retour à l’équilibre en 2017 est abrupte.  Un tel effort n’a de sens que s’il sert un cap politique ambitieux, à moyen terme, de prospérité pour tous. Ce cap ne peut pas être encore la rigueur et toujours la rigueur. Ce cap ne peut pas être le TSCG qui installe dans le temps, de manière dogmatique car en dehors de toute logique économique, une obligation de rigueur. Ce serait  freiner encore l’activité, ce serait planifier l’augmentation du chômage dans des proportions encore jamais vues.

 

A titre d’exemple, Selon le FMI lui même, et les calculs de l’économiste Guillaume Duval, une restriction budgétaire de 1% du PIB entraine immanquablement une baisse de 1% de la demande intérieure dans les 2 ans. C’est ainsi qu’une contraction du budget de 1,5 points de PIB entre 2012 et 2013 (pour passer de 4,5 à 3% de déficit) entrainerait une perte de PIB de 1,2 points et l’augmenterait le taux de chômage de 1 point, soit 300 000 personnes.

 

Encore ces projections ne prennent-elles pas en compte l’effet systémique lorsque plusieurs états d’une même zone économique s’infligent ces contraintes simultanément. Faut-il que nos frères Allemands subissent à leur tour les conséquences de la baisse de la consommation française pour qu’une autre voie soit collectivement envisagée?

 

Cette politique, appliquée sur tout le continent, risque de provoquer une réaction en chaine parfaitement incontrôlable  où la récession provoquera la chute des recettes fiscales qui bloquera à son tour les possibilités d’intervention étatiques…

Si personne ne peut prédire aujourd’hui ce qui se passera si l’on arrive à ce stade, une chose est sûre : notre modèle social n’y résistera pas.

 

3) UN TRAITE  « MERKOZY » INCHANGE, ET QUI NE S’ATTAQUE PAS AUX VERITABLES CAUSES.

 

Le traité n’a pas été renégocié. C’est à la virgule près le traité négocié entre Sarkozy et Merkel. Mais pire, qu’il s’agisse de Merkel et Sarkozy ou Merkel et Hollande, à aucun moment ce traité n’a été pensé pour véritablement remédier aux causes structurelles de la crise. Les mesures de croissance obtenues ne peuvent pas arrêter l’hémorragie, ne parlons même pas de la reconversion écologique…

 

Peut-être, me direz vous, pouvons nous accepter cet état de fait en échanges d’avancées ? Je ne le pense pas. Mais même dans cette hypothèse, il faudrait dire lesquelles.  En effet, peu de choses sont faites pour remédier aux causes structurelles de la crise. Financiarisation de l’économie, système bancaire dérégulé, évasion fiscale généralisée, paradis fiscaux demeurent quasi inattaqués.

 

Je ne reprends pas ici les excellents arguments d’Alain Lipietz sur la nature de ce traité et sur fait qu’il va à l’encontre de la stratégie de transformation écologique financée par des Euro bonds que nous avons défendue en 2009, ni l’analyse d’Yves Cochet sur l’impasse d’une pensée obsédée par la croissance. Ils doivent pourtant nous faire réfléchir.

 

4) POUR SAUVER L’EUROPE, REFUSONS LA REGLE D’OR, ET ECOUTONS LES CITOYENS.

 

Nous sommes dans une crise singulière. Nous sommes dans une situation de rupture historique qui nécessite d’autres remèdes que des mesures d’austérité. Nous ne pouvons pas, les yeux ouverts, accroitre la récession. S’engager dans cette voie, c’est se préparer à des pics de chômages insensés, des fermetures d’hôpitaux, le rationnement des soins. Comment croire que c’est ce que veulent les citoyennes et les citoyens de l’Europe ?

 

Comment accepter, sans débat national et sans vote populaire, ‘une règle d’or’ européenne qui dorénavant s’imposerait au parlement français, avec des sanctions automatiques ?

L’idée européenne n’y résistera pas. C’est la raison pour laquelle demander à ce que le traité soit ratifié par referendum est non seulement légitime, mais également nécessaire.

La crise doit servir à construire une Europe des peuples, fédérale et solidaire, avec des projets ambitieux. Le TSCG nous éloigne de cette direction. C’est ce que dit très clairement Jürgen Habermas, ce grand européen qui refuse ce traité, et dont je partage l’analyse.

 

Il s’alarme de l’avènement d’une domination post-démocratique dont le pacte budgétaire serait l’instrument. Selon lui un tel régime permettrait en effet d’imposer les impératifs des marchés aux budgets nationaux sans aucune légitimité démocratique.  En adoptant un tel traité, Les chefs de gouvernement transformeraient le projet européen en son contraire : la longue et patiente tentative d’établir une communauté supranationale démocratique deviendrait un exercice d’une domination post-démocratique.

 

Quiconque est un européen convaincu doit entendre cet avertissement.

 

5) PASSER DES COMPROMIS, OUI. COMPROMETTRE l’IDEE EUROPENNE, NON.

 

Pour moi, toute stratégie qui viserait à fermer les yeux en se disant, « votons le traité,  ce n’est qu’un mauvais moment à passer,  » est naïve.  Dire « votons ce traité, de toute façon il ne s’appliquera pas » est cynique. Dans les deux cas il est faux de croire que ce traité n’est rien : il est la matérialisation d’un état du rapport de force qu’il s’agit aujourd’hui d’inverser. Les écologistes ne peuvent donner l’impression d’être en accord avec l’Europe comme elle se construit. La mécanique européenne est faite de petits pas, de compromis imparfaits. Je le mesure plus que tout autre. Mais cette fois en cédant aux exigences du gouvernement Merkel, pour soit disant permettre que l’aventure européenne se poursuive, nous cédons à un chantage funeste.  Nous en venons à renier les raisons même pour lesquelles nous construisons l’Europe : accepter ce traité c’est lâcher le sud, et imposer l’austérité partout.

 

C’est la raison pour laquelle selon moi, les parlementaires écologistes ne peuvent pas voter ce traité. La solidarité gouvernementale nous commande de soutenir la politique conduite par François Hollande. Mais elle ne saurait nous obliger à accepter sans rien dire la politique proposée par Angela Merkel. Nous devons au contraire marquer clairement le fait que nous voulons voir l’Europe prendre une autre voie. En conscience nous devons voter non, ou au moins nous abstenir pour marquer notre désaccord.

 

L’Europe est la plus belle des idées, mais elle est mortelle. L’austérité et l’indifférence à la souffrance des peuples peuvent la tuer. A nous de la sauver en restant fermes sur nos convictions.

Eva Joly

La Grèce sous l’Occupation de l’oligarchie financière

Posté : 6 mars, 2012 @ 2:53 dans Europe | Pas de commentaires »

http://www.bastamag.net/article2185.html

Un article d’Agnès Rousseau.

 

 

Soutenir les Grecs, c’est lutter pour avoir un avenir

Posté : 22 février, 2012 @ 4:17 dans Europe, Non classé | Pas de commentaires »

A DIFFUSER LARGEMENT

Source Liste de la ZEP (Zone d’écologie populaire)

Message du 20/02/12 21:48 > De : « Yannis Youlountas » > A : > Copie à : > Objet : LA GRÈCE, BERCEAU D’UN AUTRE MONDE > > >

20 février 2012  Plusieurs messages des insurgé-e-s grec-que-s viennent de nous parvenir depuis hier (Nosotros-Babylonia, Mouvement anti-autoritaire, Mouvement Deplirono, Syntagmas, Radio Entasi Exarcheia…).  Ils expriment un grand merci à vous tou-te-s de votre participation aux manifs de « solidarité avec le peuple grec » (pour la plupart samedi) et/ou de vos nombreux messages de soutien (nous leur avons fait suivre une synthèse des textes et des photos des manifs un peu partout en France). Ce remerciement, ils l’ont également exprimé dès les manifs d’hier à Athènes et Thessalonique, au moyen de banderoles en français qui nous étaient destinées (ainsi qu’à l’égard d’autres régions du monde). Même Radio-Propagande (France-Info) en a parlé !

La mondialisation des enjeux appelle la convergence des luttes et la violence sourde du pouvoir, la fraternité et la solidarité entre les peuples.  Ne croyez pas ce qu’on vous dit : la révolte ne faiblit pas ! Plusieurs journaux (dont le célèbre Elefterotypia), des hôpitaux, universités et entreprises privées ou publiques sont passées en autogestion. Le principal syndicat de policiers commence à manifester des états d’âme et à entendre certaines doléances des manifestants. Le point de bascule est proche ! Continuons ! « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux! »

Ci-dessous, une tribune parue aujourd’hui lundi dans Libération (page 23), que j’ai écrite avec Raoul Vaneigem, en contact lui aussi avec les insurgé-e-s Grec-que-s et qui conférencait récemment à Thessalonique (cf. Siné-Mensuel de février 2012, page 14). Cette tribune paraît simultanément en Grèce dans le journal des insurgés : Babylonia (en version grecque, bien sûr), ainsi que dans le périodique L’altermondialiste.

LA GRÈCE, BERCEAU D’UN AUTRE MONDE

Pour un soutien au combat du peuple grec et pour une libération immédiate des manifestants emprisonnés . Non, bien que dramatique, ce qui se déroule en Grèce n’est pas une catastrophe. C’est même une chance. Car le pouvoir de l’argent a, pour la première fois, dépassé allègrement le rythme jusque-là progressif, méticuleux et savamment organisé de la destruction du bien public et de la dignité humaine. Et ce, sur une terre aussi réputée pour sa philosophie de vie aux antipodes du modèle anglo-saxon que pour sa résistance inlassable aux multiples oppressions qui ont tenté de la mettre au pas. Le Grec ne danse pas et ne dansera jamais au pas de l’oie ni en courbant l’échine, quels que soient les régimes qu’on lui impose. Il danse en levant les bras comme pour s’envoler vers les étoiles. Il écrit sur les murs ce qu’il aimerait lire ailleurs. Il brûle une banque quand elle ne lui laisse plus les moyens de faire ses traditionnelles grillades. Le Grec est aussi vivant que l’idéologie qui le menace est mortifère. Et le Grec, même roué de coups, finit toujours par se relever. Oui, l’Europe de la finance a voulu faire un exemple. Mais dans sa hargne à frapper le pays qui lui semblait le plus faible dans la zone Euro, dans sa violence démesurée, son masque est tombé. C’est maintenant, plus que jamais, le moment de montrer du doigt à tous son vrai visage : celui du totalitarisme. Car il s’agit bien de cela. Et il n’y a qu’une seule réponse au totalitarisme : la lutte, tenace et sans concession, jusqu’au combat s’il le faut, puisque l’existence même est en jeu. Nous avons un monde, une vie, des valeurs à défendre. Partout dans les rues, ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos parents, qui sont frappés sous nos yeux, même éloignés. Nous avons faim, froid, mal avec eux. Tous les coups qui sont portés nous blessent également. Chaque enfant grec qui s’évanouit dans sa cour d’école nous appelle à l’indignation et à la révolte. Pour les Grecs, l’heure est venue de dire non, et pour nous tous de les soutenir. Car la Grèce est aujourd’hui à la pointe du combat contre le totalitarisme financier qui partout dans le monde détruit le bien public, menace la survie quotidienne, propage le désespoir, la peur et la crétinisation d’une guerre de tous contre tous. Au-delà d’une colère émotionnelle qui se défoule en détruisant des symboles d’oppression se développe une colère lucide, celle de résistants qui refusent de se laisser déposséder de leur propre vie au profit des mafias bancaires et de leur logique de l’argent fou. Avec les assemblées de démocratie directe, la désobéissance civile, le mouvement « Ne payons plus » et les premières expériences d’autogestion, une nouvelle Grèce est en train de naître, qui rejette la tyrannie marchande au nom de l’humain. Nous ignorons combien de temps il faudra pour que les peuples se libèrent de leur servitude volontaire mais il est sûr que, face au ridicule du clientélisme politique, aux démocraties corrompues et au cynisme grotesque de l’Etat bankster, nous n’aurons que le choix – à l’encontre de tout affairisme – de faire nos affaires nous-mêmes. La Grèce est notre passé. Elle est aussi notre avenir. Réinventons-le avec elle ! En 2012, soyons tous Grecs !

Raoul Vaneigem et Yannis Youlountas

Une vieille chanson grecque, plus que jamais d’actualité : http://www.youtube.com/watch?v=hq7fSxjQPiE

Sommet social du 18 janvier : Un sommet sans travail?

Posté : 18 janvier, 2012 @ 10:54 dans Europe | Pas de commentaires »

Un sommet sans travail?

17 Janvier 2012 Par <a title= »

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Les invités de Mediapart
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Travailler, ou jongler «entre qualité, quantité, sécurité et tyrannie des délais»? «Pour réindustrialiser, il faut remettre le travail au centre, même dans les services», affirment Martial Bourquin, Yves Clot, Thomas Coutrot, Annie David, Karima Delli et Jack Ralite, alors que Nicolas Sarkozy réunit un «sommet social» muet sur cette question.

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puceinvite.jpgExplosion du chômage et de la précarité, baisse du pouvoir d’achat, surendettement galopant des ménages, désindustrialisation aveugle: le piège du «travailler plus pour gagner plus» s’est refermé. Le dos au mur, Nicolas Sarkozy convoque un sommet «social». France «dégradée» mais menu classique: salaires, emploi et réindustrialisation. Exit le travail.

Avec Nicolas Sarkozy, le modèle néolibéral a refoulé le travail et ses valeurs. Il est vrai qu’une France sans usines n’a pas besoin de femmes ou d’hommes attachés au travail. La fierté du métier et le goût du travail soigné ont été regardés comme des archaïsmes. La promotion de la «culture du résultat», d’abord financier, a encouragé le mépris du travail réel. Une évaluation aveugle sur la création collective a promu un triste individualisme de masse. Le discours de la Qualité a recouvert de formules un travail «ni fait ni à faire». Engagements et capacités ont été gâchés dans des réorganisations qui dissipent l’énergie en désorganisant les efforts. La concurrence de tous contre tous, l’intensification et la standardisation débouchent sur un travail dans lequel on ne se reconnaît plus, abîmant la santé des salariés et l’efficacité des entreprises.

Ces tendances ne sont pas propres à l’industrie et se retrouvent dans les services et pas seulement dans les services publics, pourtant aux premières loges. De l’hôpital à l’école, des transports à la justice, l’énergie vitale s’épuise à colmater les brèches. On chiffre là où il faut aussi déchiffrer. Ceux qui sont en première ligne jonglent dans des conflits de critères entre qualité, quantité, sécurité et tyrannie des délais. Ils sont devenus des acrobates du travail. En remontant la ligne hiérarchique, les acrobaties sont pourtant de moins en moins autorisées et la religion du chiffre vire à la paralysie.

Pour réindustrialiser, il faut remettre le travail au centre, même dans les services. Mais pas un travail appauvri. Les usines de demain ne peuvent pas être celles d’hier, ni même celles d’avant-hier. Leur production est œuvre d’un réseau où geste, parole et idée doivent s’épauler, où plusieurs collectifs se recoupent en chaque travailleur, où le consommateur et le citoyen doivent pouvoir agir sur le produit. L’usine est à l’étroit dans l’usine. Le travailleur est à l’étroit dans le salariat. Chacun est de plus en plus comptable d’un travail de qualité qui n’empoisonne pas la vie; un travail dont l’empreinte sur la Nature ne l’avilisse plus. Le travail est devenu un problème. Mais c’est aussi paradoxalement une solution d’urgence.

C’est vital, possible et nécessaire. C’est vital car le travail peut devenir un recours contre la multiplication des scandales sanitaires, alimentaires et environnementaux. Chaque semaine, un produit sur le marché soulève une inquiétude pour la santé publique. Alimentation, médicaments, emballage, énergie. Tout y passe. De la viande contaminée aux légumes suspects, des plastiques alimentaires traités au bisphénol A jusqu’à la stérilisation des biberons à l’oxyde d’éthylène, de l’explosion de la plate-forme pétrolière BP au gel de silicone dégradé dans les prothèses mammaires, le travail dégradé prolifère. Travailleurs et consommateurs ont besoin d’un nouveau professionnalisme «délibéré» entre eux. C’est là la force de rappel pour en finir avec les «risques psychosociaux», protéger la santé publique et oser une transformation écologique.

C’est possible et nécessaire. Autour des produits et des services, les travailleurs, avec les consommateurs, doivent refaire autorité sur leur travail pour disputer à l’autorité de la finance le monopole de la performance. Dans le système de relations professionnelles «à la française», le paritarisme est souvent refroidi dans des jeux de rôle. Il est temps de revoir la gouvernance de l’entreprise pour que salariés et employeurs expérimentent ensemble ce nouvel objet de conflit, de dialogue et de négociation qu’est la qualité du travail. Les conflits classiques de la relation salariale pourraient s’y enrichir et les représentants des salariés entrer dans la boucle de décision. La loi peut y aider, mais elle ne remplace pas l’initiative. Le travail est la grande question politique du moment. Le sommet qui vient doit en prendre acte.

Martial Bourquin, sénateur (PS), vice-président de la Commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire
Yves Clot, professeur de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers
Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac
Annie David, sénatrice, présidente de la Commission des affaires sociales
Karima Delli, députée européenne (EELV)
Jack Ralite, ancien ministre de la santé et de l’emploi

Sommet européen : la crise sociale absente des débats

Posté : 27 octobre, 2011 @ 10:06 dans Europe | Pas de commentaires »

Le « coup de gueule » de Pascal Canfin et Karima Delli, deux jeunes euro-députés EELV, après la « réussite » du sommet du « sauvetage » de la monnaie européene.

http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2011/10/sommet-européen-la-crise-sociale-absente-des-débats.html

Bateaux pour Gaza : le coup de colère d’une députée européenne dans l’hémicycle

Posté : 10 juillet, 2011 @ 12:36 dans Droits de l'homme, Europe | Pas de commentaires »

Une déclaration très juste, dont on peut parier qu’elle ne sera guère suivie d’effet. Mais enfin; il fallait que cela soit dit. Merci à madame Vergiat.

http://www.dailymotion.com/video/xjqd0x_flotille-pour-gaza-coup-de-colere-au-parlement-europeen-de-marie-christine-vergiat_news

« Finance Watch sera un contre-pouvoir à la finance de marché »

Posté : 10 juillet, 2011 @ 12:25 dans Eco-social, Europe | Pas de commentaires »

Libération

Interview

L’eurodéputé Pascal Canfin révèle les contours de son initiative pour combattre les lobbys bancaires :

25 réactions

Par GRÉGOIRE BISEAU

Le député européen (Europe Ecologie), Pascal Canfin, en janvier.

Le député européen (Europe Ecologie), Pascal Canfin, en janvier. (AFP)

Attac France, Transparency International, Oxfam, Sherpa, le Secours catholique… Près d’une trentaine d’associations et d’ONG européennes (1) vont participer à la création de Finance Watch. Député européen (Europe Ecologie), Pascal Canfin, 36 ans, est l’un des fondateurs de cette initiative transpartisane qui regroupe des élus de droite et de gauche.

Quelles seront les missions de Finance Watch ?

Il y en aura trois principales. D’abord, un travail d’expertise réalisé par des experts indépendants, spécialistes des questions financières. Ensuite, Finance Watch aura une mission de lobbying auprès de la Commission et du Parlement européen pour contrer le travail d’influence permanent des banques. Quand on constate les moyens considérables dont ils disposent, il y a une vraie urgence démocratique à rééquilibrer les choses. Enfin, il y aura un travail de communication auprès du grand public, pour faire pression sur les élus et susciter des débats sur toutes les questions liées à la finance. On le voit bien aujourd’hui dans le travail d’élaboration de nouvelles régulations européennes, on souffre de ne pas avoir de vrai débat dans l’opinion publique.

Finance Watch aura pour vocation de dénoncer les pratiques des banques ?

Le but n’est pas de rechercher le scandale pour le scandale, mais d’éclairer le débat citoyen. Et de se donner la possibilité de faire vivre un débat contradictoire. Sur le nucléaire, on peut entendre les voix d’Areva et de Greenpeace. Les associations de consommateurs ne s’occupaient pour l’instant que des services bancaires aux particuliers. Finance Watch aura une mission de contre-pouvoir sur le cœur de l’activité bancaire, à savoir la finance de marché. Par exemple, lors de la publication des résultats financiers des banques, ce sera son rôle de donner une expertise pour expliquer comment ces bénéfices sont réalisés. Et d’expliquer qu’elles réalisent aujourd’hui plus de 50% de leurs bénéfices, non pas en prêtant aux entreprises, mais en prenant des paris sur les marchés. Pour démonter les argumentaires, Finance Watch s’appuiera sur un réseau officieux d’acteurs de la finance encore en poste qui collaborera de façon confidentielle. On a déjà reçu de nombreux appels du pied…

Quel type de gouvernance adopterez-vous ?

Le conseil d’administration sera composé à parité des représentants des organisations membres et de personnalités qualifiées : des professionnels de la finance, des profs d’économie, des universitaires… Un comité de déontologie sera chargé d’étudier d’éventuels conflits d’intérêts. Le but est de réunir notre assemblée générale en juin, et de recruter la dizaine de permanents à l’été pour être opérationnel dans la foulée. Finance Watch compte sur un budget de fonctionnement de 2 millions d’euros par an, alimenté par les citoyens, les associations, les personnalités, les fondations privées et la Commission européenne.

Vous vous donnez la possibilité de vous faire aider par des fondations liées à la finance ?

La question n’est pas réglée. Est-ce que la fondation de George Soros [spéculateur et philanthrope, ndlr] pourra aider si elle le souhaite ? Ce n’est pas tranché.

Comment Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, regarde-t-il cette initiative ?

Barnier nous a donné son accord politique pour participer au financement, car la Commission a besoin, dans son travail d’élaboration des directives, de contre-expertises sérieuses. Finance Watch sera totalement indépendant des députés européens qui ont été à l’origine de sa création. Aucun de nous ne sera membre ou financeur.

L’arrivée de Michel Barnier a-t-elle marqué une rupture par rapport à la précédente Commission ?

Oui, mais ce n’était pas très difficile. Avec son prédécesseur, l’Irlandais McCreevy, la Commission était devenue le fer de lance de la dérégulation. Ce n’est plus le cas, mais les textes adoptés ne sont clairement pas suffisamment ambitieux. Aujourd’hui, les principaux freins à la régulation ne viennent pas de la Commission et du Parlement, mais des Etats eux-mêmes.

A plusieurs reprises vous avez dénoncé le double discours de Paris…

Je pendrai juste le texte dont je m’occupe personnellement, celui de l’encadrement des CDS de dette souveraine, ces produits d’assurance contre le risque de défaillance des Etats. Pour éviter une spéculation débridée comme on l’a vu sur la Grèce, le texte propose d’interdire l’achat de CDS sans détenir au préalable une obligation d’Etat. Or quel est aujourd’hui le seul pays qui soutient officiellement cette proposition ? L’Allemagne.

Photo Bruno Charoy

Les membres fondateurs de Finance Watch sont:

Anticor (lutte contre la corruption)ATTAC France (Organisation internationale impliquée dans le mouvement altermondialiste)
Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) (Protection des consommateurs)
CCFD-Terre Solidaire (Première ONG française de développement)
CECODHAS (Fédération européenne du logement social, public, coopératif)
European Federation of Investors, EuroInvesotrs (consommateurs de produits financiers)
European Trade Union Confederation, ETUC (Confédération européenne des syndicats)
Fédération CFDT des Banques et Assurances (Syndicat)
Fédération des Associations Indépendantes de Défense des Epargnants pour la Retraite, Faider (Assurés ou épargnants pour la retraite (plus d’un million d’adhérents)
Friends of the Earth Europe, Amis de la terre Europe (ONG environnementale)
Institut pour le Développement de l’information économique et sociale, IDIES (Production et diffusion d’information économique et sociale de qualité, indépendante et pluraliste)
Institut Veblen pour les réformes économiques (Elaboration, promotion et diffusion des propositions de réformes dans le domaine de l’économie)
New economics foundation, Nef (Think-and-do tank)
Nordic Financial Unions, NFU (Syndicat des employés du secteur financier nordique)
Observatoire de la Finance (Lieu d’échanges et d’études avec les opérateurs financiers -personnes et institutions- et leurs associations professionnelles)
Ökosoziales Forum Europa (Think-tank)
Oxfam (Association de solidarité internationale)
Réseau Financement Alternatif (lobbying et développement de nouvelles formes de financement)
Rosa Luxemburg Stiftung – Brussels office (Fondation)
Secours Catholique-réseau mondial Caritas Paris (Lutte contre la pauvreté et les exclusions)
Sherpa (Association de juristes et avocats, pour protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques)
Sofi (Organisation sans but lucratif pour la domestication de l’argent et de la finance)
Solidar (Justice sociale dans l’Europe et dans le monde)
Stichting Onderzoek Muntinationale Ondernemingen, SOMO (Centre pour la recherche sur les entreprises  internationales et la mondialisation)
Tax Justice Network International (Réseau mondial pour la justice fiscale)
Transparency International -EU Office (Lutte contre la corruption)
UNI Europa (Fédération syndicale européenne des services et de la communication)
Weltwirtschaft Ökologie & Entwicklung, WEED
(Word, Economy, Ecology and Development)
World Development Movement (Lutte contre la pauvreté)

Un pas de plus vers l’interdiction de la spéculation sur la dette des Etats

Posté : 10 juillet, 2011 @ 12:13 dans Eco-social, Europe | Pas de commentaires »

Le Parlement a adopté aujourd’hui en plénière à Strasbourg, trois mois après le vote en commission économique,  le projet de loi européenne visant à interdire la spéculation sur les dettes des Etats européens. En tant que rapporteur du texte, autrement dit responsable de la négociation pour le Parlement, ce vote avait une importance toute particulière pour moi. Dans le contexte de crise de la zone euro, ce vote  constitue un pas de plus dans la lutte contre la spéculation qui accule des Etats à la faillite.
Le Parlement s’est en effet prononcé en faveur d’une version ambitieuse du texte qui propose notamment d’interdire l’utilisation des CDS (credit default swap) – les instruments financiers qui permettent de s’assurer contre la faillite d’un Etat – dans un but spéculatif. En effet, ces instruments ont été dévoyés. Alors qu’ils sont supposés permettre à un investisseur qui détient des obligations d’un pays de se couvrir contre le risque de ce pays, ils sont aujourd’hui majoritairement utilisés pour spéculer sur la faillite des Etats. Ainsi, des fonds spéculatifs n’ayant jamais investi un euro en Grèce ont utilisé les CDS pour parier sur la faillite de ce pays. Des « prophéties auto-réalisatrices », puisque la spéculation sur les CDS pousse à la hausse les taux d’intérêt et renchérit le cout de financement des Etats. Des paris sur le dos des contribuables européens qui sont appelés à renflouer les Etats acculés à la faillite. Une réalité à laquelle le Parlement entend mettre fin.
Outre le rôle d’amplificateur de crise des CDS, ces instruments compliquent également les scénarii de sortie de crise. La faillite de la Grèce,  ou même la simple restructuration de sa dette, entraînerait l’activation des CDS – les émetteurs de CDS devraient payer une prime d’assurance aux acheteurs de protection – dont personne aujourd’hui ne semble être en mesure d’estimer les conséquences. Dans tous les cas, cette prime aux spéculateurs en cas de restructuration serait particulièrement insupportable au moment où les Grecs doivent subir une austérité aux conséquences sociales désastreuses.
Aujourd’hui, le Parlement a très clairement exprimé son refus de voir plus longtemps les marchés jouer avec la dette des Etats européens. Seuls le groupe libéral et le groupe des conservateurs britanniques ont, pour des raisons idéologiques évidentes, rejeté ce texte. Les négociations avec les Etats vont reprendre dès la semaine prochaine, l’entrée en vigueur du texte supposant un accord sur un texte commun entre le Parlement et les Etats. J’espère que ce vote convaincra les Etats qu’il est plus que temps pour eux de reprendre le pouvoir sur les marchés.
http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2011/07/au-parlement-europeen-un-pas-de-plus-vers-linterdiction-la-speculation-sur-la-dette-des-etats.html#tp

Un article communiqué par l’eurodéputé Pascal Canfin

Amartya Sen L’euro fait tomber l’Europe

Posté : 3 juillet, 2011 @ 3:32 dans Europe | Pas de commentaires »

Une réflexion intéressante au moment où l’on s’active simplement au colmatage des brêches.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/02/l-euro-fait-tomber-l-europe_1543995_3232.html

Migrants tunisiens : vigoureuse intervention de D. Cohn-Bendit

Posté : 11 mai, 2011 @ 1:01 dans Europe | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/xin2c9_migrants-tunisiens-l-europe-doit-s-ouvrir-et-etre-solidaire-selon-daniel-cohn-bendit_news

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