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Quelques moments des journées d’été du rassemblement des écologistes

Créé par le 28 août 2010 | Dans : Europe Ecologie

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Revue de presse des Journées d’été

Créé par le 23 août 2010 | Dans : Europe Ecologie

23/08/2010 à 00h00

Europe Ecologie et Verts se rapprochent en se cognant (Libé) 

Cécile Duflot prendra la tête du futur mouvement unifié. Eva Joly se pose en candidate pour 2012.

Envoyé spécial à Nantes MATTHIEU ÉCOIFFIER

ANantes, les écologistes ont fait un bond en avant. Et se sont bien pris la tête. Samedi soir, Cécile Duflot, la patronne des Verts, et Eva Joly, la candidate présumée d’Europe Ecologie (EE) à la présidentielle de 2012, ont clôturé en duo trois journées d’été à remous. L’ex-juge de l’affaire Elf s’est fait ovationner par mille militants debout en fustigeant la politique sécuritaire «populiste» de Sarkozy.«Il y a les accents de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, des Roms, des Italiens… On a du mal à les entendre dans notre société. D’une certaine façon, je les représente aussi», a-t-elle lancé à la tribune, avec sa syntaxe aléatoire, ses histoires anticorruption qui tournent en rond et «sa voix faible». Qui porte pourtant déjà loin et fait consensus dans les rangs.

Mercredi, Verts et non-Verts s’étaient mis d’accord pour aboutir dès la mi-novembre à Lyon à un «mouvement unifié». Et Cécile Duflot avait lâché qu’elle «n’avait pas les épaules» pour la présidentielle, éteignant une autre source de conflit entre Verts et EE. Plus de 2 000 militants – deux fois plus qu’à Nîmes l’année dernière – ont planché sur leur projet, se demandant même à quoi ressemblerait un ministre de l’Intérieur vert. Il devrait aussi, estiment-ils, lutter contre les violences faites aux femmes et la délinquance financière.

Gardien. Pourtant, un sentiment de gueule de bois persistait hier, après de vives tensions sur l’organisation et le périmètre du futur rassemblement. Avec Daniel Cohn-Bendit en gardien de l’ouverture et de l’innovation politique : «Est-ce qu’on est réactionnaire si on est pour la retraite à 62 ans et révolutionnaire si on est pour la retraite à 60 ans ? C’est débile.» Le tout culminant par une franche engueulade entre Duflot et Cohn-Bendit, vendredi après midi.

Arrivé à Nantes après l’accord sur la force unique qu’il désirait, Cohn-Bendit, que les questions d’organisation ne «font pas bander», n’a pu s’empêcher de s’en mêler. Candidat écolo le mieux placé dans les sondages pour 2012, mais ayant renoncé, il s’est trouvé marginalisé. «Il reste l’âme du mouvement. Certains, notamment des cadres intermédiaires des Verts, en ont profité pour dire « Dany, c’est fini. C’est Cécile qui contrôle et Eva qui incarne »», explique un de ses proches.

Résultat, vendredi, Cohn-Bendit rongeait son frein. Et dézinguait Duflot, voyant dans la proposition d’un ticket Joly-Duflot avancée par l’entourage de
la Verte une façon «de marquer à la culotte» l’ex-juge. «Cécile se débine car elle sait qu’elle perdrait contre Eva», balançait-il. Avant de demander un «binôme Duflot-Jadot [eurodéputé EE]» à la tête de la future force. «J’en ai marre qu’on fasse un blocage sur Yannick Jadot. Il a fait ses preuves à Greenpeace. On me dit : il a les dents longues. Et Cécile, elle les a pas ?» «Cécile est la seule légitime pour diriger le futur parti, bétonnait Jean-Vincent Placé, le numéro 2 des Verts. Ne chargez pas trop la barque. Les Verts doivent encore valider à 67% le processus de fusion». «Nous, les non-Verts, on soigne les angoisses de dissolution des Verts», plaisantait un militant. «Ils veulent garder la maîtrise de l’appareil», taclait Marie Bové.

Stratège. En vingt-quatre heures, un compromis a été trouvé. La direction, collégiale, sera chapeautée par Duflot en secrétaire exécutive et l’eurodéputé Jean-Paul Besset, ancienne plume de Nicolas Hulot, en président stratège. Jadot sera un des deux porte-parole. «Cécile ne voulait pas d’une mise sous tutelle. Et à mon âge, je ne suis pas un rival», glisse Besset.

Reste à se mettre d’accord sur qui votera le texte sur le projet et celui sur l’organisation. Les 8 000 adhérents d’EE – dont moins de 3000 Verts – via Internet ? Ou seulement ceux qui se déplaceront lors d’AG ou aux assises de Lyon ? «Heureusement que Dany est au Brésil», soufflait un eurodéputé. Ce dernier, parti soutenir la candidate verte à la présidentielle, a reçu hier «un message super chouette» d’Eva Joly. Elle lui a dit qu’elle ne concevait pas sa campagne sans lui. «Il ne boude pas sur son Aventin. Et sera là pour Eva», précisait hier un proche. Mais avec «Cécile», ça va être plus difficile.

Les verts lancent Eva Joly dans la course à la présidentielle (Nouvelobs.com/AFP) 

Si la candidature de l’ancienne magistrate semble faire consensus, de nombreuses questions demeurent toutefois autour de la future structure. 

Les Verts et Europe Ecologie ont lancé samedi 21 août Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d’été à Nantes également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait sur les questions d’organisation du rassemblement des écologistes.

Samedi soir, Cecile Duflot et Eva Joly, longuement ovationnées, ont clos les Journées main dans la main, la numéro un des Verts et l’eurodéputée n’ayant cessé d’afficher leur bonne entente et leur complémentarité sur le campus nantais après que Cecile Duflot eut annoncé ne pas se sentir aujourd’hui « les épaules suffisantes » pour mener la campagne présidentielle.

Sur la scène de l’amphithéâtre archi-comble de la faculté de droit du campus nantais (1.000 militants), Eva Joly a plaidé pour la « transformation écologique et éthique de la société avec la justice sociale au centre ».

Fustigeant la politique sécuritaire « populiste » de Nicolas Sarkozy, l’ex-juge franco-norvégienne a tiré profit de son accent. « Il y a les accents de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, des Roms, des Italiens, on a du mal à les entendre dans notre société, d’une certaine façon je les représente aussi », a-t-elle lancé, très applaudie.

« Un pacte d’alternative démocratique »

Cécile Duflot, s’exprimant « peut-être pour la dernière fois comme secrétaire nationale des Verts », a affirmé la « nécessité de mettre en oeuvre un pacte d’alternative démocratique » pour une « République qui rassemble et libère ».

Se projetant en 2012, Eva Joly avait annoncé dans l’après-midi qu’elle souhaitait « s’immerger dans les problèmes concrets des Français » en allant « beaucoup » sur le terrain.

Avouant à demi-mots qu’elle ne maîtrisait pas tous les dossiers, l’ex-juge anti-corruption a dit son « désir » d’une campagne « extraordinairement collective » car « personne ne pense qu’un candidat a la science infuse ».

Souhaitant « associer la diversité des intelligences », elle compte se faire aider, entre autres, par Cécile Duflot, Jose Bove sur l’agriculture ou Yannick Jadot sur le nucléaire. Cohn-Bendit lui a « promis solennellement qu’il serait toujours à (ses) côtés ».

Un « mouvement unifié »

Si la candidature de « l’écoJoly » semble faire consensus même si rien n’est encore officiellement décidé (des primaires écologistes pourraient avoir lieu en 2011), d’autres questions restent en suspens sur l’avenir d’Europe Ecologie.

Le principe d’un « mouvement unifié », sorte de parti unique fusionnant Verts et EE, est acquis et verra le jour officiellement aux assises de l’écologie à Lyon (13-14 novembre). Mais sa direction reste à définir.

Daniel Cohn-Bendit, parti samedi matin de Nantes, a, lui, répété qu’il « démissionnait de son poste de Zorro » sur le sujet, tout en plaidant pour un binôme Cécile Duflot-Yannick Jadot.

Une des hypothèses qui semble désormais tenir la corde consisterait à confier la présidence du nouvel ensemble à l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et co-fondateur d’EE. Mme Duflot conserverait le « pilotage exécutif » et au moins deux porte-parole seraient nommés.

Il faudra aussi aux écologistes régler l’épineuse question de la validation des décisions à prendre lors des assises à Lyon : qui vote? et comment?

Ces Journées d’été auront en tout cas été très studieuses pour les 2.200 militants écolos inscrits qui ont travaillé sur les retraites, la santé, se sont demandé « ce que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur » ou si le PS avait « le monopole du care » cher à Martine Aubry. Car Europe Ecologie compte proposer un vrai projet de gouvernement. Cécile Duflot a ainsi rappelé qu’il n’y aurait « pas de projet commun » avec le PS mais « un contrat » de gouvernement « sur un certain nombre de réalisations ». (Nouvelobs.com avec AFP)

 
22/08/2010 à 10h20

A Nantes, Duflot et Joly main dans la main et ovationnées (Libé) 

Les Verts et Europe Ecologie ont lancé samedi Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d’été à Nantes également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait sur les questions d’organisation du rassemblement des écologistes.

Samedi soir, Cécile Duflot et Eva Joly, longuement ovationnées, ont clos les Journées main dans la main, la numéro un des Verts et l’eurodéputée n’ayant cessé d’afficher leur bonne entente et leur complémentarité sur le campus nantais après que Cécile Duflot eut annoncé ne pas se sentir aujourd’hui «les épaules suffisantes» pour mener la campagne présidentielle.

Sur la scène de l’amphithéâtre archi-comble de la faculté de droit du campus nantais (1.000 militants), Eva Joly a plaidé pour la «transformation écologique et éthique de la société avec la justice sociale au centre».

Désir de collectif

Fustigeant la politique sécuritaire «populiste» de Nicolas Sarkozy, l’ex-juge franco-norvégienne a tiré profit de son accent. «Il y a les accents de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, des Roms, des Italiens, on a du mal à les entendre dans notre société, d’une certaine façon je les représente aussi», a-t-elle lancé, très applaudie.

Cécile Duflot, s’exprimant «peut-être pour la dernière fois comme secrétaire nationale des Verts», a affirmé la «nécessité de mettre en oeuvre un pacte d’alternative démocratique» pour une «République qui rassemble et libère». Se projetant en 2012, Eva Joly avait annoncé dans l’après-midi qu’elle souhaitait «s’immerger dans les problèmes concrets des Français» en allant «beaucoup» sur le terrain.

Avouant à demi-mots qu’elle ne maîtrisait pas tous les dossiers, l’ex-juge anti-corruption a dit son «désir» d’une campagne «extraordinairement collective» car «personne ne pense qu’un candidat a la science infuse».

Souhaitant «associer la diversité des intelligences», elle compte se faire aider, entre autres, par Cécile Duflot, José Bové sur l’agriculture ou Yannick Jadot sur le nucléaire. Cohn-Bendit lui a «promis solennellement qu’il serait toujours à (ses) côtés».

Besset à la présidence?

Si la candidature de «l’écoJoly» semble faire consensus même si rien n’est encore officiellement décidé (des primaires écologistes pourraient avoir lieu en 2011), d’autres questions restent en suspens sur l’avenir d’EE.

Le principe d’un «mouvement unifié», sorte de parti unique fusionnant Verts et EE, est acquis et verra le jour officiellement aux assises de l’écologie à Lyon (13-14 novembre). Mais sa direction reste à définir. Daniel Cohn-Bendit, parti samedi matin de Nantes, a, lui, répété qu’il «démissionnait de son poste de Zorro» sur le sujet, tout en plaidant pour un binôme Cécile Duflot-Yannick Jadot.

Une des hypothèses qui semble désormais tenir la corde consisterait à confier la présidence du nouvel ensemble à l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et co-fondateur d’EE. Cécile Duflot conserverait le «pilotage exécutif» et au moins deux porte-parole seraient nommés.

Il faudra aussi aux écologistes régler l’épineuse question de la validation des décisions à prendre lors des assises à Lyon: qui vote? et comment? Ces Journées d’été auront en tout cas été très studieuses pour les 2.200 militants écolos inscrits qui ont travaillé sur les retraites, la santé, se sont demandé «ce que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur» ou si le PS avait «le monopole du « care »» cher à Martine Aubry.

Car Europe Ecologie compte proposer un vrai projet de gouvernement. Cécile Duflot a ainsi rappelé qu’il n’y aurait «pas de projet commun» avec le PS mais «un contrat» de gouvernement «sur un certain nombre de réalisations».

(Source AFP)

 

22 août 2010 08h13 | Par Jean-Denis renard  

Les Verts et Europe Écologie séduits par Éva Joly (Sud Ouest) 

Les Journées d’été des Verts et d’Europe Écologie se sont conclues sur une standing ovation pour Éva Joly et Cécile Duflot. Le chemin vers les échéances de 2012 se dessine avec plus de précision. 

Le trait se fait plus appuyé sous le crayonné un peu flou de l’écologie politique, l’impressionnisme s’estompe. Au sortir de ces trois Journées d’été sur le site de l’université de Nantes, les Verts et Europe Écologie savent mieux ce qu’ils comptent faire d’eux-mêmes et de la société française. Pour les quelque 2 000 participants – record historique -, c’est déjà beaucoup. La voie du succès n’était pas royale, avant ce rendez-vous préparé dans la douleur. Entre les querelles d’appareil, les inimitiés tenaces et la transformation des écuries des présidentiables en machines de guerre, les écologistes s’acheminaient peut-être vers leur congrès de Rennes.

Coulée dans le rôle

Nantes est plus au sud, le climat y est moins rude. Le sauvetage du soldat écologie a été entériné dès le premier jour, avec l’annonce d’un accord sur une fusion des Verts et d’Europe Écologie lors d’assises constituantes, à la mi-novembre à Lyon. Éva Joly, candidate probable à l’élection présidentielle de 2012, a été adoubée par les militants. Elle s’est déjà coulée dans le rôle. « Je vais mettre fin à mes engagements à l’étranger », indique-t-elle lors d’une conférence de presse en esquissant l’éventualité d’un tour de France en immersion dans les problèmes des Français. À se demander s’il faudra vraiment des primaires écologistes pour la désigner formellement…

Hier en fin de journée, elle a pleinement goûté cet élan amoureux à la tribune de l’assemblée plénière de clôture du mouvement. Vacillant presque sous la standing ovation qu’elle partageait avec Cécile Duflot, elle a tenu à balayer les soupçons sur la qualité de ses relations avec la secrétaire nationale des Verts. « Entre nous règne une entente telle que ça ne pouvait que marcher. » La suite ? Du velours. Les salles de shoot, les 700 000 gardes à vue par an, la répartition des richesses : Éva Joly a dessiné un camaïeu sur la « transformation écologique et sociale de la société » dans une forme de déclaration de politique générale. Elle a carrément chaviré l’assistance par un grand numéro de séduction sur ses handicaps supposés. « Je voudrais vous parler de mon accent », lâche-t-elle ingénument pour en référer à tous ces idiomes bizarres que l’on capte dans les rues de
la République : le marseillais, le chti, le strasbourgeois, le rom, l’italien… Idiomes qu’elle s’enorgueillit de représenter.

Cohn-Bendit est reparti

Daniel Cohn-Bendit pouvait continuer à fracasser Jean-Vincent Placé (le numéro deux des Verts) chaque fois qu’un micro passait à portée de voix, rien ne pouvait plus faire dérailler cet attelage Joly-Duflot que les deux femmes illustrent à l’envi devant les photographes. Cohn-Bendit, agacé et boudeur depuis jeudi, avait d’ailleurs quitté Nantes hier matin. Hier encore, les rumeurs ont pourtant fleuri sur les pénibles tractations en cours pour la gouvernance du futur mouvement. À Cécile Duflot (Verts) le secrétariat national, à Jean-Paul Besset (Europe Écologie) la présidence d’honneur ? « Ce sont des bruits véhiculés par des coquins. Méfiez-vous des coquins, rien n’est décidé ! » lance José Bové. « Il y aura une forme de binôme. Mais ni les noms ni les contours exacts des fonctions ne sont encore définis. Un seul nom est certain dans la direction, c’est celui de Cécile Duflot », renchérit Yannick Jadot, son voisin au Parlement européen.

« Big-bang territorial »

Tandis que le bureau exécutif suait sur la tambouille interne, les militants bossaient sur le contenu du projet politique. Ce jus de méninges a fourni la matière des premières « notes de cadrage », dévoilées hier après-midi. Un « big-bang territorial » qui passerait par la suppression des départements et le suffrage universel dans les intercommunalités, le développement de nouvelles filières dans le bâtiment et l’agriculture, la remise à plat du partage du travail, l’emploi, l’emploi et encore l’emploi.

« On construit l’autonomie de l’écologie politique. Avec quels acteurs ? Combien ça coûte ? Qu’est-ce que cela signifie en matière d’aménagement du territoire ? Nous voulons un projet de gouvernement qui réponde à l’ensemble des questions de société », insiste Yannick Jadot, chargé de la coordination du bébé. Il reste des caps à franchir d’ici à 2012.

 

22 Août 2010

Face au ticket Joly-Duflot, Dany fait de la résistance  (Journal du dimanche) 

Les Journées d’été des Verts et d’Europe Ecologie ont mis Eva Joly sur orbite pour 2012. 

Des militants debout, Eva Joly et Cécile Duflot côte à côte, les larmes aux yeux. Les Journées d’été des Verts et d’Europe Ecologie se sont terminées, samedi, à Nantes, dans une atmosphère de douce euphorie. Comme le début d’une aventure jusqu’en 2012. Pressentie pour être la candidate écologiste à la prochaine présidentielle, Eva Joly a prononcé un vibrant discours, annonçant qu’elle allait « s’immerger dans les problèmes très concrets des Français« , abandonner pour cela ses « engagements à l’étranger pour dégager plus de temps à la politique en France« .

« Démissionner de son poste de Zorro«  

Jouer collectif signifie travailler et se montrer avec Daniel Cohn- Bendit, Cécile Duflot, José Bové, l’ancien de Greenpeace Yannick Jadot, ou le proche de Nicolas Hulot, Jean-Paul Besset. Celui-ci pourrait prendre, après les assises de l’écologie des 13 et 14 novembre, la présidence de la nouvelle organisation commune Verts- Europe Ecologie dont la direction serait assurée par Cécile Duflot. Les relations sont au beau fixe. Avec tous, sauf Daniel Cohn-Bendit qui, avant de sécher la dernière de ces Journées d’été, a laissé percer ses états d’âme et ses divergences. Certes, il accepte volontiers de « démissionner de [son] poste de Zorro« , selon ses propres mots ironiques, mais Cohn-Bendit conteste la répartition implicite « Joly pour l’élection, Duflot pour le parti« .

Il pousse à un binôme Duflot-Jadot et conteste une orientation trop à gauche, trop « anticapitaliste », plaisante le n°2 des Verts, Jean-Vincent Placé. Dany voudrait faire de la place pour les centristes dont Corinne Lepage qui a quitté le Modem et s’est invitée ce week-end. Une divergence ancienne entre Cohn-Bendit et le noyau dur des Verts qui conditionne les futures alliances avec le PS pour 2012. Les écolos veulent proposer un véritable projet de gouvernement qui prenne position sur tous les sujets, pas seulement environnementaux. La personnalité même d’Eva Joly, ancienne juge d’instruction très impliquée dans la lutte contre la corruption, élargira, sans aucune doute, le champ habituel des Verts.

 

Joly: « Je sens beaucoup d’envie« (JDD) 

Des larmes qui coulent et qu’elle essuie d’un revers de la main. Samedi, en voyant les militants se lever pour l’applaudir après son discours de clôture, en entendant des « Eva présidente« , l’ancienne magistrate a pleuré. 

Tous les écologistes vous soutiennent. Ça vous fait plaisir?
Je suis très contente. Tout se passe dans un élan extraordinaire. Ça ne me surprend pas vraiment, j’ai fait confiance à Cécile [Duflot] pour amener les Verts à cet état d’esprit. Je sens beaucoup d’envie chez les militants, ils veulent que l’écologie politique devienne une force politique avec des ambitions de pouvoir. Et puis nous avançons. La fusion d’Europe Ecologie et des Verts est acquise, c’est une victoire. Je ne me mêle pas des négociations, mais on aura une nouvelle direction aux assises de novembre, à Lyon. Cécile conservera la direction du parti, elle est totalement légitime. Et nous créerons une instance comme il en existe dans les associations américaines ou les entreprises, une sorte de conseil de surveillance. Il sera présidé par une personnalité d’Europe Ecologie.

Cécile Duflot a dit, dans Le Nouvel Observateur, qu’elle avait peur de la présidentielle. Vous la comprenez?
En Norvège, nous avons eu un Premier ministre qui a craqué, qui s’est arrêté pendant un mois, qui a pris des médicaments. L’honnêteté et la sincérité sont des valeurs perdues, les hommes et les femmes politiques sont des hommes et des femmes comme les autres. Cécile a pris cette décision en fonction d’un moment de sa vie, elle est une jeune maman de quatre enfants dont la plus petite a 2 ans.

« Dany est pour moi un soutien, un éclaireur, un stratège«  

Et vous, ça ne vous fait pas peur?
J’ai le double de l ’âge de Cécile, j’ai roulé ma bosse. Mon expérience cumulée de jeune fille au pair, de serveuse, de conseillère juridique, de magistrate, de diplomate itinérante m’a fait voir le monde. Ça a exacerbé ma sensibilité, mon attention aux autres. Ce sera utile pour la campagne et, surtout, je n’oublie pas d’où je viens. C’est un moment de ma vie et ce sera une aventure collective. Si je suis entourée par Dany, Cécile, José [Bové], Yannick [Jadot], Noël [Mamère], si je peux être la figure de proue d’une écologie politique moderne, si je suis portée par les militants, ce sera presque facile. Il s’agit de s’engager pleinement, corps et âme.

Daniel Cohn-Bendit a beaucoup critiqué ces journées d’été. Que veut-il?
Dany avait une vision très forte de l’élargissement qu’il souhaitait, il a aidé à le pousser au maximum. Il sera quelqu’un de très important dans la campagne présidentielle. Il symbolise Europe Ecologie, il l’a voulu, il l’a fait. Je ne serais pas là sans lui. Nos relations sont excellentes. Dany est pour moi un soutien, un éclaireur, un stratège.

Et Cécile Duflot?
Depuis notre rencontre, j’ai de très bonnes relations avec elle. J’ai de l’estime, de l’amitié pour elle. Tout s’est noué, il y a un an, à Aix-en-Provence, où nous étions venues soutenir des candidats lors d’une élection municipale partielle. On a nagé ensemble, à 3 heures du matin, sous la lune, c’était magnifique. Il y avait aussi Michèle Rivasi. Il y a une solidarité féminine. Les femmes sont plus focalisées sur les objectifs à atteindre que sur elles-mêmes. On a senti toutes les trois qu’on pouvait faire des choses exceptionnelles, c’était comme un pacte. Même quand il y avait des tensions, je savais que cela ne partirait pas en quenouille.

Jean-Vincent Placé, le numéro deux des Verts, avait critiqué votre âge. Vous l’avez vu vendredi, la querelle est finie?
Je ne me suis jamais vraiment formalisée. Mon âge est une donnée objective, je l’assume. Jean-Vincent est un homme qui compte chez les Verts. J’ai appris du judo qu’il faut s’appuyer sur la force des autres. Et puis, je suis très tolérante. On peut avoir un mot malheureux, ça arrive. Et c’est une tradition française: ici, certains se tueraient pour un bon mot.

« Narcissique oui. Jaloux, non! » (JDD) 

Daniel Cohn-Bendit joue les « Schtroumpf grognon« , selon Cécile Duflot. Il boude l’alliance qu’il avait pourtant appelée de ses vœux.

Il est en train de soutenir une candidate Verte à la présidentielle… Elle s’appelle Marina Silva, elle est brésilienne. Samedi matin, Dany Cohn- Bendit a pris l’avion pour aller la soutenir. Il a laissé les écologistes français sur leur faim, se demandant à quel jeu jouait leur héros. Même ses amis n’ont pas vraiment compris pourquoi le fondateur d’Europe Ecologie boudait son plaisir, lançait des piques contre Cécile Duflot, menaçait de démissionner et critiquait sa protégée Eva Joly, parce qu’elle défendait la retraite à 60 ans. La patronne des Verts l’a comparé au « Schtroumpf Grognon« . Il s’en fiche, il assume. « Je ne suis jamais content? C’est possible, confie-t-il au JDD. Je suis un égoïste de ma vie. »

Un égoïste qui aime s’amuser en politique et qui, là, ne prend plus de plaisir. Une affaire, « complètement inintéressante« , dit-il, a fait déborder le vase: il voulait inviter Rama Yade pour parler de foot à ces Journées d’été et les écolos ne l’ont pas laissé faire. « Montrer patte blanche, ce n’est pas mon truc, j’étais en vacances chez moi à Lauret, je m’énervais, mes copains me disaient: ‘Tu es dingue, c’est inintéressant, reste faire du vélo avec nous.’ » Finalement, il est venu aux Journées d’été, mais en colère. Las. « Quand j’ai proposé Eva Joly, ils m’ont dit: ‘C’est n’importe quoi’ et, aujourd’hui, ils disent ‘c’est super ». Eh bien, c’est lassant. » Du coup, il veut prendre du recul. « Je ne dis pas que je vais tout quitter. Je viendrai peut-être moins souvent, c’est tout. Je veux reprendre mon autonomie dans Europe Ecologie. »

A chacun son explication 

Cécile Duflot ne comprend toujours pas le jeu de Dany Cohn-Bendit à Nantes: « Je ne sais pas si les déclarations de Dany sont de nature humaine ou politique. Politiquement, c’est incompréhensible. On réussit ce qu’il voulait, tout vient de lui, il pourrait être celui qui nous fait franchir un nouveau cap, tout le monde le veut. Et il a l’air sincèrement grognon, c’est un mystère. » D’autres cherchent des explications plus psychologiques. Avec plus ou moins d’indulgence. « C’est passager, c’est comme le baby blues, essaie Noël Mamère. Dany a le sentiment que ça lui échappe, mais en même temps il n’aime pas l’organisation. C’est un garçon qui n’aime pas le confort en politique. »

Le fondateur d’Europe Ecologie, Pascal Durand, partage la métaphore de la déprime post-partum: « Dany, c’est son bébé qui sort maintenant et, comme souvent, au moment où le bébé arrive, les géniteurs ne le trouvent pas aussi beau qu’ils l’imaginaient, Dany a un côté idéaliste. » François de Rugy, le député Vert de Loire-Atlantique, voit des raisons plus politiques aux critiques de l’ancien leader de Mai-68: « Dany a eu du mal à trouver sa place, il a plutôt la culture de la coalition à l’allemande. Pour lui, le plus important, ce sont les législatives. La présidentielle le perturbe, il ne veut pas y aller, mais que cette élection devienne si importante, ça l’énerve. Il se demande quelle place est la sienne. »

La querelle est pourtant réelle. Comme le reconnaît le député européen Jean-Paul Besset: « Dany a eu un moment de flottement, il a cherché le piège. » Là est le noeud de la colère de Cohn-Bendit. Elle a explosé à Nantes, mais elle couve depuis des mois. Elle s’était jusqu’ici cristallisée sur le n° 2 des Verts, Jean-Vincent Placé. Un personnage quasi inconnu dont Cohn-Bendit a fait une star, en le ciblant. « Placé, ce n’est pas un zéro, dit-il, c’est lui qui, pendant deux ans, a empêché Europe Ecologie de s’épanouir. Je parlais de lui, parce que j’essayais de mobiliser l’extérieur pour lever un verrou. » Dany s’emporte, puis se pose et fait une autocritique: « Mon comportement face à Jean-Vincent était inutile, oui, je ne suis pas un mec d’organisation, c’est vrai. Je veux qu’Europe Ecologie réussisse mais que cela ne dépende plus de moi. Ça m’est déjà arrivé en Allemagne. Je n’arrive pas à trouver le consensus, je ne veux pas être un obstacle. »

« Dany pratique le jeu d’acteur » 

Cohn-Bendit a eu une explication très dure avec Cécile Duflot, vendredi après-midi. Les malentendus ne sont pas levés. Cohn-Bendit assume les tensions: « J’ai conscience que je blesse Cécile, mais on est dans un rapport de force politique. Il y a eu des moments où je me suis bien entendu avec elle, mais on s’est déjà engueulés bien plus fort. Je me souviens d’une fois, pendant les européennes, à Talence, Eva Joly était terrifiée. On s’engueulait déjà sur l’avenir d’Europe Ecologie. Du coup, je suis méfiant. J’aime bien Cécile, mais dans son comportement politique, elle m’oppose tout le temps des arguments de ‘sécurisation des Verts’. » Cécile Duflot ne comprend pas la raideur de Cohn-Bendit. « J’ai de l’affection pour Dany, il est resté humain, mais il peut faire preuve de dureté. Mais, ça ne peut pas tout gâcher, le reste est exaltant, je suis ravie et presque fière, avant on était dans la loose. »

Certains croient avoir trouvé l’explication: Cohn-Bendit serait jaloux, ne supportant pas qu’Eva Joly et Cécile Duflot lui volent la vedette: « Dany pratique le jeu d’acteur. Ça l’irrite qu’Eva et Cécile s’entendent bien, croit savoir Yves Cochet. Mais je ne lui en veux pas. Nous serions ingrats de le critiquer au regard de tout ce qu’il a accompli. » Dany, c’est vrai, aime beaucoup qu’on parle de lui, il le revendique même: « Que je sois narcissique, ce n’est pas un scoop« , s’amuse-t-il. Mais jaloux, sûrement pas. « Quand on s’est vus, Cécile m’a dit: ‘Comme tu ne veux pas être candidat à la présidentielle, ça ne peut être personne.’ Mais je ne suis pas candidat à la présidentielle, parce que je n’en ai pas envie, c’est tout. Sarko m’aurait donné la nationalité française en une semaine si j’avais voulu me présenter. Je critique l’idée d’un ticket Eva-Cécile, parce que ça ne veut rien dire, c’est tout ; le reste, ce sont des projections. » Puis, il lâche: « En politique, je suis irrationnel, oui. » Les écologistes vont devoir s’y faire.

« Je doute que ça tienne jusqu’en 2012 » (JDD) 

L’analyse de Frédéric DabiI, directeur du département opinion publique de l’Ifop, sur le potentiel électoral du ticket Joly- Duflot. 

« La galaxie Verts-Europe Ecologie dispose aujourd’hui d’une vraie dynamique électorale. Avec elle, une cinquième force a émergé à gauche, une force ‘antisystème et écologiste’, comme le décrit dans son essai (*) le président de l’institut Viavoice, François Miquet-Marty. Cette force incarne aujourd’hui le deuxième parti de la gauche, devant le Front de gauche, qui sert désormais de parti d’appoint. Mais elle souffre d’un déficit d’incarnation en interne. Aucune figure emblématique de l’écologie ne se dégage, comme ce fut longtemps le cas avec le commandant Cousteau, hors des partis politiques.

Les enquêtes de popularité mettent en avant Nicolas Hulot, Corinne Lepage, José Bové ou Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier a un vrai capital de sympathie atypique, à gauche comme à droite, dans toutes les catégories sociales. Il n’a pas de points faibles. Il appartient à la mémoire collective du pays. C’est un vrai atout pour la structure Verts- Europe Ecologie, où il joue le rôle de la statue du commandeur. Cécile Duflot et Eva Joly souffrent, elles, d’un important déficit de notoriété, car elles n’occupent pas le champ politique depuis longtemps. Celle d’Eva Joly est indexée au niveau du diplôme: elle est plus connue chez les professions libérales, les cadres supérieurs, etc. Or, pour ces partis qui ne sont pas de gouvernement, la notoriété est indispensable pour percer…

Eviter une guerre des chefs 

Aucune des deux ne peut aspirer aujourd’hui à des scores importants à la présidentielle. L’option du ticket ne semble pas non plus une bonne idée. Il existe un cas historique qui n’a pas fonctionné: en 1969, lorsque le candidat Gaston Defferre a annoncé Pierre Mendès France comme Premier ministre, et a obtenu tout juste 5 % des voix… Cela va à l’encontre du sens même de cette élection, avec un candidat, un dialogue et le peuple. Je ne vois pas le ticket Joly-Duflot durer jusqu’en 2012. Le but de cette annonce, c’est d’apaiser les tensions, pour peser à gauche et tenter d’obtenir 50 circonscriptions en 2012.

Car le vrai défi de la galaxie écolo reste de clarifier sa position autour de la structure et du projet: Daniel Cohn-Bendit veut ouvrir la maison Europe Ecologie, alors que les Verts sont clairement positionnés à gauche, sans doute plus que leur base électorale. Lors des élections régionales, nous avons ainsi constaté une homologie entre le segment des votants pour les Verts… et celui de François Bayrou. Leur objectif sera aussi d’éviter une guerre des chefs mortifère, comme ce fut le cas au PS. C’est l’archétype de ce que les Français ne veulent pas. »

(*)
La Guerre des gauches n’aura pas lieu, Fondation Jean-Jaurès, juin 2010.

 

Et Hulot dans tout ça? (JDD) 

Pendant que l’écologie politique poursuit sa mue, Nicolas Hulot reste muet… 

Ils ont longtemps été ses proches, ils continuent à le voir, mais aujourd’hui Jean-Paul Besset et Pascal Durand font de la politique sans Nicolas Hulot. Besset a été son porte-parole, le rédacteur du pacte écologique de 2007. Aujourd’hui, il est député européen et deviendra probablement en novembre le président du nouveau mouvement écolo, issu de la fusion des Verts et d’Europe Ecologie. Jean-Paul Besset ne veut fermer aucune porte: « Nicolas est un compagnon de route d’Europe Ecologie, c’est à lui de choisir s’il veut aller plus loin ou non. Je n’ai pas de réponse. Mais il voit se développer un mouvement qui met sur la scène politique des idées qu’il développe dans la société depuis des années. Europe Ecologie est le bébé de Nicolas Hulot, même s’il n’y a jamais participé. »

C’est « un élément incontournable«  

Pascal Durand est aussi un proche de Nicolas Hulot, il est aujourd’hui délégué national d’Europe Ecologie: « Nicolas a dit qu’il ne s’exprimerait pas avant la fin de l’année. Mais si demain il y a des primaires de l’écologie politique, si Corinne Lepage, Nicolas Hulot et Eva Joly veulent confronter leurs idées, à titre personnel, je m’en réjouirai. Nicolas Hulot est un élément incontournable. Il y a eu des convergences entre Dany et Nicolas au moment de la gestation d’Europe Ecologie. Ils se sont parlé souvent. Et si Nicolas veut se réinvestir dans le débat politique, on préférerait qu’il le fasse avec nous. » Besset et Durand sont ravis de la candidature d’Eva Joly, mais ils ne veulent pas froisser leur copain. On ne sait jamais.

 
21/08/2010 à 21h02

Europe Ecologie lance Eva Joly dans la course à la présidentielle (Libé-AFP) 

Les Verts et Europe Ecologie ont lancé samedi Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d’été à Nantes également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait sur les questions d’organisation du rassemblement des écologistes. (© AFP Bernard Loubinoux)

NANTES (AFP) – Les Verts et Europe Ecologie ont lancé samedi Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d’été à Nantes également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait sur les questions d’organisation du rassemblement des écologistes.

Samedi soir, Cécile Duflot et Eva Joly, longuement ovationnées, ont clos les Journées main dans la main, la numéro un des Verts et l’eurodéputée n’ayant cessé d’afficher leur bonne entente et leur complémentarité sur le campus nantais après que Mme Duflot eut annoncé ne pas se sentir aujourd’hui « les épaules suffisantes » pour mener la campagne présidentielle.

Sur la scène de l’amphithéâtre archi-comble de la faculté de droit du campus nantais (1.000 militants), Mme Joly a plaidé pour la « transformation écologique et éthique de la société avec la justice sociale au centre ».

Fustigeant la politique sécuritaire « populiste » de Nicolas Sarkozy, l’ex-juge franco-norvégienne a tiré profit de son accent. « Il y a les accents de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, des Roms, des Italiens, on a du mal à les entendre dans notre société, d’une certaine façon je les représente aussi », a-t-elle lancé, très applaudie.

Mme Duflot, s’exprimant « peut-être pour la dernière fois comme secrétaire nationale des Verts », a affirmé la « nécessité de mettre en oeuvre un pacte d’alternative démocratique » pour une « République qui rassemble et libère ».

Se projetant en 2012, Eva Joly avait annoncé dans l’après-midi qu’elle souhaitait « s’immerger dans les problèmes concrets des Français » en allant « beaucoup » sur le terrain.

Avouant à demi-mots qu’elle ne maîtrisait pas tous les dossiers, l’ex-juge anti-corruption a dit son « désir » d’une campagne « extraordinairement collective » car « personne ne pense qu’un candidat a la science infuse ».

Souhaitant « associer la diversité des intelligences », elle compte se faire aider, entre autres, par Cécile Duflot, José Bové sur l’agriculture ou Yannick Jadot sur le nucléaire. Cohn-Bendit lui a « promis solennellement qu’il serait toujours à (ses) côtés ».

Si la candidature de « l’écoJoly » semble faire consensus même si rien n’est encore officiellement décidé (des primaires écologistes pourraient avoir lieu en 2011), d’autres questions restent en suspens sur l’avenir d’EE.

Le principe d’un « mouvement unifié », sorte de parti unique fusionnant Verts et EE, est acquis et verra le jour officiellement aux assises de l’écologie à Lyon (13-14 novembre). Mais sa direction reste à définir.

Daniel Cohn-Bendit, parti samedi matin de Nantes, a, lui, répété qu’il « démissionnait de son poste de Zorro » sur le sujet, tout en plaidant pour un binôme Cécile Duflot-Yannick Jadot.

Une des hypothèses qui semble désormais tenir la corde consisterait à confier la présidence du nouvel ensemble à l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et co-fondateur d’EE. Mme Duflot conserverait le « pilotage exécutif » et au moins deux porte-parole seraient nommés.

Il faudra aussi aux écologistes régler l’épineuse question de la validation des décisions à prendre lors des assises à Lyon : qui vote? et comment?

Ces Journées d’été auront en tout cas été très studieuses pour les 2.200 militants écolos inscrits qui ont travaillé sur les retraites, la santé, se sont demandé « ce que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur » ou si le PS avait « le monopole du +care+ » cher à Martine Aubry.

Car Europe Ecologie compte proposer un vrai projet de gouvernement. Cécile Duflot a ainsi rappelé qu’il n’y aurait « pas de projet commun » avec le PS mais « un contrat » de gouvernement « sur un certain nombre de réalisations ».© 2010 AFP

 

Le débat sur l’avenir des écolos n’est pas terminé 

Samedi 21 août, 18h46  Alexandre Piquard

La structure hybride Europe Ecologie/Les Verts n’est pas encore construite mais les contours commencent à se dessiner. Samedi 21 août au matin, le bureau exécutif s’est réuni à Nantes, lors des Journées d’été du mouvement : l’occasion de reparler des modalités de la fusion entre les Verts et le mouvement Europe Ecologie.

Le débat sur l’avenir des écolos n’est pas terminé 

Depuis deux jours, un des points qui animent les deux camps est la forme de la direction du futur parti unifié. Daniel Cohn-Bendit et ses partisans ont plaidé, dans les médias, pour une direction à deux têtes, qui symboliserait la ‘mue’ harmonieuse. Et regretté que les Verts refusent de lâcher, préférant un secrétaire national unique, a priori Cécile Duflot. Pour certains Verts, cela pourrait être une forme de compensation pour d’autres concessions, notamment l’acceptation de la candidature à la présidentielle d’Eva Joly, venue de l’extérieur du parti.

Officiellement, rien n’est tranché – la décision revient in fine aux militants – mais un schéma est évoqué. Il comprend un secrétaire national (a priori Cécile Duflot) et un président, qui chapeauterait un conseil politique collégial, plus des porte-parole.

BILAN POSITIF

Le nom de l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, circule comme candidat potentiel pour cette présidence. Yannick Jadot, eurodéputé proche de Daniel Cohn-Bendit, a une version légèrement différente :  pour lui, il s’agit d’une direction constituée de deux postes différents dans la fonction (‘l’un exécutif, l’autre politique, par exemple’), pas d’un secrétaire national unique, flanqué d’un ‘président d’honneur’. Daniel Cohn-Bendit a proposé son nom pour diriger le parti avec Cécile Duflot. Mais il n’a pas encore avancé ses pions. ‘Ces discussions-là n’intéressent pas beaucoup les militants’, relativisent certains cadres. Surtout, contrairement aux débats enflammés chez les écologistes, elles n’empoisonnent pas l’atmosphère de Journées d’été, qui se terminent sur un bilan plutôt positif. Plus nombreux que jamais, les écologistes ont connu à Nantes un rassemblement au contenu assez riche, ‘bien plus large et profond qu’à Nimes l’année dernière’, estime Sophie Camard, conseillère régionale PACA

Ecologistes : Joly et Duflot affichent leur unité (Le Monde) 

21.08.10 | 17h44  •  Mis à jour le 21.08.10 | 19h53 

Le pacte entre les dirigeants écologistes n’est pas totalement écrit, mais les contours se dessinent. Lors de la plénière finale des Journées d’été écologistes, Eva Joly et Cécile Duflot se sont affichées ensemble devant les objectifs des photographes, avant de monter à la tribune pour clore les journées d’été. Longuement applaudies par les militants, elles affichent ainsi leur unité. 

L’ancienne magistrate a donné des gages en faisant discours axé sur le social et les thématiques chères à la ligne des militants Verts. Elle a plaidé pour « une meilleure répartition des richesses » « sans attendre le retour de la croissance ».  

Mais elle s’est également faite ovationner en se plaçant sur un terrain personnel : « Vous vous demandez peut-être comment une femme avec une voix faible et un accent étranger peut porter le projet écologiste ? Des accents, nous sommes nombreux à en porter, il y a celui de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, celui des Roms. Et je les représente tous un peu.. ». 

A son tour, Cécile Duflot égrène les rendez-vous sociaux de la rentrée. Et les succès à venir pour les écologistes. En évoquant Eva Joly, elle fait référence aux périodes de disette électorale qu’ont connu les militants Verts. Et précise : « Je m’exprime probablement pour la dernière fois comme la secrétaire nationale des Verts ». « Certains ont aidé à mettre le bateau à la mer, il faut maintenant traverser vers l’autre rive », dit-elle également, dans une allusion transparente à Daniel Cohn-Bendit. 

Cette prestation des deux femmes est aussi une manière de s’affirmer dans le débat qui a occupé les cadres écologistes lors de ces Journées de Nantes. Et de mettre en avant un duo entre un future candidate en 2012 et une future secrétaire nationale du parti écologiste ? 

Depuis deux jours, un des points qui animent les discussions entre Verts et membres d’Europe Ecologie est la structure de la direction du futur parti. Daniel Cohn-Bendit et ses partisans ont plaidé, dans les médias, pour une direction à deux têtes, qui symboliserait la « mue » harmonieuse. Et regretté que les Verts refusent de lâcher, préférant un secrétaire national unique, a priori Cécile Duflot. Pour certains Verts, cela pourrait être une forme de compensation pour d’autres concessions, notamment l’acceptation de la candidature à la présidentielle d’Eva Joly, venue de l’extérieur du parti. 

DIRECTION BICÉPHALE 

Officiellement, rien n’est tranché – la décision revient in fine aux militants – mais un schéma est évoqué. Il comprend un secrétaire national (a priori Cécile Duflot) et un président, qui chapeauterait un conseil politique collégial, plus des porte-parole. Le nom de l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, circule comme candidat potentiel pour cette présidence. 

Yannick Jadot, eurodéputé proche de Daniel Cohn-Bendit, évoque un schéma légèrement différent. Pour lui, il s’agit d’une direction constituée de deux postes différents dans la fonction (« l’un exécutif, l’autre politique, par exemple »), pas d’un secrétaire national unique, flanqué d’un « président d’honneur ». La nuance tient peut-être au fait que le nom de M. Jadot a été évoqué par Daniel Cohn-Bendit pour diriger le parti avec Cécile Duflot. 

« Ces discussions-là n’intéressent pas beaucoup les militants », relativisent certains. Surtout, contrairement aux débats enflammés chez les écologistes, elles n’empoisonnent pas l’atmosphère de Journées d’été, qui se terminent sur un bilan plutôt positif. Plus nombreux que jamais, les écologistes ont connu à Nantes un rassemblement au contenu assez riche, « bien plus large et profond qu’à Nimes l’année dernière », estime Sophie Camard, conseillère régionale PACA. 

L’affluence record renforce le moral des militants. Et les dirigeants ont choisi de construire un « parti unifié », sans le bras de fer que beaucoup redoutaient. Malgré les tensions au sommet, la greffe semble tout de même prendre, entre Verts et « divers ». La prochaine grande échéance est en novembre, lors des Assises à Lyon. « Tout n’est pas rose, mais on a connu tellement, tellement pire… », sourit une militante. 

 

Les écologistes veulent briser le tabou de la sécurité 

Samedi 21 août, 19h31

Alors que la politique sécuritaire du gouvernement continue de susciter la polémique, les écologistes veulent à présent occuper ce terrain longtemps réservé à la droite, sur lequel ils sont jugés « peu crédibles » par l’opinion publique.

Un atelier sur la réforme de la police, intitulé « Que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur ? », a ainsi rempli samedi l’un des amphithéâtres du campus universitaire de Nantes (Loire-Atlantique) lors des Journées d’été du rassemblement d’Europe Ecologie et des Verts.

Adjointe (Verts) au maire d’Amiens (Somme) chargée de la sécurité, Emilie Thérouin a ainsi réclamé l’élaboration d’une « doctrine écolo de la sécurité » à ses instances nationales, alors que le sujet est encore tabou pour nombre d’écologistes.

« Quand j’ai demandé en 2008 au maire d’Amiens la délégation à la sécurité, j’en ai pris plein la figure. Certains militants m’ont dit que j’étais folle », a-t-elle raconté.

Emilie Thérouin veut par exemple ressusciter la « police de proximité » du gouvernement Jospin (1997-2002), que Nicolas Sarkozy avait remplacé par les Uteq (Unités territoriales de quartier).

Celles-ci ont été rebaptisées jeudi « Brigades spécialisées de terrain » (BST) par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, pour qui « ces policiers ne sont pas des agents d’ambiance ou des éducateurs sociaux », un reproche souvent fait à la « police de proximité ».

Emilie Thérouin réclame aussi un renforcement des relations entre les élus et la police nationale. « Il y a 450 voitures qui brûlent par an à Amiens, ce n’est pas avec la « pol’prox’ » qu’on va résoudre tout ça, on n’est pas chez Candy », a-t-elle dit.

Lors des Journées d’été, le député européen Daniel Cohn-Bendit a critiqué le silence de la gauche sur la politique sécuritaire du gouvernement, estimant que cette dernière préfère parler de « l’insécurité sociale » ou « l’insécurité écologique » pour éviter ce terrain politiquement miné.

« On se fout de la gueule des gens », avait-il déclaré jeudi soir après la présentation d’un sondage interne selon lequel un tiers des électeurs d’Europe Ecologie ne se considèrent pas comme « de gauche ».

« Il y a certes une insécurité sociale ou écologique, mais il y a aussi une insécurité tout court ! Si on n’a pas peur d’innover, de dire des choses qui ont toujours été incorrectes dans nos têtes, alors on pourra conquérir un électorat qui se dit ni de droite, ni de gauche », avait plaidé Daniel Cohn-Bendit.

Guillaume Frouin, édité par Gérard Bon

 

[INTERVIEW] Noël Mamère : Eva Joly « fera le double de mon score » (Nouvelobs.com/AFP) 

« Si les Français veulent une politique irréprochable », l’ex-magistrate « en est le symbole », estime le député Verts. 

Lors de ces Journées d’été des Verts et d’Europe Ecologie, vous avez acté le lancement d’un nouveau mouvement. Pourtant Daniel Cohn-Bendit exprime sa « lassitude ». Comment l’expliquez-vous ?

- L’essentiel, c’est l’accord que nous avons approuvé. Nous accélérons la marche vers l’unification. Dany a ce que j’appelle une sorte de baby blues. Ce sur quoi il boude, c’est sur la distribution des responsabilités dans le futur mouvement. Mais c’est bien que Dany nous bouscule, il est dans son rôle. Sans lui, Europe Ecologie ne se serait jamais fait. On a fait preuve d’intelligence collective jusque là, on va trouver un système où chacun sortira par le haut, sans reproduire la distinction entre Verts et non Verts.

Jean-Vincent Placé, le n°2 des Verts, parle de la « ligne anti-capitaliste » des écolos. Qu’en pensez-vous ?

- Il n’y a pas de ligne anti-capitaliste. Arrêtons de nous cacher derrière des mots qui empêchent les débats de fond. Nous sommes un parti réformiste.

Etes-vous favorable à un accord de gouvernance avec le PS pour 2012 ?

- Oui, il nous faut un accord avec le PS. Mais la priorité pour nous, écologistes, c’est d’abord de réussir la présidentielle. Avec les socialistes, il faut discuter du projet et de la possibilité pour nous d’avoir un groupe à l’assemblée. Si le PS n’est pas capable de comprendre qu’il nous faut ce groupe, la gauche sera condamnée à rester longtemps dans l’opposition.

La candidature d’Eva Joly peut-elle faire franchir un cap à l’écologie ?

- Je suis convaincu qu’elle fera un score supérieur au mien (5,25%) : je pense même qu’elle fera le double ! C’est le moment pour l’écologie. Et Eva réunit beaucoup de vertus par rapport à la période politique dans laquelle nous sommes. Si les Français veulent une politique irréprochable, elle en est le symbole. Elle a un autre avantage, c’est qu’elle est une jeune cadre. Ce serait la première candidate à la présidentielle qui ne se serait pas construite dans un appareil politique.

Que pensez-vous du retrait de Cécile Duflot pour 2012 ?

- Cécile a une grande intelligence des situations politiques. Son rôle est aujourd’hui plus important dans la construction du mouvement unifié des écolos que dans la présidentielle. Ce n’est pas son moment, elle est jeune, elle a le temps.

Interview du député Verts Noël Mamère par Maël Thierry, vendredi 20 août.

(Nouvelobs.com)

 

 

 

Eva Joly imagine 2012 (20 Minutes) 

Créé le 21.08.10 à 16h57 — Mis à jour le 21.08.10 à 16h57

Eva Joly, lors des Journées d’été d’Europe Ecologie, le 19 août 2010 à Nantes. FRANCK PERRY / AFP

POLITIQUE – La potentielle candidate d’Europe Ecologie a dévoilé la manière dont elle imagine la campagne présidentielle… 

Elle arrive presque discrètement. Très élégante, comme à son habitude, dans sa robe marron, elle dit bonjour à l’assemblée de journalistes conviés pour une conférence de presse improvisée. «Nous assistons en temps réel à la naissance de la troisième force politique française», se félicite-t-elle. Mais ce qui occupe tout le monde, et elle en premier, c’est 2012. Concrètement, elle va «mettre fin à [ses] engagements à l’étranger pour dégager plus de temps à [ses] engagements à la politique en France». Consciente de son «peu d’expérience» en la matière, elle a annoncé qu’elle prévoit d’aller «sur le terrain» à «la rencontre des militants». Pour elle, ce serait une manière de «s’immerger dans les problèmes concrets des Français». Certains d’ailleurs, imaginent lui faire faire un tour de France des militants. 

Interrogée sur le ticket pour 2012 que propose Cécile Duflot, idée critiquée par Daniel Cohn-Bendit, l’ancienne magistrate donne raison à l’un et à l’autre. «Pour moi, l’élection présidentielle, c’est traditionnellement une personne. Mais j’ai le désir de mener une campagne extraordinairement collective», avec Cécile Duflot notamment et où la «diversité des intelligences» seront utilisées. Yannick Jadot se chargerait des questions du nucléaire, José Bové du dossier agricole, Michel Rivasi des questions publiques. «C’est un langage de vérité, personne ne pense qu’un candidat a la science infuse» et «ce qui est nouveau c’est qu’avec moi ils seront visibles», s’amuse-t-elle.

Et Daniel Cohn-Bendit sera de la partie, évidemment. Reparti à Francfort vendredi soir après deux jours un peu chaotiques, il aura apprécié l’hommage que lui a rendu la franco-norvégienne. Dany «m’a promis solennellement qu’il serait toujours à mes côtés», a affirmé l’ancienne juge. «Si aujourd‚hui nous sommes, là, c’est grâce à Dany, il a eu cette vision» pour «sortir l’écologie politique française de l’ornière». Et même si «Dany avait une vision encore plus exigeante que le résultat obtenu», les journées d’été «ont été aussi constructives que possibles». Il y a eu «un pas historique» de fait, avec le vote «à l’unanimité» d’un calendrier actant «la transformation des statuts des Verts» pour permettre la «fusion» des deux ensembles.

Pas politicienne pour un sous, l’ancienne juge n’évoque pas les affaires de structuration du futur mouvement, objet de discussions très serrées «entre info et intox» entre les Verts et les représentants d’Europe Ecologie. A Nantes, Maud Pierron

 

Jean-Vincent Placé: «C’est la fin des bisbilles» (20 Minutes) 

Créé le 21.08.10 à 16h48 — Mis à jour le 21.08.10 à 16h48

Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts, lors des journées d’été d’Europe écologie, à Nantes, jeudi 19 août 2010. HALEY/SIPA

POLITIQUE – Le n°2 des Verts estime qu’il est temps de parler du fond… 

C’est l’un des très proches de Cécile Duflot. «Son homme de main», disent ses meilleurs ennemis, qui n’hésite jamais à dézinguer quand il estime devoir le faire. Au risque de créer des polémiques, notamment avec Daniel Cohn-Bendit. Reste qu’en ce jour de clôture des journées d’été, Jean-Vincent Placé affiche volontairement un profil rassembleur. En coulisses, les discussions entre Verts et non-Verts sur la structure du futur mouvement restent âpres.

Quel bilan tirez-vous de ces trois jours?
Très positif, évidemment. Il y a eu beaucoup d’échanges, de débats, de travail. On voit qu’un sentiment d’unité se dégage et qu’il y a une satisfaction d’appartenance à ce mouvement.

Il y a quand même eu des tiraillements, notamment entre vous et Daniel Cohn-Bendit
Je reste sur l’unité. L’unité et le rassemblement des écologistes se concrétise par une ligne politique claire, une stratégie claire avec un candidat à la présidentielle qui sera désigné après des primaires en 2011. C’est la fin de la
séquence de bisbilles qui ont pollué le mouvement au printemps dernier. Les militants ont manifesté le désir de sortir de cette séquence interne pour qu’on se tourne vers les Français. Et c’est normal quand on voit la crise économique et sociale à laquelle nous sommes confrontés. Ils nous appellent à parler du fond.

Le débat qui a agité les écologistes, c’est sur la forme de la future structure: une direction unique, comme le souhaitent les Verts ou une co-direction, comme le souhaite Dany Cohn-Bendit. Vous en êtes où?
Tout n’est pas définitivement calé. Mais il y aura une direction unitaire, rassemblée, correspondant à l’ensemble des talents du mouvement. L’enjeu, c’est de mettre les meilleurs talents aux meilleures places. Le reste se fera de manière naturelle. Il y a un consensus de fait. Une codirection, je ne sais pas… Bien sûr, il faut une communication affichée, mais je crois que c’est un débat subsidiaire.

Pierre Moscovici a évoqué vendredi soir à la tribune la possibilité d’un accord pour un groupe parlementaire, ça a dû vous faire plaisir…
Le débat n’est pas sur le groupe parlementaire. Il faut qu’on trouve un accord sur le fond pour réussir à battre Nicolas Sarkozy en 2012. Ce qu’a dit Pierre était très intéressant, qu’on ne pourrait pas gagner seuls, les uns et les autres, en 2012. Mais il faut qu’on trouve l’équilibre entre l’homogénéité et les convergences de la diversité de la gauche.

Comment comptez-vous y parvenir?
L’année 2011 sera consacrée sur le fond, au projet radical et écologiste. Nous avons besoin de crédibiliser notre projet, d’expertiser, de globaliser notre projet. On doit davantage travailler sur certains thèmes comme la macro-économie, la fiscalité, la politique étrangère, la sécurité. Il faut donc beaucoup de travail et en parallèle, voir les convergences. Il faudra être subtil.

Y-a-t-il des tabous à faire sauter chez les écologistes?
Bien sûr, sur les questions internationales notamment. On ne peut pas seulement être dans la protestation pour revendiquer l’indépendance de tel ou tel peuple. Il faut aussi montrer que la conversion écologique de l’économie, ce n’est pas qu’un slogan. Il faut qu’on montre concrètement qu’on peut crée des emplois, par exemple. Propos recueillis par Maud Pierron, à Nantes  

 

Publié le 21/08/2010 à 14:39 – Modifié le 21/08/2010 à 20:00 Le Point.fr

INTERVIEW – Duflot : « Dany, c’est comme le Schtroumpf grognon ! »      (Le Point) De notre envoyée spéciale à Nantes, Emilie Trevert

Cécile Duflot estime que son rôle est désormais de finir le processus de rassemblement © Frédéric Nebinger/ABACAPRESS.COM

Les écologistes ont fait leur rentrée à Nantes (19-21 août). Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, répond aux questions du Point.fr.

Le Point.fr : Comment s’est passé votre tête-à-tête avec Daniel Cohn-Bendit , vendredi ?

Cécile Duflot : Ça s’est passé ! C’est un rendez-vous qui concerne nous deux, point ! Ça ne méritait pas un communiqué. On a l’habitude de s’expliquer ensemble. Il y avait un climat que tout le monde avait remarqué. Dany, c’est comme le Schtroumpf grognon ! Il avait des choses à dire. Je lui ai aussi expliqué ma vision des choses. L’erreur, c’est peut-être qu’on n’avait pas pris le temps de discuter avant. Parce que Dany a une qualité : il écoute.

Vous avez trouvé un terrain d’entente ?

Ça s’est bien vu au débat d’hier soir (sourire) ! Avec Dany, on a un mode de fonctionnement différent. Il dit ce qu’il pense devant tout le monde. Pour moi, il y a des choses qui doivent être réservées pour des discussions privées.

Cohn-Bendit dit : « Ça ne veut rien dire un ticket Joly-Duflot pour la présidentielle ! On ne va pas couper Eva en morceaux ! » Avez-vous réglé ce différend ?
J’ai dit et redis : « Tout va bien, il n’y a pas de problème ! » L’idée du ticket est une idée du politologue Bastien François. Une manière de sortir de la logique de personnalisation de cette élection. Mais tout ça se discutera. Les choses se feront tout naturellement. Moi, je ferai la campagne du candidat écolo avec coeur. C’est vrai que la complémentarité avec Eva Joly est assez naturelle.

Vous ne serez donc pas candidate. C’est cet été que vous avez tranché ?

Depuis un an, je dis que ma candidature n’a rien d’une évidence. Après le 5 juin (où Dany a réglé ses comptes en public avec Jean-Vincent Placé, ndlr), que j’ai vécu douloureusement, j’avais besoin de savoir pourquoi je faisais de la politique. J’ai vérifié. Et j’ai réfléchi à là où je pouvais être la plus utile aujourd’hui. Après avoir soldé les périodes de forts tangages chez les Verts, mon rôle est de finir le processus de rassemblement. Si j’y arrive, j’aurai rempli ma mission.

Le mouvement prend-il un tournant « anticapitaliste », comme l’a dit Jean-Vincent Placé ?
Il faut arrêter de s’envoyer des mots à la figure. Stop aux formules ! Il faut aller au fond des débats. Quand on lit André Gorz (penseur écologiste), l’écologie est incompatible avec cette accumulation de capital. Structurellement, c’est juste, mais c’est un débat politique subtil. L’écologie se pose la question de pourquoi on produit, comment on produit et qu’est-ce qu’on produit.

Quel bilan tirez-vous de ces journées d’été ?

C’est de très, très bonnes journées ! Là, les gens se sentent portés par une espèce de souffle. Ils étaient arrivés un peu dubitatifs. Maintenant, tout le monde est rassuré. Ça se sent, et j’ai l’habitude avec les militants… Ils ont envie que ça fonctionne. Et la direction d’Europe Écologie doit suivre la voie que veut la majorité des gens.

 

21 Août 2010

Jadot: « Il faut aller à la rencontre des Français » (JDD) 

Pressenti à de grandes destinées au sein d’Europe Ecologie -le porte-parolat du futur mouvement unifié ou un poste de co-direction au sein du binôme évoqué par Daniel Cohn-Bendit- l’eurodéputé Yannick Jadot veut aplanir les relations avec les Verts, plaide pour l’ouverture et prépare le combat présidentiel d’Eva Joly pour 2012. 

Daniel Cohn-Bendit a parlé publiquement d’un binôme à la tête du parti sans, apparemment, véritablement vous consulter? De quoi avez-vous envie personnellement au sein d’Europe Ecologie ?
J’ai envie que l’on ait une direction qui soit équilibrée et efficace. On réfléchit effectivement en ce moment à trouver le meilleur compromis pour trouver une sorte de binôme qui rassure tout le monde mais qui reste efficace. Il y a certains noms qui circulent. Ce qui est évident c’est que Cécile Duflot en fera partie parce qu’elle a toute la légitimité en tant que secrétaire nationale des Verts et première incarnation d’Europe Ecologie.

Et vous? Binôme avec Cécile Duflot ou porte-parole?
Le moment des noms n’est pas venu. Il y a des noms qui circulent mais ce sera un exercice collectif de désignation.

« On n’arrivera pas à convaincre en restant dans notre coin » 

Vous faîtes partie de la liste tout de même ?
Oui, mais ce n’est pas le moment d’en parler. Je ne vais pas m’autoproclamer secrétaire national, porte-parole ou je ne sais pas quoi.

Je vous pose la question à vous car le principal intéressé répond toujours par des pirouettes. Dans quel état d’esprit est Daniel Cohn-Bendit?
Je crois qu’après son ovation d’hier soir [vendredi, ndr], il se trouve dans un bel état d’esprit. Il a fait un très beau discours politique sur l’importance que ce mouvement reste ouvert, que jamais il ne se replie et que l’on ait toujours cette d’obligation de se porter à l’extérieur pour convaincre que l’on a un beau projet de gouvernement et que l’on répond aux préoccupations des Français sur l’emploi, sur l’éducation, sur la sécurité, sur les retraites, sur la politique étrangère. Et on ne le fera pas tout seul dans notre coin. Il faut discuter avec les acteurs sociaux, économiques, avec les citoyens. Si on est vraiment convaincu que nos idées sont les meilleures, que l’on construit des réponses efficaces au quotidien comme au long terme, il faut aller à la rencontre des Français. On ne peut pas se replier sur l’électorat de base des écologistes sinon on sera toujours minoritaire.

« Placé sera à 150% derrière Eva Joly » 

Quel jeu à joué Daniel Cohn-Bendit pendant ces trois jours?
Je pense qu’il a joué le jeu de celui qu’il veut se donner aujourd’hui c’est-à-dire le garant d’un certain nombre de principes dont s’est doté Europe Ecologie à sa construction: l’équilibre, l’efficacité et l’ouverture. Quand on a commencé à parler de ticket, on est rentré dans des jeux de personnalisation qui ne correspondent pas à ce qu’il souhaite. Il veut une forte ouverture, et éviter l’écueil du NPA, celui de la fermeture du périmètre.

Jean-Vincent Placé est-il un empêcheur de tourner en rond?
Non. Aujourd’hui ça se passe bien entre nous. Il a joué son rôle, je crois, de défenseur d’une conception d’Europe Ecologie, du parti Vert. Je suis absolument convaincu qu’il sera à 150% derrière Eva Joly pour la présidentielle et qu’il fera partie des personnes dont on a besoin pour réussir ce rassemblement.
Donc Eva Joly sera la candidate d’Europe Ecologie ?
Écoutez, avec le retrait de Cécile, clairement, Eva Joly apparaît comme une très bonne candidate. On a envie de cette démarche de primaires au-delà d’Europe Ecologie. Si Nicolas Hulot et d’autres ont envie de participer à ces primaires, ça donnera énormément de force au débat et ça remettra l’écologie au centre du débat politique en France. Mais aujourd’hui, au sein d’Europe Ecologie, Eva Joly fait consensus et serait, je crois, une très bonne candidate.

« Nicolas Hulot ne m’a pas appelé » 

Où en est justement Nicolas Hulot aujourd’hui ?
Il faut lui demander. Je ne sais pas. Il a fait cette campagne présidentielle avortée et s’est depuis beaucoup retiré de la sphère politique. L’écologie est devenue un débat extrêmement puissant dans notre pays, il faut maintenant porter un discours politique sur les arbitrages indispensables à faire. On ne peut plus être simplement sur un discours d’alerte. Il faut rentrer dans le dur des solutions et assumer les conflits autour de ces solutions avec des lobbies économiques et politiques. Voilà. Maintenant, où en est Nicolas Hulot, je n’en sais rien. En tout cas il n’est pas là. Il ne m’a pas appelé.

José Bové dit de lui qu’il est profondément gentil.
Nicolas Hulot n’aime pas les conflits. Il veut parler à l’intelligence des Français et des politiques. Il espère toujours que ce discours de l’intelligence suffira. On l’a vu avec Chirac, on l’a vu avec Sarkozy.

Vous êtes l’homme qui murmurait à l’oreille d’Eva Joly… Quels sont vos rapports?
Ça renvoie un peu au début de l’histoire de cette candidature où effectivement j’essayais de la convaincre. Mais je ne doute pas que l’histoire aurait commencé de toute façon. Nos rapports sont excellents. On travaille à sa candidature, on rencontre des personnes qui pourront nous aider à construire le projet.

 

[INFO OBS] Cécile Duflot : « La présidentielle me fait peur » 

Dans une longue interview que Le Nouvel Observateur publie dans son édition du 19 août, la secrétaire nationale des Verts annonce qu’elle n’a pas l’intention de se présenter à la présidentielle de 2012. Extraits. 

Le Nouvel Observateur – Vous avez été souvent présentée comme la «candidate naturelle» des Verts. Aujourd’hui, c’est la candidature d’Eva Joly qui avance. Où en êtes-vous personnellement ? Souhaitez-vous être candidate en 2012 ?

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Cécile Duflot. – J’ai toujours dit ma réticence personnelle. Personne ne le croit puisque tous les politiques, paraît-il, ne rêvent que de ça. Mais ça n’a jamais fait partie de mes plans de carrière d’être candidate en 2012. On peut être un peu lucide sur soi-même. Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas les épaules assez larges pour porter seule une telle charge.  

N. O. – Pourquoi ? C’est trop tôt ? Trop risqué ? Vertigineux, alors que vous étiez quasi inconnue il y a à peine un an ? 

Cécile Duflot. – Honnêtement, quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c’est là, paraît-il, que ça se passe, je me dis que j’en ai peur. La présidentielle, c’est une tuerie. J’ai été très contente de mener la liste écolo aux régionales en Ile-de-France. Mais il y a un temps pour tout. J’ai fait beaucoup de montagne quand j’étais enfant puis ado avec mon père. Quand on traverse un glacier et qu’on ne sent pas le truc, il faut savoir s’arrêter. C’est peut-être une faiblesse. Mais c’est aussi ma force : ça fait échec à tous ceux qui veulent me faire rentrer dans une case. (…) 

« Eva et moi, c’est plus sympa que Nicolas et Carla » 

N. O. – Que pensez-vous de la candidature d’Eva Joly ? 

Cécile Duflot. – Ce qui est certain, c’est que mon entente avec Eva résistera aux calculs pervers des uns et des autres. Elle et moi savons notre complémentarité. Ce qu’elle incarne, par son parcours, donne une coloration à la candidature écolo qui me plaît bien : une vraie radicalité, une vraie constance dans les engagements. Et elle n’a pas froid aux yeux. 

N. O. – N’est-elle pas un peu décalée par rapport aux fondamentaux écolos ? 

Cécile Duflot. – Une personnalité qui incarne tout à la fois, ça n’existe pas. Mais Eva est une vraie écolo. Je l’ai compris dès notre première rencontre. Dany a eu du nez. Il a été malin. Il m’a juste dit : je veux que tu la rencontres. Moi qui suis très attachée aux militants, je trouve qu’Eva a une autre qualité : elle ne barguigne jamais pour aller faire campagne, même dans des endroits qui ne sont pas glamour. Mais notre candidat sera celui choisi par les militants. 

N. O. – Un ticket Joly-Duflot est il envisageable ? 

Cécile Duflot. – S’il y a une personne avec qui je peux imaginer ça, c’est Eva ! Le ticket, c’est une idée que défend par exemple le politologue Bastien François, qui plaide pour un ticket président-Premier ministre. Il faut creuser. L’affiche aurait en tout cas un côté cocasse : jusqu’ici, on avait le président et son épouse. Eva et moi, c’est plus sympa que Nicolas et Carla, non ? (…) 

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Cécile Duflot par Maël Thierry dans le Nouvel Observateur daté du jeudi 19 août. 

 Le projet, l’autre débat des Journées d’été écolos (Le Monde) 

21.08.10 | 10h41 – Le Monde 

Les Journées d’été d’Europe Ecologie et des Verts se terminent samedi à Nantes. Si pendant ces trois jours, il a été beaucoup question de la candidature des écolos à la présidentielle de 2012 – le nom d’Eva Joly semblant faire consensus –, le fond a également été abordé. 

Pendant ces Journées, de nombreux débats ont en effet été organisés autour de différents thèmes en résonance ou non avec l’actualité : « Croissance verte ou décroissance », « Comment sortir de la société de la surveillance et du contrôle ? », « Tous propriétaires… ou tous logés décemment ? », « Logement, emploi et scolarisation des Roms, quelles politiques pour demain ? »… Des « partenaires potentiels », notamment Pierre Moscovici, du Parti socialiste, ont également été invités à donner leur point de vue. 

L’occasion de passer en revue quelques mots qui ont été particulièrement commentés. 

  • Anticapitalisme, antilibéralisme… 

Cela a été l’un des débats que Daniel Cohn-Bendit a voulu lancer, déplorant que le mouvement se rapproche trop d’une ligne « anticapitaliste ». « Moi, je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale » mais « profondément écologiste », a précisé Cécile Duflot, et « l’écologie est pour moi héritière des valeurs de gauche ». Chacun incarnait là sa tendance du mouvement, comme Corinne Lepage, du petit parti Cap 21, ancienne du MoDem, auquel Cohn-Bendit a de nouveau tendu la main, mais sans susciter de tollé cette fois. « Les écolos ne sont pas profondément antilibéraux, relativise un militant. Sur l’énergie, par exemple, il est clair que le monopole d’EDF était un frein aux offres de renouvelables, notamment par le tiers secteur. » 

  • Décroissance  

Le mot continue de déchaîner les passions. Un de ses premiers chantres, Yves Cochet, l’a remis sur la table dans une tribune, y ajoutant l’adjectif « prospère ». La sociologue Dominique Méda préfère le mot « civilisation », Corinne Lepage, qui estime la décroissance impossible actuellement, parle « d’évolution soutenable ». Au-delà des jeux de mots, même les partisans du concept admettent que les solutions doivent être précisées : relocalisation, décentralisation, autosuffisance, gratuité, nouveaux indices économiques (Cochet prône le « Happy Index »)… 

Et il semble clair que le mouvement écologiste ne fera pas campagne sur le mot « décroissance », rejeté par Cohn-Bendit mais aussi par José Bové. Pourtant, il reste une des différences claires avec le PS : « Il est difficile pour certains de remettre en cause le mythe de la croissance qui mène aux emplois », a lancé Cécile Duflot à Pierre Moscovici, qui a rappelé être pour la croissance. Et le concept semble continuer de gagner du terrain, notamment grâce à un livre dont beaucoup parlent :
La Prospérité sans croissance, la transition vers une économie durable, de l’économiste britannique Tim Jackson. 

  • Sécurité  

Daniel Cohn-Bendit en a surpris certains en insistant sur ce thème, deux fois, avant les Journées d’été. « Il faut qu’une femme puisse se promener dans la rue sans être embêtée et même si c’est une bourgeoise », a-t-il par exemple lâché, sur place, appelant à ne pas abandonner le discours sur la sécurité à la droite. 

Vendredi soir, en plénière, les solutions prônées par Cécile Duflot ne ressemblaient pourtant pas à un virage sécuritaire : elle a plaidé contre les interventions « brutales » dans les quartiers défavorisés, pour le « travail quotidien » de police. Et taclé les socialistes, rappelant qu’ils étaient auteurs des premières lois sécuritaires : « Vous êtes tombés dans le panneau de la droite », a-t-elle dénoncé. 

Sur cette question, les écolos revendiquent des différences avec le PS. L’adjoint à la culture au maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Cuffini, condamne la vidéosurveillance, qui « ne sert à rien » et dénonce la politique des « grands frères » du PS pour « acheter la paix sociale ». Daniel Cohn-Bendit voit lui dans la gestion des drogues une « politique sécuritaire » : « pas un maire de droite en Allemagne n’est contre les salles de shoot. » La dépénalisation des drogues douces serait un « coup » portées aux « gangs et aux mafias » dénoncés notamment par Sarkozy. M. Cohn-bendit a aussi cité l’ancien maire de New-York, Rudolph Giuliani, apôtre de la « tolérance zéro » : « Il a aussi ouvert les gymnases de New York 24 h sur 24, pour ceux qui ne savent pas quoi faire. » 

  • Retraites  

Faut-il se battre pour la retraite à 60 ans ? En se félicitant qu’Eva Joly réponde oui, Jean-Vincent Placé, n°2 des Verts, a déclenché une autre indignation de Daniel Cohn-Bendit, pour lequel ce critère, non-pertinent, sert à se montrer « à gauche », à tort. Yannick Jadot, proche de Daniel Cohn Bendit, y voit surtout une question de contexte, de stratégie. « Il faut défendre maintenant la retraite à 60 ans contre la réforme de Sarkozy car l’âge de départ est le levier le plus injuste. Mais dans notre projet pour 2012, nous pourrions défendre un départ entre 55 et 65 ans, en fonction des pénibilités, surtout, et aussi de la volonté des personnes. » 

  • Revenu minimum d’existence  

Certains l’appellent « revenu minimum garanti », comme Paul Ariès, apôtre de la décroissance. L’auteur propose de le verser aux personnes sous formes d’euros, de monnaie régionale à créer ou de « droits de tirage » donnant accès à des prestations de services publics, comme l’eau, pour responsabiliser les personnes. Paul Ariès est en marge du mouvement écologiste, mais il existe une réflexion chez Europe écologie, explique l’eurodéputée Sandrine Bélier, qui parle de « revenu minimum de subsistance ». « Cela peut se comparer au RSA, mais en beaucoup moins restrictif, sur les personnes éligibles et les montants. L’enjeu : assurer l’égalité des chances et éviter la désocialisation. » 

  • Nucléaire et automobile  

Ces thèmes ont de nouveau été mis en avant par les leaders écolos, comme marqueurs de leur politique, notamment face au Parti socialiste. « Je ne suis pas pour les plans de soutien à l’automobile, mais pour des plans de reconversion écologique de ce secteur, comme celui de l’agriculture », a indiqué Cécile Duflot, à l’adresse de Pierre Moscovici. « En tant qu’élu du Doubs – où réside le berceau de Peugeot – je ne peux être d’accord. Je suis pour le soutien à l’industrie », a souri le socialiste. 

Le nucléaire, thème réputé difficile, a été mis en avant par Daniel Cohn-Bendit, qui a souligné qu’en Allemagne, l’annonce du retrait du secteur, avait ouvert un « formidable marché des énergies renouvelables, générant de nombreux emplois ». Invité à se prononcer pour l’arrêt du nucléaire, Pierre Moscovici a botté en touche, précisant que les positions étaient « diverses au PS », sans pour autant se montrer fermé au débat :  » Oui, les critères de l’investissement public et du délai avant l’arrêt sont les bons. Et nous devrons trancher avant 2012. » 

 

Université d’été des Verts – Lepage, de Juppé à… Duflot (France Soir) 

Gaëtane Morin 21/08/10 à 09h32

Déçue, dit-elle, par le Modem de François Bayrou, qu’elle a quitté au lendemain des régionales de mars, l’ancienne ministre de l’Environnement a discuté hier avec Cécile Duflot des conditions de son ralliement à Europe Ecologie.a 

Corinne Lepage © Sipa La mise en scène est soignée, les sourires sont de circonstance. Corinne Lepage, qui a accepté l’invitation de Daniel Cohn-Bendit aux journées d’été des Verts-Europe Ecologie, à Nantes, a profité hier des caméras pour afficher son rapprochement avec Cécile Duflot. Après avoir quitté la vice-présidence du Modem à l’issue des dernières élections régionales, la présidente de Cap 21 a échangé avec la patronne des Verts. Au cœur de leur discussion : le positionnement d’Europe Ecologie sur le spectre politique.

Le ralliement de Cap 21 à la gauche

Car l’avocate Lepage, qui fut ministre de l’Environnement dans le gouvernement Juppé (1995-1997), oscille au centre droit alors que Duflot penche clairement à gauche. « Si on veut bosser ensemble, il faut que ce soit sur des bases saines », explique Lepage, qui confie être venue « dans un esprit de grande ouverture ». « Il faut que chacun trouve sa place dans un projet commun, précise-t-elle. Je ne pense pas que l’anticapitalisme soit la solution au problème et je ne crois pas au néolibéralisme pour nous tirer d’affaire. »

« Inquiète » notamment des prises de position de Jean-Vincent Placé, le numéro deux des Verts – « Je crains un virage trop à gauche », a-t-elle déclaré dans 20 Minutes –, Lepage a été rassurée par Duflot. « Moi, je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale, mais profondément écologiste, lui a expliqué cette dernière. C’est très bien qu’on soit divers, comme on revendique la biodiversité ! »

Le rapprochement pourrait donc se traduire, dans les jours qui viennent, par un ralliement en bonne et due forme de Lepage à Europe Ecologie. Ses troupes n’ont d’ailleurs pas attendu le feu vert de leur patronne : des alliances ont déjà été conclues, au cas par cas, lors des élections régionales de mars dernier.

Qui sera le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 2012 ?            (France Soir) 

Adrian Buffel, avec agence 21/05/10 à 13h19 

 

Le désamour est presque palpable entre les eurodéputés d’Europe Ecologie et les Verts français, alors qu’il ne reste plus que deux candidats écologistes en lice pour la présidentielle : Eva Joly et Cécile Duflot. 

Eva Joly a instruit l’affaire Elf © SIPA Pas besoin de primaires chez les écolos. Cette semaine, deux des principales têtes de file historiques du mouvement, Daniel Cohn-Bendit et Noël mamère, se sont implicitement déclarés forfait pour l’élection présidentielle de 2012 en affichant leur préférence pour l’eurodéputé d’Ile-de-France, Eva Joly. 

Candidature « éthique » 

Le député-maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère, a en effet affirmé jeudi que l’eurodéputée d’Europe Ecologie, Eva Joly serait « un bon symbole de ce que réclament les Français », c’est-à-dire « de la justice », si elle était candidate à la présidentielle de 2012. De même en début de semaine, le patron d’Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, s’est prononcé en faveur de sa collègue, Eva Joly, estimant qu’elle serait une candidature très « éthique ». 

Deux soutiens de taille pour la député européenne, inscrite dans la circonscription Ile-de-France sur la liste Europe Ecologie, qui peut s’appuyer aussi sur une crédibilité médiatique tirée de son passage au Palais de justice, où elle a instruit des dossiers politico-financiers comme l’affaire Elf. « Il est nécessaire que l’écologie ait une candidature aux élections présidentielles et Eva Joly est un bon symbole de ce que réclament les Français aujourd’hui, c’est-à-dire de la justice, une justice redistributive, une justice sociale, une justice environnementale », a ainsi affirmé à Noël Mamère. 

Perte de vitesse 

En face, l’image médiatique de Cécile Duflot est portée par une crédibilité nationale, acquise après la campagne des régionales. Néanmoins, la leader des Verts semble désormais en perte de vitesse. D’après un sondage publié par l’AFP,  « Les Français et l’élection présidentielle de 2012 », Cécile Duflot arriverait en cinquième position avec 5% des intentions de vote lors du prochain scrutin. 

Cette situation la contraint à refouler une partie de ses ambitions afin d’atteindre l’objectif des écolos : définir un projet et un candidat pour 2012. Dans un entretien donné à France-Soir, la secrétaire nationale des Verts fait donc passer le collectif avant tout et affirme ne pas avoir « forcément » d’ambitions présidentielles. « Si je devais répondre à cette question aujourd’hui, je dirais que je ne suis pas candidate, glisse-t-elle. Certains souhaitent que ce soit Eva Joly ». 

Restructuration politique 

La réflexion se poursuit depuis le scrutin de mars dernier. Faut-il ou non dissoudre le parti des Verts au sein d’une super-structure européenne Europe Ecologie qui a lancé, début mai, une campagne d’adhésion ? Les Verts sont soupçonnés de vouloir garder la mainmise sur Europe Écologie. Le débat est houleux et même si les responsables des deux organisations affichent une sérénité de mise, les élections présidentielle et législatives sont dans toutes les têtes. Toujours est-il que Noël Mamère a tenu à rassurer : les Verts « ne disparaissent pas ». Selon le député de Bègles, « ils auront une candidate qui ne viendra peut-être pas forcément de leurs rangs, mais qui contribue aussi à la diffusion de l’écologie dans la société et a contribué à son élargissement ». 

NANTES, 20 août 2010 (AFP) – 16h34 

Aéroport Notre-Dame-des-Landes: Cohn-Bendit, Joly, Duflot, Lepage plantent un arbre 

Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot et José Bové (Europe Ecologie) ont symboliquement planté vendredi un chêne sur le site devant accueillir le futur aéroport Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, assurant qu’ils reviendraient sur ce projet s’ils étaient au pouvoir en 2012. « Rien n’est perdu », en cas de victoire en 2012, « nous imposerons la fermeture de ce projet » soutenu par le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault (PS), a lancé Eva Joly, juchée sur un tracteur au côté de Cécile Duflot, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Dominique Voynet et Corinne Lepage (Cap21). La probable candidate EE en 2012 a qualifié d’ »absurde » ce projet alors que l’aéroport existant « n’est pas saturé ». « Nous avons planté un arbre, nous espérons venir le voir grandir très paisiblement », a ajouté Mme Duflot qui compte « préparer les socialistes à l’abandon de ce projet pas adapté ». José Bové a « salué les paysans et paysannes qui luttent » contre cet aéroport et appelé à « occuper le terrain » comme il l’avait fait dans le Larzac dans les années 70. Pour l’eurodéputé, il faut que « l’abandon du projet soit inscrit dans n’importe quel accord » pour 2012. Ironique, l’eurodéputé Yannick Jadot a dit espérer que « cet arbre devienne un arbre à palabres pour venir résoudre tranquillement les problèmes d’Europe Ecologie ». Aux régionales, PS et EE avaient trouvé un compromis au second tour, prévoyant que la région ne financerait pas ce projet porté par l’Etat. D’un coût estimé à 580 millions d’euros, la construction du nouvel aéroport, officiellement autorisée en février 2009, doit être achevée d’ici 2015. >NANTES, 20 août 2010 (AFP) – 13h21 

Joly et Lepage protestent contre la mutation du vice-président du TGI d’Orléans

L’eurodéputée Eva Joly (Europe Ecologie) et Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap21, ont pris la défense vendredi du vice-président du TGI d’Orléans, Jean de Maillard, qui conteste « une mutation forcée » comme président du tribunal des affaires de sécurité sociale. « Il faut que nous empêchions cette injustice et cette atteinte aux institutions d’être commise », a déclaré Mme Joly lors d’un point de presse commun aux côtés de M. de Maillard et Mme Lepage, organisé à Nantes sur le site de l’Université d’été des écologistes. Ces faits sont « humiliants » pour le magistrat, qui présidait jusqu’à maintenant les audiences du tribunal correctionnel, a estimé Mme Joly. Ils sont « l’expression du noyautage de la justice » par le pouvoir, a-t-elle ajouté. Corinne Lepage, conseil de M. de Maillard, a regretté que
la Chancellerie n’ait pas répondu au courrier envoyé fin juillet par le magistrat pour la saisir de la situation. Cette décision de mutation est intervenue « après une période de harcèlement moral absolument incroyable », a-t-elle ajouté. « Je lance un appel à Mme le garde des Sceaux car il y a encore une semaine pour régler ce problème », a souligné de son côté M. de Maillard. Le magistrat estime que ses problèmes avec sa hiérarchie sont liés à son refus des « procédures bâclées, procès-verbaux parfois douteux, enquêtes uniquement à charge ». Il y a actuellement une « dépénalisation de la grande délinquance et une surpénalisation de la vie sociale et particulièrement des populations les plus fragiles », a-t-il indiqué. Le magistrat compte saisir la semaine prochaine le Conseil supérieur de la magistrature.

>NANTES, 20 août 2010 (AFP) – 13h10

Rencontre Duflot-Lepage aux Journées d’été des Verts-Europe Ecologie

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Corinne Lepage, présidente de Cap21, se sont rencontrées vendredi, devant les caméras, sur le site des Journées d’été des Verts-Europe Ecologie à Nantes, avant un débat le soir sur les alliances pour 2012. La chef des Verts et l’ex-vice-présidente du MoDem se voient « dans un contexte plus amical et réchauffé qu’il ne l’était », a reconnu l’entourage de Cécile Duflot, qui a toujours été réticente à un rapprochement avec François Bayrou. Mme Lepage, qui après avoir quitté le MoDem en mars n’a pas rejoint Europe Ecologie, a affirmé être venue « dans un esprit de grande ouverture » avec « l’envie d’avancer avec des solutions ». Pour l’eurodéputée, il est question que chacun « trouve sa place dans un projet commun », il faut « être capable de trouver une synthèse et faire que l’écologie soit la grande force du XXIe siècle ». Mais « si on veut bosser ensemble, ce doit être sur des bases saines », a-t-elle ajouté alors que « la ligne anticapitaliste » prônée par le numéro deux des Verts Jean-Vincent Placé ne lui convient pas. « Je ne pense pas que l’anticapitalisme soit la solution au problème » et « je ne crois pas au néolibéralisme pour nous tirer d’affaire », a-t-elle dit. « Moi, je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale », a dit Mme Duflot, mais « profondément écologiste » et « l’écologie est pour moi héritière des valeurs de gauche ». « C’est très bien qu’on soit divers, comme on revendique la biodiversité », a-t-elle simplement ajouté. Daniel Cohn-Bendit arrivé sur le site vers midi, a renchéri : « dire on est dans un parti anticapitaliste, c’est bête », il faut « donner des propositions de transformation écologique de l’économie ». En ayant « marre d’avoir à pousser des coups de gueule pour des bêtises », l’eurodéputé a également indiqué que si Mme Lepage n’avait pas été acceptée – au côté de Pierre Moscovici (PS) – pour le débat du soir sur 2012, il ne serait pas venu aux Journées d’été. Avec « Dany » et José Bové, les deux dames devaient se retrouver en début d’après-midi pour une visite du site de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (15 km de Nantes), soutenu par les socialistes et pourfendu par les écologistes.

 

Europe Écologie se veut incontournable en 2012 (Ouest France) 

samedi 21 août 2010 

 

Les écologistes se sont transportés à Notre-Dame-des-Landes, pour planter un chêne à l’emplacement prévupour les pistes du futur aéroport. De gauche à droite : Corinne Lepage, Cécile Duflot, Dominique Voynet et Eva Joly. Franck Dubray 

Rester purs et minoritaires ? S’élargir et devenir l’allié indispensable d’une victoire socialiste ?À Nantes, les écologistes penchent ¯ douloureusement ¯ pour la seconde thèse. 

N’en déplaise à Cécile Duflot, il est encore prématuré de qualifier « d’historiques » les journées d’été d’Europe Écologie qui s’achèvent aujourd’hui à Nantes. Malgré leur richesse et l’affirmation d’un mouvement unifié (Verts, Cap 21, associations, syndicalistes, altermondialistes…), les écologistes risquent toujours de se prendre les pieds dans trois grandes contradictions. 

Quel chef ? 

Dans un mouvement qui exècre le culte de la personnalité, il est savoureux d’entendre le tonnerre d’applaudissements que déclenche le seul énoncé du nom d’Eva Joly. « Je ne serai candidate que si on me le demande, tempère faussement l’intéressée. J’espère qu’il y aura beaucoup de candidats (dont Yves Cochet) aux primaires de l’écologie. » Mais l’image éthique et le plaisant exotisme nordique de l’ex-juge ne règlent pas la question de la conduite du futur parti. Corinne Lepage (Cap 21) a « quand même le sentiment que les Verts sont en train de reprendre le pouvoir. » Le pas de côté de Cécile Duflot renonçant à la présidentielle ne serait qu’un calcul pour mieux contrôler la machine écologiste. 

Agacé par ces comportements et par la piètre reconnaissance de son talent visionnaire, Daniel Cohn-Bendit feint de bouder. Le père d’Europe Écologie « fait son baby blues », nuance Noël Mamère. Conséquence de cette naissance douloureuse : 3 000 Verts seulement (sur 7 000) adhérent à Europe Écologie. 

Quel programme ? 

Entre « l’anticapitalisme » de Jean-Vincent Placé (n° 2 des Verts), la décroissance du député Yves Cochet et le libéralisme humaniste de Corinne Lepage (ex-ministre de Juppé et ex-MoDem, non encartée à Europe Écologie), on cherche la cohérence. Entre un PS qui compte sur les fruits d’une croissance retrouvée et des écologistes qui veulent combattre les inégalités « à partir des richesses que l’on a », entre un PC pronucléaire et les promoteurs des énergies vertes, on reste interrogatif sur les alliances. Entre des socialistes qui financent l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et des écologistes qui plantent des arbres sur les futures pistes, on cherche le compromis. Entre le rejet, par Noël Mamère, des caméras et des polices municipales et les pratiques des maires de gauche, il y a comme un écart. Pour l’instant ¯ merci l’actualité ¯ ces questions sont un peu occultées par les catastrophes, les affaires, les déficits, les Roms… qui nourrissent leur plus fort dénominateur commun, l’antisarkozysme. « Au total, corrige l’eurodéputé Yannick Jadot, c’est quand même bien meilleur que de laisser Sarkozy au pouvoir. » 

Quelles alliances ? 

D’un côté, ceux qui prônent l’union de la gauche et un accord avec le PS sur quelques points et quelques sièges au Parlement et au gouvernement. Problème : un tiers des électeurs d’Europe Écologie ne se classent pas à gauche. De l’autre, les tenants d’une autonomie totale pour montrer, explique Yannick Jadot, « que l’on a un programme global, que l’on ne s’occupe pas seulement du nucléaire et des petits oiseaux ». Leur objectif est de peser assez lourd pour se rendre indispensables en 2012 et faire bouger le PS. C’est la thèse de Daniel Cohn-Bendit qui ne veut pas d’une présidentielle sans lendemain : « Bayrou avait fait 17 %. Ça lui a rapporté quoi ? On ne peut pas réussir sans un accord avec le PS sur soixante circonscriptions, sur la base de notre score des régionales. Si on n’a pas de groupe à l’Assemblée, on ne pourra pas influencer la politique. » Michel URVOY. 

 

À Notre-Dame, petit arbre poussera sur la piste (Ouest France) 

samedi 21 août 2010 

 

A l’heure des discours, très consensuels, sur le plateau d’une charrette. Franck Dubray. 

 

Dany Cohn-Bendit sait aller à la manoeuvre. Il creuse sous l’oeil amusé de Corinne Lepage et Yannick Jadot. /Franck Dubray 

Geste symbolique hier, sur le site du projet d’aéroport : les militants écologistes, réunis à Nantes jusqu’à ce samedi, ont planté un arbre sur l’une des futures pistes. Instantanés. 

Reportage 

13 h : en bus pour Notre-Dame. Ils sont venus, ils sont tous là, à bord du même car qui va sur le site du projet d’aéroport. Dominique (Voynet) ; José (Bové) ; Cécile (Duflot) ; Dany (Cohn-Bendit) ; Eva (Joly) ; Noël (Mamère) ; Yannick (Jadot) ; Guy (Hascouët) et la mouvance écologiste régionale. D’aucuns sont de vieux compagnons de route en politique, ils se sourient. Mieux vaut parfois ne pas trop remuer les souvenirs. « Les couleurs n’appartiennent à personne », plaisante Guy Hascouët. Et chacun d’afficher sagement le badge anti-aéroport distribué par Julie, la chargée de com’qui ne plaisante pas avec l’organisation. 

13 h 30 : tous à vos bêches. Sous l’oeil attentif des paysans de Notre-Dame, les vedettes écologistes sont priées de montrer qu’elles savent se servir d’une bêche. Elles s’appliquent à creuser la terre d’un champ sur lequel doit s’étaler le béton d’une des pistes de l’aéroport. Objectif : planter, là, un arbre qui symbolise le refus de laisser la place aux avions. 

Cécile Duflot fait une promesse : « Nous reviendrons voir grandir cet arbre d’ici quelques années… » 

14 h : discours sur la charrette. Loin des débats théoriques sur les vertus du rassemblement politique, les écologistes de toutes tendances se retrouvent aux champs, tassés sur la même charrette. 

Jean-Paul Naud, le maire de Notre-Dame-des-Landes, fait une courte apparition, travail oblige. Le temps d’expliquer, en compagnie du Vert nazairien Gilles Denigot, la démarche du comité des élus qui doutent du projet. « Nous sommes tout près d’atteindre les 1 000 adhérents grâce aux journées d’été d’Europe Ecologie qui nous ont amené de nouvelles signatures… » 

Tour à tour, Dominique Voynet, Corinne Lepage, Yannick Jadot et bien sûr José Bové stigmatisent « un projet inutile et coûteux qui n’a pas lieu d’être, et, ajoute Eva Joly, qui va absorber des crédits d’Etat, au détriment d’autres priorités… »  

Promis, juré, en cas de victoire des écologistes en 2012, « nous imposerons la fin de ce projet ». Et Dany le ludion, de mettre son grain de sel : « La présidente Eva Joly viendra vous libérer ici, quand elle sera élue. » 

Julien le paysan, militant de la première heure contre l’aéroport, rappelle à toutes fins utiles : « Nous ne voulons pas de compromis, mais l’engagement que ce projet sera définitivement rayé de la carte. Ce doit être un préalable à tout accord dans les échéances politiques qui s’annoncent… » Jocelyne RAT 

 

Publié le 20/08/2010 | 18:03 

Nantes : journées d’été des Verts-Europe Ecologie (France 3 Pays de Loire) 

http://ouest.france3.fr/info/pays-de-la-loire/nantes–journees-d-ete-des-verts-europe-ecologie-64456972.html 

La guerre des chefs ne devrait pas avoir lieu…

Parmi les sujets évoqués lors de ces journées : la présidentielle de 2012. Les écologistes, habitués aux guerres fratricides, ont promis cette fois d’être plus pacifiques… Et pour les représenter, Eva Joly fait presque l’unanimité…

 Vidéos

Eva Joly aux journées d’été des Verts à Nantes

Journée d’été des verts : ND des Landes en débat

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Les Verts-Europe écologie/Nte Dame des Landes

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Cécile Duflot, invitée de France 3 Pays de
la Loir

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Nantes : journées d’été des Verts-Europe Ecologie

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L’ancienne juge d’instruction Eva Joly  était présente dès cette première journée. A 66 ans, l’eurodéputée fait l’unanimité autant chez les militants d’Europe Ecologie que des Verts. Elle a reçu le soutien de José Bové et de Cécile Duflot, qui a précisé qu’elle ne se présenterait pas à
la Présidentielle 2012…Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, estime n’avoir « pas les épaules suffisantes » pour se présenter à la présidentielle, et reconnaît avoir « peur » de la « tuerie » que représente cette campagne, dans un entretien au Nouvel Observateur à paraître jeudi.

A la veille des journées d’été des Europe-Ecologie et Verts à Nantes, elle estime toutefois qu’il « faut creuser » l’idée d’un « ticket » avec l’eurodéputée Eva Joly qui s’est, elle, portée candidate.

« Quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c’est là, paraît-il, que ça se passe, je me dis que j’en ai peur. La présidentielle, c’est une tuerie », affirme Mme Duflot.

« J’ai toujours dit ma réticence personnelle. Personne ne le croit, puisque tous les politiques, paraît-il, ne rêvent que de ça. Mais ça n’a jamais fait partie de mes plans de carrière d’être candidate en 2012″, souligne-t-elle.

« On peut-être un peu lucide sur soi-même. Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas les épaules suffisantes pour porter seule une telle charge », assure-t-elle. Et puis, « il y a des temps pour tout » : « quand on traverse un glacier et qu’on ne sent pas le truc, il faut savoir s’arrêter ».

Pour autant, la présidente des Verts au Conseil régional d’Ile de France ne dit pas qu’elle ne sera pas candidate quoi qu’il arrive. « Il faut faire attention aux mots définitifs, mais tout le monde aura compris quelles sont mes intentions personnelles ».

Interrogée sur l’éventualité d’un « ticket » avec l’ex-juge anti-corruption Eva Joly, elle répond: « s’il y a une personne avec qui je peux imaginer ça, c’est Eva ». « Il faut creuser. L’affiche aurait en tout cas un côté cocasse : jusqu’ici on avait le président et son épouse. Eva et moi, c’est plus sympa que Nicolas et Carla, non? »
« Ce qui est certain, c’est que mon entente avec Eva résistera aux calculs pervers des uns et des autres. Elle et moi savons notre complémentarité. Ce qu’elle incarne, par son parcours, donne une coloration à la candidature écolo qui me plaît bien », argue-t-elle, rappelant que le candidat Europe Ecologie « sera celui choisi par les militants ».

Premier dossier évoqué hier  aux Journées d’été des verts : le projet d’aéroport sur le site de Notre Dame des Landes.

Outre les querelles internes entre les ténors d’Europe Ecologie et des Verts, l’opposition au troisième aéroport fait l’unanimité au sein des écologistes… Ce vendredi midi, c’est à Notre Dame des Landes que les écologistes s’étaient donné rendez-vous pour un pique-nique géant… La-même où devrait se construire l’aéroport, d’ici 2014…

 

 20 Août 2010 – Journal du Dimanche

Dany en verve et contre les Verts 

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, qui doit sortir de terre à l’horizon 2016, est l’une des thématiques phares des Journées d’été d’Europe Ecologie. L’occasion de faire de belles photos, d’affronter des militants radicaux et pour Cohn-Bendit de faire le show permanent.

Les débats, les tables rondes, les déclarations de politique générale aux Journées d’été d’EE/Les Verts, c’est bien. Mais si l’on peut y ajouter un peu de concret et des travaux pratiques, c’est mieux. Vendredi, tous les cadors du mouvement vert se sont donc donné rendez-vous sur le site de la « Vacherit », à une quinzaine de kilomètres de Nantes, où la mairie socialiste soutient activement le projet de l’aéroport international de Notre-Dame-des-Landes. L’occasion était donc belle de se rendre sur le site, pour l’instant encore à l’état de champ de labour, afin d’y planter un arbre, symbole de la lutte contre le bétonnage annoncé pour 2017.

Ils étaient tous venus, ils étaient tous là. Les Duflot, les Joly, les Bové, père et fille, Mamère, Jadot, Placé, Voynet, Lipietz… réunis de façon généalogique autour d’un arbre. Mais un comité d’accueil, limité, attendait les huiles du mouvement écologiste. « Cohn-Bendit fossoyeur de l’écologie politique et sociale » s’affichait sur une banderole. « Ils sont prêts à sacrifier l’aéroport pour des raisons électorales. Les partis politiques sont incapables d’apporter la réponse écologique adéquate. La vraie écologie appartient aux militants locaux. Vous auriez vu l’arrivée du bulldozer tout à l’heure pour planter l’arbre, un vrai carnage« , explique Joseph, membre de l’obscur « Collectif pour la lutte populaire ». Daniel Cohn-Bendit en a vu d’autres.

Duflot-Jadot à la tête d’Europe Ecologie? 

L’eurodéputé va au-devant des jeunes « énervés » pour engager la discussion. « Traitre, capitaliste libéral« , se voit souffler Cohn-Bendit au visage qui rétorque : « J’assume, tu ne me trouves pas assez radical, d’accord« . « Vous devriez démissionner« , lui lance le plus véhément. « Je vais réfléchir« , lui répond Dany. Pour de vrai? « J’ai déjà dit aux Verts que je démissionnais« , lâche-il avec un énorme sourire. Petite bombe et nouveau retournement de situation. Une démission? Alors que le matin même Yves Cochet assure « qu’il restera toujours avec nous« . Il précise plus tard: « Je démissionne de mon rôle de Zorro. Je ne suis pas là pour faire mon caca nerveux« . L’art de noyer le poisson. Le ticket Joly-Duflot? C’est déjà obsolète. C’est désormais Joly pour la présidentielle et le duo Cécile Duflot/Yannick Jadot pour la direction du futur parti unique. Un nouveau coup porté aux Verts que Cohn-Bendit trouve trop sectaires? Les informations ne tiennent pas longtemps avec Dany qui tient des mini-conférences de presse à chaque sortie sur le terrain.

Le terrain justement. Revenons-y. C’était le but de cette visite symbolique et expédiée au pas de charge. « Tous ceux qui disent non à l’aéroport sont les bienvenus. C’est sur le terrain que l’on gagne« , lâche José Bové en référence à la démilitarisation du plateau du Larzac. Sur le terrain médiatique, Daniel Cohn-Bendit a déjà gagné, démissionnaire ou non. Omniprésent, est-il aussi omnipotent ? Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit se sont vus en tête-à-tête vendredi après-midi. Tiens, ils se parlent donc. La teneur de leur échange apportera peut-être des éléments de réponse.

 

20 Août 2010

Joly travaille – Journal du Dimanche 

Elle est la star de ses Journées d’été d’Europe Ecologie/Les Verts à Nantes. Eva Joly, « ancienne magistrate diva », a su séduire les militants Verts. Pas tant novice que ça en politique, la nouvelle passionaria écolo trace sa route vers 2012.

Eva Joly, ici avec Cécile Duflot, fait un tabac aux Journées d’été d’Europe Ecologie/Les Verts à Nantes. (Reuters)

Suivez les coulisses des Journées d’été des écolos à Nantes

Pas de lendemain de cuite à Nantes aux Journée d’été d’Europe Ecologie les Verts, mais des arrivées en ordre dispersé pour la deuxième journée. Alors que les journaux locaux consacrent leurs pages au projet de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes et à Eva Joly, qui semble faire consensus -ou presque- chez les militants, l’ambiance reste « cool » chez les écolos. Yves Cochet déambule dans les couloirs à la recherche de la salle où il intervient, Dominique Voynet fait virevolter sa robe mauve pour rejoindre l’amphi où on l’attend depuis plus d’une demi-heure et Marie Bové pose, l’air ingénu, pour les photographes.

Pendant ce temps-là, Eva Joly… travaille. A son image de présidentiable et aux valeurs chères aux militants du Vert contre tout avec qui elle entretient une phase de séduction. Par les mots et par le geste, son jeu de jambes ayant fait quelque peu jaser la veille lors de la plénière sur la crise démocratique presque exclusivement consacrée à Nicolas Sarkozy. Militants, élus Vert, élus Europe Ecologie, tous s’accordent, si ce n’est à reconnaître que c’est leur premier choix, qu’elle a en tout cas les fameuses qualités requises. Elle est désormais à gauche, c’est sûr, puisqu’elle s’est engagée pour la retraite à 60 ans. Mais pas pour elle. Après une vie bien remplie de magistrate, Eva Joly, 66 ans, devenue médiatique avec l’affaire Elf, les statuettes et les Berluti de Roland Dumas, a toujours le feu sacré. Pour la politique cette fois. Elle est fraîche pour le job, et le fait savoir.

« Je suis connue pour dire les non-dits » 

« Je représente un rajeunissement des cadres politiques, ironise Joly. Je n’ai que 18 mois d’expérience « . Tonnerre d’applaudissements qui précède une tempête lorsqu’elle lance, en guise de conclusion: « Je suis connue pour dire les non-dits. Je l’ai dit, je serais candidate à l’élection présidentielle de 2012 si on me le demandait. Mais ce n’est pour moi pas possible avant les primaires écologistes« . On frise l’hystérie dans l’amphi. Quatre militants tentent une standing ovation. Les autres finissent par se lever aussi mais pour partir au terme d’une très longue journée.

Eva Joly engrange les points. Et à moins que Nicolas Hulot ne sorte de sa maison de rondins de bois, ou d’une péniche, ce qui est très peu probable malgré les appels de pieds d’Europe Ecologie/Les Verts, elle devrait rafler la mise pour 2012. Tant pis si l’accent est parfois à couper au couteau, si la grammaire est parfois aléatoire et son débit monotone. Les militants ne s’endorment pas. Au contraire. Du sommeil à l’hypnose il n’y a parfois qu’un pas. Bref, Eva Joly a tout d’un « atout » pour 2012. Cohn-Bendit, Voynet, Placé et Duflot sont au diapason. La tendance est aux affaires de corruption supposée au sein du gouvernement, de conflit d’intérêts et de désir de justice et d’égalité. La figure d’éthique, même « vieille », de morale de rigueur et de rigueur toute nordique est, croit-on, la réponse du moment au sarkozysme et au désintéressement des Français pour la chose publique au son du « tous pourris ».

Eva Joly doit représenter au sein du mouvement une espèce d’idéal. Pour ne pas donner à voir « le spectacle d’une République confisquée par le spectacle des intérêts« , s’est emporté Edwy Plenel (poursuivi comme elle pour diffamation dans l’affaire Woerth-Bettencourt) avant de dîner ensuite avec la nouvelle passionaria des écolos en compagnie de Yannick Jadot (celui qui parlait à l’oreille d’Eva de 2012). Joly est au travail et cela devrait payer.

 

Gabriel Cohn-Bendit : «Europe Ecologie peut très bien faire 20% en 2012» 

Par Bastien Hugues  20/08/2010 | Figaro

INTERVIEW – Président des Amis d’Europe Ecologie, Gabriel Cohn-Bendit appelle les Verts à ne pas bloquer le processus de rassemblement écologiste prôné par son frère Daniel. 

LEFIGARO.fr – Pour beaucoup, l’entente affichée par Eva Joly et Cécile Duflot depuis le début des Journées d’été des écologistes n’est qu’une union de façade. Qu’en pensez-vous ?

Petit à petit, je crois que les choses avancent. L’été dernier à Nîmes, les Verts étaient farouchement opposés à une fusion avec Europe Ecologie. Cette année à Nantes, on ne se demande plus si un tel rapprochement est pertinent ou pas, mais on réfléchit à la forme la plus appropriée à adopter. Bien sûr, il y a parfois des désaccords, sur les projets comme sur les personnes, mais les militants auront le dernier mot.

Les petites phrases que s’échangent à distance votre frère, Daniel Cohn-Bendit, et le numéro deux des Verts, Jean-Vincent Placé, semblent pourtant illustrer le climat qui règne entre les Verts et les «non-Verts».

Non, Placé est simplement un apparatchik type. Il s’accroche à ses plans de carrière, et souhaitait que les Verts dirigent le futur rassemblement écologiste. Parmi les militants, certains comparent son comportement à celui de Staline au temps du Parti communiste. Mais aujourd’hui, Placé ne s’oppose plus à Eva Joly parce qu’il sait qu’il a perdu la bataille.

Selon vous, quelle forme le futur rassemblement doit-il adopter ?

Pour moi, il devra d’abord s’appeler Europe Ecologie. Les Verts doivent comprendre qu’il faut ouvrir une nouvelle page. Parmi eux, certains répètent sans cesse qu’il ne faut pas mélanger la gauche et la droite, qu’il faut se déclarer anti-capitaliste… Nous, nous leur disons : «Qu’est-ce que la gauche aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela signifie de se dire anti-capitaliste ?» Aujourd’hui, ces clivages et ces slogans sont dépassés. Nous devons en finir avec ces petites phrases qui ne veulent plus rien dire. En Île-de-France, un militant Vert sur deux n’a pas renouvelé sa carte afin de rejoindre Europe Ecologie. Cela montre une évolution.

«De Bové à NKM»

Jusqu’où le rassemblement peut-il s’étendre ?

Au moment des européennes, j’avais dit qu’on pouvait très bien aller de José Bové à quelqu’un comme Nathalie Kosciusko-Morizet, en passant par le MoDem. Mais la question n’est pas de savoir si Europe Ecologie doit s’ouvrir aux gens de gauche ou aux gens de droite. Si NKM aurait à mon sens sa place à Europe Ecologie, d’autres à l’UMP ou chez les villepinistes ne l’auraient évidemment pas.

Quelle stratégie le rassemblement écologiste adoptera-t-il en 2012 par rapport au Parti socialiste ?

Pour moi, les choses sont simples : nous devons commencer par organiser une primaire écologiste, où pourraient se présenter Eva Joly, Yves Cochet, Corinne Lepage ou d’autres. Puis nous proposerons au PS d’inclure notre candidat à leur primaire. Là, ce serait une vraie ouverture de leur part.

S’ils refusent, et que nous menons une campagne collective avec l’ensemble des écolos, nous pouvons très bien obtenir 20% au premier tour de la présidentielle, et négocier ensuite pour les législatives. Si on ne joue pas les idiots, nous avons un boulevard devant nous. Le problème, c’est que les écologistes sont capables du meilleur comme du pire, et que dans le pire, ils sont souvent les meilleurs.

 

 

 

José Bové met en garde le PS 

Par Rodolphe Geisler   20/08/2010 | Figaro 

José Bové: «La candidature d’Eva Joly fait consensus pour la quasi-totalité des écologistes.» (Crédits photo : ABACA)

L’ancien candidat à la présidentielle met en garde le PS contre toute tentation hégémonique.   

LE FIGARO. -L’idée de participer aux primaires de la gauche, un temps évoquée par Daniel Cohn-Bendit, vous semble-t-elle toujours d’actualité ?

José BOVÉ. -Le projet d’Europe Écologie (EE) est un projet autonome pour répondre à la fois aux crises sociale, économique et écologique. Cela nécessite de pouvoir présenter un candidat autonome, même si nous pensons qu’une alternative au pouvoir actuel nécessitera un partenariat avec d’autres forces politiques, notamment le PS.

Ne craignez-vous pas, en présentant votre candidat, d’hypothéquer un accord avec le PS pour les législatives de 2012 ?

Aujourd’hui, tout le monde est conscient que la logique du parti unique style UMP, ou du parti hégémonique façon PS des années Mitterrand, est dépassée. La victoire de la gauche en 2012 ne sera possible que par des rassemblements de forces capables de proposer des alternatives. Il ne faut pas confondre l’identité de chaque mouvement et la capacité de forces politiques de se rassembler pour proposer un programme de législation et de gouvernement. Je préviens nos amis socialistes que l’autonomie d’EE n’est pas négociable et que le débat sur les propositions ne pourra se faire que dans le respect des valeurs de chacun.

Qui d’Eva Joly, de Cécile Duflot, voire de Nicolas Hulot a votre préférence pour 2012?

Aujourd’hui, la candidature d’Eva Joly fait consensus pour la quasi-totalité des écologistes. Sa personnalité, sa droiture et son engagement au Parlement européen comme présidente de la commission de Développement des rapports Nord-Sud font d’elle une candidate qui permet à toutes les familles de l’écologie de se rassembler.

En novembre, à Lyon, auront lieu les Assises de l’écologie. Les Verts doivent-ils se dissoudre pour laisser la place à un nouveau parti?

Ce n’est pas la dissolution, mais plutôt la fusion de l’ensemble des mouvements de l’écologie dans un rassemblement qui doit être opérée. On ne demande pas à ceux qui ont construit les Verts pendant plus de vingt ans de perdre leur identité, mais plutôt d’apporter leur savoir-faire et leur analyse dans un mouvement qui dépasse les limites de ce parti. En pra­tique, EE devra respecter dans ces nouvelles instances l’ensemble des forces et trouver un mode de fonctionnement dans lequel chacun pourra se recon­naître.

N e craignez-vous pas un affrontement fratricide entre les «orthodoxes» des Verts, comme Jean-Vincent Placé, et les «rénovateurs» d’Europe Écologie comme Daniel Cohn-Bendit?

Il ne faut pas être naïf. Chacun est porteur d’une histoire particulière et ce rassemblement ne pourra faire l’impasse sur les débats ni sur la question des ego. Malgré cela, la volonté à laquelle on assiste à Nantes est de construire sur ce qui nous rassemble plutôt que de chercher ce qui pourrait nous diviser.

 

Publié le 20/08/2010 à 18:22 AFP

Journées Verts-EE: Cohn-Bendit continue à jouer sa petite musique en solo 

Mme Duflot a simplement lâché: « moi, je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale » mais « profondément écologiste » et « l’écologie est pour moi héritière des valeurs de gauche ».

Daniel Cohn-Bendit a continué vendredi à jouer sa petite musique en solo, se démarquant de ses amis notamment sur la question des retraites, alors que Verts et Europe Ecologie réunis à Nantes parlent projet et alliances en vue de 2012 avec leurs partenaires.

A son arrivée sur le campus nantais vers midi, le co-président des Verts au Parlement européen a mis les pieds dans le plat alors que les Verts et même Eva Joly défendent l’âge légal à 60 ans: « on va pas me dire que le marqueur gauche-droite, c’est 60/62 ans, c’est complètement débile! ».

« Il faut dire quelles sont les conditions pour que les citoyens puissent choisir le moment où ils veulent décider d’être à la retraite », avait martelé la veille celui qui veut « conquérir l’électorat populaire qui se dit ni de droite ni de gauche » (un tiers des électeurs EE, selon OpinionWay).

Arrivé par ses propres moyens sur le site du futur aéroport Notre-Dame-des-Landes alors que tous les autres « Europe-Ecologistes » avaient pris place dans un bus, « Dany » a de nouveau fait dans la provocation. Alors que ses amis plantaient un chêne contre ce projet soutenu par les socialistes, il s’attardait avec les journalistes.

Toujours entouré d’une nuée de caméras et micros, celui que plus personne ne veut froisser tant il sert au rassemblement, a redit avoir « démissionné de (s)on poste de Zorro ».

Mais tout en assurant que les négociations sur le futur d’EE se feraient sans lui, il a tenu à donner sa formule: Eva Joly à la présidentielle et une fusion EE-Verts avec « deux secrétaires nationaux, Cécile Duflot et Yannick Jadot », ce qui crispe dans l’entourage de la numéro un verte.

Il est allé jusqu’à lancer, goguenard et riant avec les journalistes: « j’ai déjà dit, chez les Verts, que j’allais démissionner, c’est dans la logique de l’Histoire! ».

Dans la matinée, Mme Duflot avait salué le « génie cristallisateur » de « Dany », « tout le monde a besoin qu’il soit là ». « Dany est dans son rôle de précurseur et nous dit +prenez le risque du débat et d’être politiquement incorrect+ », a réagi Noël Mamère.

Alors qu’un débat devait se tenir en fin de journée sur le projet et les alliances pour 2012 avec Pierre Moscovici (PS) et Corinne Lepage (Cap21), le député-maire de Bègles a déclaré: « avant de parler de l’arc républicain, parlons de l’arc écologiste! ».

DCB, qui n’assistera pas à la dernière Journée d’été samedi, a répété que « le slogan anticapitaliste ne veut rien dire » chez les écolos, soutenu en cela par Mme Lepage contre Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts.

L’ex-vice-présidente du MoDem, venue « dans un esprit de grande ouverture », a souhaité « trouver une synthèse » pour que « l’écologie soit la grande force du XXIe siècle ».

Mme Duflot a simplement lâché: « moi, je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale » mais « profondément écologiste » et « l’écologie est pour moi héritière des valeurs de gauche ».

« Le problème, ce n’est pas être plus à gauche que moi tu meurs, mais essayer de répondre aux angoisses de toute la société », a lancé « Dany ».

Pour le rassemblement écologiste, il s’agira donc de trouver un « vrai projet de gouvernement » sans se cantonner aux questions écologiques, selon Yannick Jadot. Car pour l’eurodéputé, il ne faut pas simplement recréer l’union de la gauche avec un programme commun mais « construire le plus loin possible l’autonomie de l’écologie politique ».

Les écolos ont donc commencé à mettre la pression sur le PS en demandant que « l’abandon du projet » d’aéroport Notre-Dame-des-Landes soit inscrit dans les accords pour 2012.

 

Les écologistes français divisés sur leur ancrage à gauche 

Reuters – 20 août 2010 

Si la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle fait consensus dans les rangs des écologistes, les dirigeants du mouvement restent divisés sur la stratégie politique à adopter dans la perspective de 2012.

Les tenants d’une ligne marquée clairement à gauche se sont ainsi opposés vendredi à Daniel Cohn-Bendit sur l’emblématique question de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans lors des Journées d’été d’Europe Ecologie, qui se tiennent depuis jeudi et jusqu’à samedi à Nantes (Loire-Atlantique).

« Nous devons être les défenseurs d’une flexibilité qui répond à la flexibilité de la société », a dit le député européen devant la presse. « Si certains veulent partir à 58 ans, d’autres veulent continuer à travailler jusqu’à 63-64 ans en travaillant moins. Il est intenable de faire du départ à la retraite à 60 ans un marqueur idéologique. »

« Je ne veux pas que le vert-correct nous empêche de réfléchir ou de discuter », ajoute le dirigeant de Mai 1968. « La réalité est complexe, et les slogans sont bêtes. Dire que nous sommes anticapitalistes, par exemple, c’est bête. »

Le député européen franco-allemand, souvent considéré comme étant trop à droite au sein du mouvement écologiste, s’est exprimé alors qu’un sondage interne, rendu public à l’occasion des Journées d’été, indique qu’un tiers des électeurs d’Europe Ecologie ne se considèrent pas comme « de gauche ».

POSITIONNEMENT STRATÉGIQUE

Mais la question de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans demeure « un curseur idéologique, un marqueur à gauche extrêmement important », considère Jean-Vincent Placé.

« On peut toujours en discuter, mais il ne peut y avoir d’accord politique sans accord de doctrine général », a déclaré à Reuters le numéro deux des Verts, tenant d’une ligne clairement à gauche pour le mouvement écologiste.

« La position de Daniel Cohn-Bendit est la position de quelqu’un qui vient d’Allemagne, où l’organisation de la société n’est pas tout à fait la même qu’ici », a également nuancé devant des journalistes Noël Mamère, député (Verts) de Gironde.

L’enjeu du positionnement d’Europe Ecologie est d’autant plus stratégique qu’il faudra au mouvement recueillir deux fois plus de voix en 2012 qu’aux élections régionales de 2010, pour espérer obtenir 15 % au premier tour des élections présidentielles et réitérer ses performances récentes.

Daniel Cohn-Bendit n’a pas caché sa « lassitude » devant des débats qui lui semblent éloignés des réalités et, notamment, de l’articulation entre les Verts et Europe Ecologie, le mouvement créé il y a deux ans pour les élections européennes.

« Je suis las des faux débats », a-t-il dit sur i>Télé.

Yves Cochet, député (Verts) de Paris, minimise lui les dissensions internes à Europe Ecologie.

« Bien sûr, comme dans chaque formation politique, comme dans chaque syndicat, comme dans chaque association, il y a quelques mots des uns et des autres mais je crois que ce que l’on ressent depuis le début de ces Journées d’été hier matin, c’est plutôt un processus de convergence », a-t-il déclaré à RFI.

Yves Cochet a par ailleurs réaffirmé qu’il serait candidat aux primaires au sein du mouvement écologiste, appelées de ses voeux jeudi soir par Eva Joly, l’ancienne juge d’instruction de l’affaire Elf, soutenue par la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit.

« Moi j’ai plus un parcours politique, j’ai une bonne expérience évidemment depuis longtemps. Peut-être y aura t-il d’autres candidatures et puis il y aura des primaires écolos, je l’espère, au printemps 2011″, a-t-il déclaré. Edité par Yves Clarisse

 

Les écologistes font l’union… non sans failles (Ouest France) 

vendredi 20 août 2010 

 

Cécile Duflot et Eva Joly affichent une belle unité. Elles se déclarent déterminées à travailler ensemble au projet politique d’Europe Écologie. 

Participation record aux journées d’été d’Europe Écologie-Les Verts, qui ont débuté hier à Nantes. Mais, derrière l’unité de façade, les luttes d’appareil continuent. 

Il est dix heures. Dans l’amphi E de la fac de droit, les journées d’été d’Europe Écologie-Les Verts peinent à s’ouvrir. Ambiance cool à l’extérieur, où les militants échangent en fumant. 

 La présentation du projet du futur grand aéroport de l’Ouest, calé en début de plénière, aurait déjà dû commencer. La salle de 790 places est enfin comble. Ovation debout pour Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts, qui attaque : « Nous débutons ces journées sur un combat local emblématique : Notre-Dame-des-Landes… » 

Et de chauffer l’ambiance : « Nous explosons nos records à une université d’été écologiste, avec plus de 2 000 participants… » Moral gonflé à bloc, les militants se prennent à croire aux lendemains qui chantent. « Notre mouvement Europe Écologie et Verts est en marche, et ça fonctionne, clame Cécile Duflot, qui vient de renoncer à être candidate à la présidentielle de 2012. Nous n’avons pas le droit d’échouer. C’est une responsabilité historique ! » 

Cohn-Bendit est las 

Dans l’amphi D voisin, on a déjà élargi le débat aux attentes de la société et à la manière de construire « tous ensemble » le projet écologiste. Avec en invité le gaulliste Jean-Paul Delevoye, médiateur de
la République. « De grands efforts nous attendent pour restaurer la confiance », affirme Eva Joly, candidate à l’investiture pour la présidentielle de 2012, dans un discours de nature à satisfaire toutes les tendances. « Frappée par les disparités en France », elle croit au lien social, à une économie verte et au retour de la justice, qui constituent à ses yeux « un petit espoir de réparation ». 

Si les troupes semblent prêtes à marcher derrière l’ex-magistrate, poussée sur le devant de la scène par Daniel Cohn-Bendit, Dany, paradoxalement, semble un peu excédé : derrière le discours d’union (Verts et Europe Écologie doivent fusionner en novembre) les luttes de pouvoir continuent, ce qui inquiète les militants. « Il y a des personnalités qui ne rêvent que d’avoir un appareil en main, c’est leur vie », lance l’eurodéputé franco-allemand à Jean-Vincent Placé, le n°2 des Verts. « Lassé des crises épidermiques », Dany veut « prendre des distances. Aujourd’hui, la construction d’Europe Écologie ne passe pas par moi ».  Jocelyne RAT. 

 

Moscovici : « Il faut travailler sur un programme avec les écologistes, pas seulement sur des accords » (Le Monde) 

20.08.10 | 19h19  •  Mis à jour le 21.08.10 | 12h22 

La question des négociations avec le PS est un des thèmes des journées d’été d’Europe Ecologie, où le camp écologiste est divisé sur la question. Le député socialiste Pierre Moscovici, présent vendredi 20 août à Nantes pour un débat, estime que le programme est aussi important que les « simples accords d’appareil ».  

Certains écolos comme Yannick Jadot espèrent discuter rapidement avec le PS de répartition de circonscriptions aux législatives, sans conclure d’accord sur le programme. Etes-vous prêt ? 

Les deux choses sont liées. Il faut se mettre d’accord sur le contenu et la plate-forme de convergence est large. Le but : fonder une base de gouvernement alternatif durable. Rien n’empêche de discuter de circonscriptions, d’un groupe parlementaire. Mais il faut travailler sur les deux plans, dans une volonté d’unité. Et le PS est sorti du vieil hégémonisme vis-à-vis de ses partenaires. Voyez l’exemple de Rambouillet, où le PS, dans une circonscription symbolique, a soutenu la candidate écolo au premier tour aux législatives. 

On ne peut discuter des circonscriptions sans discuter programme commun ? 

Non. Il ne s’agit pas de gommer nos différences de fond. Mais nous ne pouvons laisser des flous de programmes ou nous reposer sur de simples accords d’appareil. Il faut bâtir une alternative à Sarkozy, avec un fonctionnement commun qui soit différent de celui de l’ancienne gauche plurielle. 

Quelle différence peut-il y avoir par rapport à la gauche plurielle ? 

Il faut que les partenaires de la formation aient leur liberté. Et que la base de programme soit plus puissante et poussée, plus approfondie. Si on laisse des points de flou, il y a des frustrations, cela crée des discordances dans le gouvernement. C’etait le cas à la fin du gouvernement Jospin. La pluralité s’est mue en cacophonie et il y a eu à la fin le 21 avril 2002, un drame. 

Quels sont les thèmes sur lesquels PS et écologistes divergent ? 

D’abord, il faut parler de la convergence, qui est solide. Le socialisme écologique. Le PS a fait sa conversion écologique, même s’il existe des nuances par rapport à l’écologie défendue par les Verts et Europe Ecologie. Nous sommes pour la production et la consommation, et le maniement de l’outil fiscal pour orienter l’économie. On peut aussi citer la construction européenne et l’attachement aux libertés, contre le tout-sécuritaire. 

Et les divergences ? 

Sur la croissance. Nous ne sommes pas pour la décroissance. Il existe également des désaccords sur les transports ou l’énergie. Mais le sentiment, c’est que sur l’essentiel, nous pouvons nous rassembler. Nous ne sommes pas là pour nous pacser, pour faire un parti unique. Mais nous avons une responsabilité commune de ne pas donner un nouveau bail à Sarkozy. 

Le duo Eva Joly-Cécile Duflot, symbole de la paix chez les écolos ? 

LEMONDE.FR | 20.08.10 | 08h53  •  Mis à jour le 20.08.10 | 11h19 

Eva Joly et Cécile Duflot côte à côte, souriant. Pour certains, cela pourrait être l’image à retenir de ces Journées d’été des écologistes, ouvertes jeudi à Nantes. Le symbole d’une fusion harmonieuse entre Europe Ecologie et les Verts, qui cherchent en se mariant à pérenniser leurs succès électoraux. 

L’ancienne juge pourrait être la candidate écologiste à la présidentielle. Elle ne l’exclut pas et, surtout, la secrétaire générale des Verts, sa potentielle rivale, a affirmé, dans une interview parue ce même jeudi dans Le Nouvel Observateur, qu’elle était « réticente » à se présenter en 2012. Duflot semble avoir adoubé Joly, plus connue pour sa lutte contre la corruption que pour la protection de l’environnement : « Eva est une vraie écolo », a-t-elle notamment dit. Mieux, elle a évoqué l’idée d’un « ticket » Joly-Duflot – l’une briguant l’Elysée, l’autre Matignon –, une formule avancée par l’universitaire Bastien François, également présent à Nantes. D’où ce symbole d’Eva et Cécile, tentant, qui trancherait avec les querelles récentes et passées des écologistes. 

Tout n’est pas pourtant pas simple. La personnalité d’Eva Joly séduit certes une grande part des militants, qui l’ont largement applaudie, notamment jeudi soir en plénière. Les rares qui disent qu’ils lui auraient préféré Cécile Duflot pour 2012 semblent prêts à se ranger: « Si je devais me prononcer sur l’idéologie, plus que sur le réalisme politique, je choisirais Cécile », résume Eric Morgen, assistant du groupe Vert à la région Franche-Comté. L’idée de « ticket », rejetée par Daniel Cohn-Bendit ou José Bové, fait moins l’unanimité. Plus profondément, on sent chez les militants écologistes une méfiance vis-à-vis de la présidentielle. En disant jeudi matin « j’en ai marre de 2012″, le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye s’est d’ailleurs fait applaudir. Comme si certains craignaient que la médiatisation autour des champions écolos ravive de mauvais réflexes politiques. 

D’ailleurs, Daniel Cohn-Bendit a détoné, tout ce jeudi, affichant plusieurs fois sa « lassitude », devant des grappes de journalistes. « La vérité aujourd’hui, c’est que la construction d’Europe Ecologie ne passe pas par moi », a notamment déclaré l’eurodéputé Europe Ecologie. Ou encore: « Il y a des personnalités qui ne rêvent que d’avoir un appareil en main, c’est leur vie, si je n’étais pas poli, je dirais que ça les fait bander »… Que veut dire Dany ? « Il essaye de forcer un peu la marque », sourit Louardi Boughedada, Vert adjoint au maire de Dunkerque, présent lors du Comité d’animation et de pilotage (CAP) tenu mercredi entre les dirigeants Verts et EE. Une façon de dire que Cohn-Bendit cherche à faire monter les enchères dans les négociations en cours entre les deux structures. « Dany est fatigué par certaines choses qui sont dites, comme cette histoire de ‘ticket’ Eva-Cécile », estime Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie, également présente au CAP. Certains voient dans le duo le signe d’un « deal » passé entre les Verts et Europe Ecologie : en échange de sa bienveillance pour la candidature d’Eva Joly en 2012, Cécile Duflot récupèrerait la direction du futur parti « unifié », qui doit naître lors des Assises du mouvement, à Lyon en novembre. 

« Il n’y a pas de deal », insiste pourtant Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie. L’ancien de Greenpeace explique que les Verts refusent pour l’instant l’idée d’une direction collégiale ou bicéphale pour le futur parti. Un point crucial aux yeux de membres d’Europe Ecologie: si le futur parti n’a qu’une tête – et celle de Cécile Duflot –, cela veut dire que le parti Vert n’a accompli qu’une « demie-mue », argumente Sandrine Bélier. 

Une des surprises des Journées d’été, annoncée jeudi soir par Eva Joly, est peut-être à lire dans le cadre des négociations en cours : l’ancienne juge a fait un tabac en annonçant qu’elle souhaitait l’organisation de primaires écologistes ouvertes pour 2012. Elle conquèrerait ainsi sa légitimité. 

Beaucoup de choses restent à écrire, dans l’avenir du mouvement. « Les réunions de tendances ont toujours lieu, mais cette année, on ne les annonce plus publiquement », s’amuse un militant des Verts de longue date, histoire de dire que des tractations ont encore lieu entre les anciens courants du parti écolo.  » C’est sûr que beaucoup chez les Verts se demandent ce qu’ils vont devenir, c’est normal, certains ont gravi les échelons pendant des années. Ce protectionnisme est récent », reconnaît Jérôme Rohart, élu Vert à Tourcoing. Mais le militant entré au parti en 1989, souligne surtout, comme beaucoup, les bons côtés de la dynamique en cours depuis l’émergence d’Europe Ecologie: « Notre groupe local a doublé ses militants, on a gagné 3 points à une cantonale partielle en juillet et fusionné les deux structures Verts et EE. Et ça marche. » 

Les discussions entre dirigeants écologistes, elles, ne manqueront pas de se poursuivre vendredi et une réunion est prévue samedi. 

Pour tout savoir sur les Journées d’été de Nantes, suivez @apiquard sur Twitter 

Alexandre Piquard 

 

Corinne Lepage : « La vraie question c’est ‘quel projet’ » doit porter l’alliance Verts-Europe Ecologie ? (Le Monde) 

20.08.10 | 11h20 

Vous avez récemment dénoncé un « pacte » entre des dirigeants des Verts et d’Europe Ecologie, pour un « virage à gauche ». Ce pacte est-il selon vous acté ? 

Je ne parlais pas d’un pacte gravé dans le marbre. Mais on a l’impression, vu de l’extérieur, qu’une répartition des rôles s’est faite : aux Verts le contrôle de l’appareil du futur parti, à Europe Ecologie, via Eva Joly, la candidature à la présidentielle. Je n’ai rien contre Eva Joly, au contraire, mais la vraie question est : « quel projet ? » Sera-t-il, comme le veut Daniel Cohn Bendit, ouvert, ou reprendra-t-il celui des Verts ? 

Quelles différences y a-t-il la ligne « de gauche » des Verts et la vôtre ? 

Sur le développement économique, s’il y a un a priori anticapitaliste et antilibéral, je ne suis pas pour. Je suis contre le capitalisme financier, pas entrepreneurial. Contre le néolibéralisme, pas contre le libéralisme, qui n’est pas un gros mot, car il parle aussi de libertés. La décroissance… ça ne me plaît pas trop. La croissance infinie non plus. Je suis pour « l’évolution soutenable »: il faut créer de la valeur économique car un problème majeur reste l’emploi. Sur la nécessité d’une VIe République, sur la justice, nous avons les mêmes positions. Sur la sécurité, je suis moins certaine que nous soyons d’accord. 

Ce « virage à gauche » supposé du mouvement, est-il acquis, décidé ? 

L’histoire le dira… Parmi les non-Verts, il y a des tendances différentes, des anciens communistes, des gens du Modem, il faut voir ce qu’ils veulent faire. J’irai plus loin : l’intérêt de la démarche de Cohn Bendit, c’est l’ouverture. Les petits arrangements d’appareil ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. 

Vous espérez donc encore pouvoir contrer ce « virage »
Si je suis là, c’est parce que je suis ouverte au débat. Nous sommes à un moment historique. N’allons pas nous embourber. 

Vous êtes donc optimiste sur l’issue des discussions en cours ? 

Je le suis toujours, depuis longtemps… Ça va être très difficile. 

Si la ligne « de gauche » l’emportait, vous en tireriez des conséquences ? 

On va discuter, avec les gens de mon mouvement. Mais il n’y a pas le feu au lac. 

 

Corinne Lepage : « La décroissance n’est pas porteuse d’espoir » 

| 20.08.10 | 11h00  •  Mis à jour le 20.08.10 | 13h03 

 

Pour Corinne Lepage, « nous devons faire du ‘bien-vivre’ un objectif partagé qui repose sur la sécurité humaine ». 

Si l’écologie politique décide d’être le porteur de la décroissance et d’un projet défini comme avant tout anticapitaliste et antilibéral, alors elle ratera le coche de l’Histoire qui propose au monde multiple de l’écologie politique d’être le passeur d’une civilisation à une autre, et ce grâce à un projet de transition. 

Les drames climatiques de l’été ont une fois de plus illustré ce que sera le monde du changement climatique avec ses tragédies individuelles et ses risques collectifs. Pour autant, le prochain sommet sur le climat à Cancún s’annonce très mal ! 

Certes, les menaces économiques font planer les plus grands doutes sur la reprise. La faiblesse de la création d’emplois, la persistance d’un chômage à deux chiffres et touchant, dans le monde entier, les jeunes de plein fouet rendent très pessimiste. Et pourtant, la transformation du système financier apparaît des plus modestes. 

Mais le projet d’une décroissance, même qualifiée de prospère (ce qui est un oxymore du même ordre qu’une croissance durable), ne peut aucunement fédérer nos concitoyens et constituer un projet porteur d’espoir. D’ailleurs, les décroissants l’abandonnent progressivement. 

Dans un ouvrage, Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable (De Boeck, « Planète en jeu », 248p., 17euros), Tim Jackson, de
la Commission du développement durable du Royaume-Uni, propose d’abandonner le terme et l’idée pour proposer un autre modèle, proche de ce que j’ai appelé l’évolution soutenable. 

Plusieurs changements sont nécessaires : il faut avant tout passer d’un modèle économique à deux dimensions (travail et capital) à un modèle macroéconomique à au moins trois dimensions, introduisant le principal facteur de rareté issu de la finitude de notre planète. Il est également indispensable de modifier notre rapport au travail. 

Dans le système actuel, le travail est avant tout un coût de production qu’il convient de réduire pour les entreprises, et le moyen d’assurer son existence, qu’il convient donc de conserver coûte que coûte, pour le travailleur. 

En prenant la dimension sociale du travail comme un des éléments d’existence dans une société, on ajoute une nouvelle valeur à ce travail. Le travail devient une valeur sociale centrale du modèle macroéconomique qu’il faut à tout prix préserver, développer, voire partager. Mettre l’emploi au cœur des politiques permet de poser les questions de revenu disponible et de statut des individus dans la société. Mais il implique aussi de changer le rapport à l’entreprise et cesser les amalgames entre les entrepreneurs et le casino de la finance. Il faut enfin changer notre manière de consommer pour aller vers un acte raisonné où le service rendu, à savoir la satisfaction du besoin réel, et la façon dont ce produit ou ce service est obtenu sont les principaux paramètres du choix. 

La macroéconomie soutenable redonne au politique son rôle et ses droits, celui d’un investisseur de long terme, cependant que le capitalisme évolue vers un capitalisme entrepreneurial. Dans cette conception, l’idée de décroissance a disparu et laisse une place à l’innovation et au progrès, à la recherche d’un bien-être collectif, à de nouvelles activités en lien avec le territoire et la réhabilitation de l’entreprise en lieu et place de l’ingénierie financière. 

A l’écologie politique de porter ce projet comme un projet de transition, qui respecte la réalité mais nous met en ordre de bataille pour un projet collectif capable de résoudre les contradictions dans lesquelles nous sommes plongés. 

A titre individuel, partagés entre les contraintes du quotidien et la prise de conscience des changements du monde. Mais aussi, à titre collectif, tiraillés entre les nécessités du court terme et de la compétition internationale (qui existe même si on ne peut que regretter la compétition entre Etats), et du long terme, de la justice intra et intergénérationnelle. 

Notre vocation est de pousser à la construction, avec nos concitoyens et non dans des cénacles partisans quels qu’ils soient, d’un projet qui propose des solutions concrètes aux besoins de notre pays. Nous devons, coûte que coûte, réconcilier le possible et le souhaitable, faute de quoi nous rendrons impossible le souhaitable et détestable le possible. 

C’est ici et maintenant que nous pouvons y parvenir, en nous dotant de nouveaux instruments de mesure, en dehors du PIB, en particulier sur l’évolution de l’emploi et celle du patrimoine collectif, humain et environnemental. Ils permettront de mesurer la soutenabilité, la santé, le bien-être, l’éducation… 

Ces instruments permettront aussi de changer l’évaluation des politiques publiques, de reconvertir les industries du XXe siècle et de favoriser le tissu des PME et non des « champions nationaux ». Nous faisons le contraire ! Ils permettront enfin d’aborder la question de la dette en différenciant l’investissement (y compris dans la plus grande richesse qui soit : les humains) du fonctionnement. 

Nous devons faire du « bien-vivre » un objectif partagé qui repose sur la sécurité humaine. L’intégrité de la personne ne se divise pas et inclut la santé, la protection contre les risques naturels et technologiques, les accidents de la vie autant que la protection indispensable contre les violences en tous genres, à commencer par celles faites aux femmes. Cette société de transition que nous devons porter, qui rend possible le souhaitable, n’est envisageable que dans le cadre d’une gouvernance publique et d’entreprise profondément rénovée, dans une République à laquelle nous sommes fiers et heureux d’appartenir, dans la reconquête de l’espoir d’une vie meilleure. Corinne Lepage, députée européenne et présidente de CAP 21 

Article paru dans l’édition du 21.08.10 

 

« Décroissance »,  le mot qui met les écolos en ébullition – 20 août 2010 

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd’hui, c’est qu’il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d’été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l’applaudimètre avec… Corinne Lepage, l’ancienne ministre de l’Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem

C’est son camarade Yves Cochet [5], « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l’a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit [6], déjà exaspéré lors du premier jour [7] de ces rencontres par l’incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l’amphi bondé de près d’un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l’écologie politique, chacun semble d’accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s’impose », mais entre l’avocate centriste et l’apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Corinne Lepage, en pleine opération séduction, se la joue modeste et s’attend à se faire huer à chaque phrase. Elle fait le plus grand pas possible en direction de la frange rouge d’Europe Ecologie :

« J’arrive, au bout de trente-cinq ans de combat écologique, au constat que le développement durable nous propose de continuer avec un modèle qui ne tient pas la route.

Je n’aime pas le terme de croissance, je ne l’emploie jamais. Mais il est impossible à court terme d’instaurer la décroissance. »

« Des slogans qui ont une barbe incroyable » 

Son discours rejoint largement celui de Daniel Cohn-Bendit. Je le croise errant comme une âme en peine dans les couloirs de la fac de droit, un peu plus tôt dans la matinée. Il refuse lui aussi de se laisser enfermer dans le débat croissance/décroissance :

« On a besoin d’une transformation écologique des entreprises, ça ne se fera qu’avec des entrepreneurs. L’anticapitalisme, c’est la recherche de slogans qui ne fonctionnent pas.

L’attraction d’Europe Ecologie, c’est d’accepter la complexité. On ne réduit pas cette complexité en sortant des slogans qui ont une barbe incroyable. Si on a envie de ça, on revient à 1,5% des voix. »

La position de l’eurodéputé José Bové [8] n’est pas si éloignée. Sans s’être concerté avec son camarade de Strasbourg, il lance :

« Le terme de décroissance a été un très bon slogan coup de poing face à tous ceux qui croyaient au dogme de la croissance, indépassable. Ecrouler ce mythe, c’était important mais la réponse n’est pas dans le slogan.

Il faut se demander comment on fait croître la solidarité, la défense de la planète, une économie plus sobre et comment on fait décroître l’impact sur le climat, etc. Il n’y a pas une réponse en noir et blanc, pas un mot qui peut résumer tout. »

A la tribune aux cotés de Corinne Lepage, le député de Paris Yves Cochet réjouit les militants lorsqu’il dénonce « la croissance actuelle au sens d’Aubry et de Fillon qui est antisociale, anti-économique et anti-écologique. » Et de proposer, puisque « la décroissance est notre destin », quatre solutions :

  • l’autosuffisance locale et régionale ;
  • la décentralisation géographique des pouvoirs ;
  • la relocalisation économique ;
  • et la planification démocratique.

« Il faudra rompre vite et fort avec le capitalisme » 

Invitée, la sociologue (proche du PS) Dominique Méda [9], qui a longuement réfléchi sur la question des indicateurs de richesse, ne voulait pas du terme de décroissance jusqu’à ce qu’elle lise l’ouvrage de l’économiste britannique Tim Jackson [10] « Prospérité sans croissance, transition vers une économie durable ». Celui-ci l’a incitée à aller « vite et fort vers la décroissance. Mais pour cela, il faudra rompre vite et fort avec le capitalisme. Et est-ce que les gens vont accepter d’avoir beaucoup moins de revenus ? »

Les questions des revenus et de la popularité n’inquiètent pas du tout Paul Ariès. Dans le programme politique qu’il s’apprête à proposer à tous les partis de gauche, il veut un revenu garanti (élevé) et versé en partie en « droit de tirage sur les biens communs », et un revenu maximal autorisé.

Haranguant la foule avec un vrai talent d’orateur, Paul Ariès lance :

« Il faut rendre la décroissance désirable, sinon nous n’arriverons pas à convaincre les gens de peu que la décroissance économique est une croissance en humanité. Le bon combat n’est pas de manifester pour le pouvoir d’achat mais d’étendre la sphère de la créativité. »

Et de conclure, en forme de quasi-menace :

« Il y aura des gagnants et des perdants, il s’agit de savoir lesquels et de se ranger dans le bon camp. »

Photos : Bové, Duflot, Joly et Cohn-Bendit aux Journées d’été Les Verts-EE à côté de Nantes, le 20 août (Stéphane Mahé/Reuters) ; Corinne Lepage et Paul Ariès aux Journées d’été des Verts et d’Europe Ecologie à Nantes (Sophie Verney-Caillat /Rue89).

 

20/08/2010 à 00h00

Europe Ecologie : les je de stratégie (Libération) 

Cohn-Bendit, Lepage, Duflot et Joly ont monopolisé l’attention, hier, aux journées d’été de Nantes. 

Par MATTHIEU ECOIFFIER Envoyé spécial à Nantes

L’eurodéputée Eva Joly (G), Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, le 19 août 2010 aux Journées d’été Verts-Europe Ecologie à Nantes (AFP Bernard Loubinoux)

Les questions d’organisation «ça ne me fait pas bander», lâchait hier matin Daniel Cohn-Bendit, en marge des journées d’Europe Ecologie et des Verts à Nantes. Apparemment, il n’est pas le seul puisqu’uniquement 8 000 personnes ont adhéré au nouveau mouvement en cours de création. Dont «moins de 3 000 Verts sur les 7 000 qu’ils revendiquent», rappelle Pascal Durand, le délégué national d’Europe Ecologie. En revanche, la ligne politique et le périmètre du rassemblement des écologistes, ça fait toujours frétiller l’ancien leader de Mai 1968.

13 h 30. Eva Joly et Cécile Duflot se font des mamours devant les caméras pour symboliser l’accord obtenu la veille à l’unanimité entre Verts et non-Verts pour que les assises de l’écologie politique accouchent mi-novembre d’un mouvement unifié. Cohn-Bendit, lui, reste en retrait et ronge son frein.

Le lancement sur orbite de la candidature d’Eva Joly à la présidentielle, et la mise au frigidaire de celle de Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, est un «vecteur d’unité pour les militants», se réjouit François de Rugy, député de Loire-Atlantique. Mais l’image du nouveau tandem Eva-Cécile marginalise de fait Cohn-Bendit. «Il faut que je prenne l’air», confie-t-il avant d’aller faire trempette à La Baule à l’heure du déjeuner. Non sans avoir dézingué au préalable la dernière offensive de Jean-Vincent Placé, le numéro 2 des Verts.

«Sectaires». Le lieutenant de Duflot s’est finalement rallié à la candidature d’Eva Joly, mais en lui collant le brevet «d’anticapitaliste». De quoi énerver le libéral-libertaire Cohn-Bendit, promoteur d’un rassemblement ouvert, allant des altermondialistes aux centristes. «Sarko prend les gens pour des imbéciles, nous, il ne faut pas qu’on les prenne pour des cons. On vit dans une économie de marché, la question, c’est comment la transformer. Si la ligne anticapitaliste était la solution pour résoudre le problème de l’insécurité, ça se saurait», a-t-il balancé.

Dans l’amphithéâtre, Cohn-Bendit ironise sur le public – un millier de militants dont pas mal de Verts – applaudissant le discours «gaulliste et conservateur» du chiraquien Jean-Paul Delevoye, le médiateur de
la République. Cohn-Bendit n’a toujours pas avalé d’avoir dû annuler fin juillet un «atelier foot» avec Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Sports, après la bronca d’un «noyau dur de Verts». Il avait menacé de boycotter ces journées d’été. Il est venu, mais ne peut s’empêcher d’aller chercher les Verts «gauchistes et sectaires».

Attendue aujourd’hui à Nantes pour un atelier, Corinne Lepage, ancienne vice-présidente du Modem dont beaucoup de camarades de son microparti Cap 21 ont déjà rejoint Europe Ecologie, se dit «sans exclusive» mais sceptique. «Est-ce que le rassemblement ira jusqu’aux écolos humanistes et démocrates ? Ou bien les Verts ont-ils lâché sur la présidentielle pour garder le bébé Europe Ecologie sur une ligne « à gauche toute » ? Quand j’entends Placé dire que le projet ne peut qu’être anticapitaliste, ou Yves Cochet sur la décroissance, je m’inquiète, confie-t-elle. Je suis très antinéolibérale, mais le capitalisme entrepreneurial, je ne suis pas contre.» Et l’ancienne dirigeante du Modem d’enfoncer le clou : «Il faut quitter les rives d’un idéal inaccessible et le rêve d’un grand soir pour construire la transition du modèle de développement. Si on est trop loin du possible, on fera 5%.»

Gabriel Cohn-Bendit, le frère aîné de «Dany», a une autre analyse des hésitations de Lepage : «Corinne a dit qu’on avait mis Eva en avant pour la contrer elle. En fait, c’était plutôt contre Cécile. En revanche, ils ne sont toujours pas clairs ici, s’ils veulent des gens comme Lepage ou non.»

14 heures. Entre les stands de bière et de papier bio, des militants d’Europe Ecologie s’envoient par SMS un photomontage représentant Jean-Vincent Placé en Mao Zedong. Et s’esclaffent. Entre les Verts et les nouveaux adhérents d’Europe Ecologie, c’est maintenant l’éventuelle arrivée de Lepage qui fait débat.

«Débattre».«Europe Ecologie doit être ouvert à tous ceux qui s’y sentent à l’aise», assure José Bové. «Au Parlement européen», où Lepage a été élue en 2009, mais sous les couleurs du Modem, «elle vote avec nous, y compris sur les dossiers économiques», assure-t-il. Mais, au sein des Verts, les avis sont partagés. «Elle a été ministre de Juppé, elle a soutenu Bayrou, puis quitté le Modem. Si elle veut nous rejoindre, elle le peut», fait valoir François de Rugy.

Son ami Placé n’est pas sur la même longueur d’onde. «On ne partage pas la même conception de l’écologie et de l’économie. On l’accepte pour débattre, mais cela n’engage à rien.» Mais il a invité Eva Joly, qu’il avait traité en juin de «vieille éthique», à boire un thé à la brasserie chic de
la Cigale cet après-midi.

20/08/2010 à 00h00

Ecologiste. Repères 

Les Verts

La création des Verts en 1984 marque l’entrée dans le cercle des partis politiques du mouvement écologiste né avec la candidature de René Dumont à la présidentielle de 1974. Les Verts sont depuis présents à toutes les élections, parfois seuls, parfois en alliance avec le PS. En 2002, Noël Mamère obtient 5,25 % à la présidentielle. Mais, en 2007, Dominique Voynet ne récolte que 1,57 %. Les Verts ont 4 députés, 5 sénateurs et 8 députés européens.

Europe Écologie

En 2007, des personnalités issues de partis et associations écologistes se retrouvent pour créer un mouvement plus large. Baptisé Europe Ecologie (EE), il réunit des Verts, des historiques (Daniel Cohn-Bendit, José Bové), des associatifs (Yannick Jadot de Greenpeace, Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot). Aux européennes de 2009, EE obtient 16,28 % des voix et 14 élus (dont 8 Verts).

Cap 21

Corinne Lepage fonde ce petit parti en 2000. Avocate des victimes de l’Amoco Cadiz dès 1978, militante de Génération écologie, ministre de l’Environnement d’Alain Juppé (1995-1997), elle incarne l’écologie de droite. Candidate à la présidentielle en 2002, elle se rapproche de l’UMP, puis en 2007 de François Bayrou. Elle est élue eurodéputée en 2009, sous l’étiquette du Modem, qu’elle quitte en mars.

 

A Nantes, Eva Joly plaide pour une «déprofessionnalisation de la politique» (Médiapart) 

20 Août 2010 Par Stéphane Alliès 

De notre envoyé spécial à Nantes

«Je suis une femme qui dit les non-dits: chacun ici sait que je suis intéressée par une candidature à la prochaine présidentielle.» Devant le grand amphi bondé de
la Faculté de droit de Nantes, où Europe Ecologie et les Verts tiennent leurs journées d’été, Eva Joly a conservé sa voix timide pour annoncer à des militants radieux son envie, déjà exprimée dimanche
dans Sud-Ouest. Pas de mise en scène, juste une façon de conclure un débat sur la crise démocratique, face à laquelle elle semble vouloir s’ériger en rempart symbolique. De la même façon qu’elle offre au mouvement écolo un appel d’air médiatique bien loin des querelles de juin, et qu’elle règle la question de 2012,  problème épineux pour une formation en voie de refondation (prévue lors d’assises à la mi-novembre à Lyon).

Ovationnée par 400 adhérents de la «galaxie écolo» (et autant à l’extérieur de la salle, ils sont 2.000 à s’être rendus en Loire-Atlantique, et 8.000 à avoir pour l’heure pris leur carte au futur parti), Eva Joly a de nouveau fait entendre sa «petite musique», comme elle dit, à une assistance enthousiaste. «A chaque fois, elle raconte sa petite histoire, et à chaque fois ça marche, admire l’eurodéputée Sandrine Bélier. On ne sait jamais où elle va nous emmener quand elle nous raconte l’actualité et ses combats contre les paradis fiscaux, mais au final tout se tient.»

S’appuyant sur «les affaires Bettencourt/Sarkozy/Woerth», l’ancienne juge d’instruction de l’affaire Elf a cette fois-ci narré son expérience islandaise de conseillère d’un gouvernement post-banqueroute. «L’Islande est pleine d’enseignements, a-t-elle chuchoté, mais fermement. Un pays en passe de devenir un paradis fiscal, abandonné aux hommes d’affaires par des citoyens apathiques… Ce pays, après la crise financière, est en train de devenir un paradis de l’espace public» (lire ici et ici). Une manière de montrer qu’elle n’est pas si inexpérimentée que cela en politique. Et aussi de sévèrement critiquer les recommandations du FMI (sur le remboursement de la dette ou la privatisation du service public de l’énergie), façon de titiller l’éventuel concurrent Dominique Strauss-Kahn, sans jamais citer celui qu’elle avait mis en examen dans l’affaire de
la Mnef (avant qu’un non-lieu ne soit prononcé).

La mise en orbite de l’ancienne magistrate norvégienne a été consacrée pendant l’été. Malgré une rencontre avortée avec Cécile Duflot sur l’île de Groix, les échanges furent nombreux entre la secrétaire nationale des Verts et les «europécologistes» venus du monde associatif. Désormais, il n’y a que Dany Cohn-Bendit pour maugréer contre le temps qui passe, et exprimer une certaine lassitude. «Le bébé n’est pas celui qu’il rêvait, et il est aussi un peu déçu de voir que tout ne tourne plus autour de lui, alors qu’il ne pensait sûrement pas qu’Eva serait ce qu’elle est aujourd’hui», confie un de ses proches.

Pour autant, Eva Joly a posé une condition à sa candidature, à savoir «l’organisation de primaires où (elle) espère qu’il y aura beaucoup de candidats». Une hypothèse pas vraiment préparée par la direction de l’attelage écolo, plutôt contente de s’être trouvée une candidate faisant l’unanimité, allant même jusqu’à apaiser les tensions. Hormis le chantre de la décroissance Yves Cochet, désireux de faire entendre sa voix dans le débat pré-présidentiel, pas grand-monde n’avait pourtant réellement envisagé cette procédure, chacun se félicitant du «bon coup» de la candidature de l’ancienne magistrate pour 2012. Et personne n’a pris le temps de réfléchir aux conditions d’organisation d’une telle primaire, sans doute vouée à l’évanescence, à moins de voir sortir du bois d’autres prétendants, tels Corinne Lepage ou Nicolas Hulot. «Les primaires n’auront un sens que si elles obligent à se positionner politiquement sur le type d’écologie que l’on veut défendre», estime le délégué national d’Europe Ecologie, Pascal Durand.

«Eva est une candidature inattendue qui correspond bien à la situation politique actuelle et constitue la meilleure réponse au clergé des raisonnables qui estiment qu’il n’y a rien de grave dans l’affaire Bettencourt, considère Mickaël Marie, trésorier des Verts et proche de Dominique Voynet. En plus de placer l’exigence éthique au centre, elle apprend vite, intègre ce qu’on lui dit et est tout à fait capable de mener une campagne généraliste.» Même le réticent Jean-Vincent Placé, n°2 des Verts qui défendait la candidature de Cécile Duflot, a ondulé son discours: «Elle a donné tous les messages politiques nécessaires. Même si je pense que Cécile avait tout à fait les épaules pour se présenter, Eva sera une bonne candidate.»

«A ma manière, je représente un rajeunissement de la vie politique» 

Lors de la «plénière» sur la crise démocratique, l’invité Edwy Plenel (président de Mediapart) a appelé les autres intervenants «à sortir par le haut du paradoxe de la présidentielle, en menant campagne non pas pour être élus mais d’abord pour se défaire du présidentialisme»

Après le journaliste, Marie-Pierre de
la Gontrie, secrétaire nationale aux libertés publiques et à la justice au PS, a dénoncé «
la République des conseillers: bien sûr il y a eu des dérives sous la gauche, mais il n’y a jamais eu un tel niveau de concentration des pouvoirs»
. Evoquant davantage la défense des libertés publiques que la réforme institutionnelle, elle souligne la nécessité d’être «très nombreux à manifester
le 4 septembre pour faire mentir le sentiment de l’atonie générale»

Le député Vert Noël Mamère s’en est violemment pris au sarkozysme, «ce mélange insupportable entre storytelling et irresponsabilité», affirmant que «nous ne sommes plus aujourd’hui tout à fait en démocratie: quand un hélicoptère survole le quartier de
La Villeneuve à Grenoble, c’est une logique de territoire occupé! Quand les préfets représentent un clan, ils sont au service du président et non plus de
la République!»
 

Le constitutionnaliste Bastien François (ancien proche d’Arnaud Montebourg, devenu conseiller régional Europe Ecologie en Île-de-France) a lui rappelé que «le Parlement est un club de vieux mâles bourgeois», et pense qu’«il ne faut pas lui donner plus de pouvoir. Il faut que les parlementaires exercent leur pouvoir. Et il faut donner plus de pouvoir à l’opposition (…) Les constitutions ne sont pas faites pour les gens vertueux, mais doivent contrôler tout le monde, vertueux ou pas».   

Eva Joly, enfin, a défendu «une écologie politique républicaine», face à une situation d’«élimination des contre-pouvoirs», où «le journalisme et le parquet sont au pas (…), la séparation des pouvoirs n’est pas respectée (…), les cours régionales des comptes sont supprimées (…), le statut du médiateur de
la République est en péril…».
Elle a aussi prôné une «déprofessionnalisation de la politique et un renouvellement» qu’elle dit incarner, d’un clin d’œil à ceux qui la trouvent trop âgée (elle a 66 ans): «A ma manière, je représente un rajeunissement de la vie politique, puisque je n’ai que 18 mois d’expérience en politique.» 

A la sortie de l’amphi, l’eurodéputée Sandrine Bélier ne nie pas la personnalisation qui pourrait entourer la candidature d’Eva Joly: «C’est vrai qu’il y a du storytelling chez elle, mais un storytelling de la morale et de l’éthique, c’est quand même intéressant, non?» 

 

Les écolos veulent barrer la piste au projet d’aéroport (Ouest France) 

vendredi 20 août 2010 

Les travaux d’Europe Ecologie se sont ouverts hier, à Nantes, sur le dossier Notre-Dame-des-Landes. Dans l’amphi et à la tribune, les écologistes ont réaffirmé leur opposition au projet. 

Reportage 

Pascal Bolo, l’adjoint au maire de Nantes (en vacances à l’étranger), souhaite la bienvenue aux militants d’Europe Ecologie réunis à la faculté de droit. La ville a apporté un soutien logistique sans faille à l’organisation qui l’en félicite. En haut de l’amphi E, où s’est ouverte la première assemblée plénière, un groupe d’élus et de militants opposés au projet d’aéroport se sont levés silencieusement, brandissant le célèbre autocollant d’un avion noir sur fond jaune. 

Un murmure parcourt la salle de 800 places bondée. La tâche n’est pas facile pour l’élu socialiste, qui soutient le projet tout en étant suppléant du député Vert François de Rugy. Pascal Bolo s’applique à éviter le sujet qui fâche, préférant mettre l’accent sur ce qui unit les deux familles de gauche: la passion « d’agir et de réussir ensemble, depuis longtemps » et la « volonté de continuer » dans cette voie. 

Un vibrant « Non à l’aéroport », repris par l’ensemble des participants, retentit dans l’amphi. Cécile Duflot calme le jeu: « C’est un désaccord paisiblement assumé. Il fera partie de nos échanges d’ici 2012 » (1).  

Nantes Atlantique sans problème 

Aujourd’hui à la retraite, Jean-Pierre Morel connaît bien les pistes de Nantes Atlantique, pour avoir effectué la ligne Paris-Nantes à maintes reprises. Il apporte son expertise à la tribune où interviennent les élus Geneviève Lebouteux, Pascale Chiron et Sylvain Fresneau, président de l’association des agriculteurs de Notre-Dame-des-Landes. 

Jean-Pierre Morel balaie l’argument des risques liés au survol de Nantes et à la configuration de Nantes Atlantique: « Tous les aéroports sont classés par ordre de sécurité, souligne t-il. Nantes est loin d’être le plus problématique. Il ne nécessite que des fiches ordinaires et quelques consignes, mais ne présente aucun risque particulier. Le seul petit obstacle est le relais téléphonique de
la Tour Bretagne… Si Nantes Atlantique était dangereux, alors il faudrait fermer deux tiers des aéroports français… »
 

Jean-Philippe Magnen, tête de liste Europe Ecologie et élu à
la Région, conclut en substance: « Nous ne lâcherons rien sur le financement de ce projet et des voies d’accès par la route ou le rail. Avec 18 élus Europe Ecologie à
la Région, nous constituons une minorité de blocage… Nous allons discuter mais nous ne trahirons pas nos engagements sur ce dossier… »
 Jocelyne RAT. 

 

Vert et Europe écologie : pas si simple (Ouest France) 

vendredi 20 août 2010 

 

Didier Quéraud, élu rezéen, prête une grande attention aux débats et à la construction de ce nouveau mouvement.  

Malgré l’unité affichée lors de Journées d’été des écologistes, au quotidien, ce n’est pas si simple. Exemple avec Didier Quéraud, élu rezéen. 

Même si les ténors ont à coeur de montrer une image unie de ce nouveau mouvement qui voit le jour, le quotidien se révèle plus complexe. Didier Quéraud, adjoint au maire de Rezé, fait partie des Verts depuis 1997. Il a été, pendant cinq ans, secrétaire régional des Verts Pays de
la Loire. Jusqu’en novembre dernier, où il a dû quitter ce poste, à la veille des élections régionales. « Il y a eu télescopage entre deux fonctionnements, celui des Verts où un candidat doit d’abord être élu par les adhérents selon un processus établi. Et celui d’Europe écologie où des gens sortis de la société civile pouvaient se présenter sans aucune formalité. Je ne remets absolument pas en cause la qualité des gens mais le choc entre les deux systèmes. » D’un côté des processus démocratiques, parfois moqués pour leur lourdeur, et de l’autre la cooptation. « Il a fallu éliminer des gens, militants depuis de longues années, ayant passé toutes les étapes de présentation de leur candidature. Si on n’est pas capable de respecter les règles que nous nous sommes données nous-même il y a un problème. Ensuite quel discours avoir ? » 

Un « passage en force » pour l’élu rezéen qui y laisse son poste (à temps plein et rémunéré) de secrétaire régional et une candidature aux régionales. « J’ai eu beaucoup de mal à digérer. J’aurais souhaité qu’avec Europe Écologie nous ayons les mêmes règles du jeu. Cela n’a pas été le cas. » 

Didier Quéraud, qui fait toujours partie des Verts, « je pense toujours que c’est le meilleur projet politique », participe à ces Journées d’été de rassemblement des écologistes jusqu’à samedi à la faculté de droit. Il regarde même les débats avec une grande attention. « J’observe. Si c’est à celui qui parle le plus fort, cela ne marchera pas. Il faut choisir les personnes selon les compétences. » Il s’interroge aussi sur la forme que va prendre ce nouveau mouvement : « J’espère que cela va déboucher sur autre chose que simplement un nouveau parti. » 

Jean-Philippe Magnen, également Vert, tête de liste aux élections régionales et aujourd’hui 3e vice-président au conseil régional, ne partage qu’une partie de l’analyse de l’élu rezéen : « Ce n’était pas simple. Nous étions dans une période de transition où effectivement il y avait deux logiques différentes : désignation par des adhérents d’un côté et cooptation de l’autre. Cela a généré des tensions et a eu des conséquences humaines regrettables. Mais c’était une transition vers autre chose. Aujourd’hui, avec ce nouveau mouvement, nous allons vers des règles communes. Je pense aussi que le passé structurant des Verts fera l’avenir d’Europe Écologie. » Anne-Lise FLEURY. 

 

 

20 août 2010 12h25 | Par Jean-denis renard – Sud Ouest 

Verts / Europe écologie : De la fusion dans l’air 

Les Journées d’été du mouvement se sont ouvertes hier à Nantes dans une ambiance souriante. 

Cécile Duflot et Eva Joly lors des Journées des Verts et d’Europe Écologie à Nantes. La première pourrait prendre la gouvernance du mouvement. photo maxppp 

La convention interrégionale Europe Écologie du mois de juin a été aussi houleuse que confuse. Jean-Vincent Placé, le n° 2 des Verts, a traité Eva Joly de « vieille éthique ». Daniel Cohn-Bendit lui a répondu dans la foulée qu’il n’était rien d’autre qu’un crétin. À l’aune de cette histoire récente, les Journées d’été des Verts et d’Europe Écologie auraient pu être aussi irrespirables qu’un mois d’août à Moscou, l’incendie en prime. 

Rendez-vous à Lyon 

C’est tout le contraire. Le militant écologiste, présent pour trois jours sur le campus de Nantes, est une créature équipée d’un sourire ensoleillé et d’un sac Quechua. Il remarque à peine que la fac de droit qui l’abrite est digne de figurer dans le Top 10 des très remarquables mochetés architecturales de l’Hexagone, catégorie gris stalinien. Il rit tout fort devant le bar où l’on échange des cafés contre des coupons qu’on a auparavant achetés par paquets de dix, une usine à gaz typiquement écolo. Il babille en enfournant joyeusement des galettes bio aux céréales. Il est heureux de faire partie d’une grande famille prête à décarboner l’économie. 

Plus de 2 000 personnes sont inscrites à cette université d’été, un record. « Ce sont des journées historiques ! », lance Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, lors de la séance d’ouverture devant un amphi plein à craquer. 

Cécile Duflot en pole position 

Faire nombre n’augure pas forcément le succès. Mais, mercredi soir, à la veille du rendez-vous, les cadors des Verts et d’Europe Écologie ont entériné la création d’un nouveau mouvement unitaire lors des prochaines assises des écologistes, qui se tiendront à Lyon à la mi-novembre. La dualité Verts/Europe Écologie, c’est bien fini ? « Localement, on fonctionne déjà en groupes élargis. Le coup est parti. Il n’y aura pas trop de réticences », promet Monique De Marco, la vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine. 

« Il y a des gens nouveaux, chez les Verts comme chez Europe Écologie. On va s’entendre. L’important, c’est de conserver un ancrage à gauche. Il est difficile aujourd’hui d’être écolo et de s’accommoder du monde libéral tel qu’il est », renchérit Gérard Chausset, l’élu de Mérignac et de
la Communauté urbaine de Bordeaux, qui a lui aussi fait le déplacement à Nantes. 

Selon Pascal Durand, le délégué national Europe Écologie, les obstacles à franchir d’ici aux assises n’ont rien d’insurmontable. Il faut surtout aux écologistes rassemblés sous la même bannière s’entendre sur la gouvernance du mouvement : un (ou une) secrétaire national ou deux ? Cécile Duflot tient la corde. Les grands textes fondateurs de ce nouveau mouvement – quel nom de baptême ? – et ses statuts devraient être présentés aux militants à la mi-septembre. Ceux-ci pourront voter sur les questions qui fâchent, afin de déminer le terrain avant les assises de Lyon. 

Consensus autour d’Eva Joly 

Ce climat de concorde va de pair avec l’apaisement des querelles de personnes. Cécile Duflot assume son renoncement à l’ambition présidentielle, ce qui ouvre la voie à une candidature d’Eva Joly en 2012. Tous les militants écologistes ne sont peut-être pas convaincus. Les médias, eux, adorent. Il n’y a qu’à observer la grappe de cameramen et de photographes qui emboîtent le pas à l’ex-juge d’instruction quand elle franchit le seuil de la fac de Nantes, hier à la mi-journée. « Eva Joly est-elle pour la semaine de 28 heures en quatre jours ? Et quel est le contenu de sa conviction écologiste ? C’est une bonne candidature, il y en aura peut-être d’autres », tempère Yves Cochet, le député de Paris, qui n’a pas renoncé à l’idée de faire un tour de piste. 

Le relatif consensus sur la personne d’Eva Joly ne dit rien pour le moment sur le projet écologiste en vue de 2012, ni sur un éventuel accord de gouvernement avec les socialistes. Fidèle à ses habitudes, Daniel Cohn-Bendit fait entendre sa petite musique à propos du positionnement « antilibéral et anticapitaliste » réclamé par Jean-Vincent Placé. « Ètre anticapitaliste, ça a à peu près la même densité politique que de se déclarer pour le soleil et contre la pluie. On nous attend sur des sujets difficiles, sur la sécurité par exemple. Est-ce que c’est la ligne anticapitaliste qui va nous apporter des solutions ? Alors là… » répond-il, mi-moqueur, mi-lassé. 

Les écolos ont beau être contents d’être heureux, ils ne sont pas tous devenus copains. 

 

Publié le 20/08/2010 à 19:34 AFP

Voynet: la candidature Joly prend de la « crédibilité » avec l’affaire Woerth-Bettencourt 

La sénatrice Verts Dominique Voynet a estimé vendredi que la candidature éventuelle de l’ex-juge et eurodéputée (Europe Ecologie) Eva Joly à la présidentielle prenait de l »épaisseur et de la crédiblité » avec l’affaire Woerth-Bettencourt.

La sénatrice Verts Dominique Voynet a estimé vendredi que la candidature éventuelle de l’ex-juge et eurodéputée (Europe Ecologie) Eva Joly à la présidentielle prenait de l »épaisseur et de la crédiblité » avec l’affaire Woerth-Bettencourt.

Interrogée sur France Info, en marge des Journées d’été de Nantes, la maire de Montreuil a affirmé: « J’aurais trouvé tout à fait naturel que Cécile Duflot soit notre candidate, puisqu’elle nous permettait de poursuivre sur la lancée des Européennes et des régionales avec une énergie et une fraîcheur qui tranchent dans le paysage politique ».

« Mais j’admets bien volontiers qu’avec l’affaire Woerth-Bettencourt, la candidature d’Eva Joly prend de l’épaisseur et de la crédibilité », a-t-elle poursuivi.

L’ex-candidate à la présidentielle a constaté « depuis deux jours, qu’Eva et Cécile sont main dans la main, en phase totalement et décidées à garder la bonne ambiance qui est constatée partout ici à Nantes ».

« Ce que je constate est que l’écrasante majorité des militants souhaite que Cécile ou Eva puissent se présenter aux présidentielles », a assuré également l’ancienne ministre.

Pour elle, « une écrasante majorité des militants est tout à fait d’accord avec la ligne qui est proposée: une fusion rapide des Verts au sein d’un mouvement plus large ».

Qualifiant les Verts de « parti qui a été très utile, mais qui a peut-être aussi fait son temps », la sénatrice a affirmé: « Europe écologie, c’est l’avenir des Verts clairement ».

En dépit de « doutes sur le rythme ou la méthode encore », Mme Voynet a affirmé que la « fusion doit être assez rapide pour qu’on soit dans un fonctionnement optimal dans la perspective des cantonales au printemps prochain, puis ensuite des sénatoriales mais aussi des législatives et des présidentielles ».

« A marche forcée peut-être, cette unification, ce dépassement des Verts » doit « nous permettre d’acquérir de bonnes habitudes de travail en commun dans la perspective des présidentielles », a-t-elle encore jugé.

 

Lepage : « J’ai le sentiment que les Verts ont gagné la bataille » 

Publié le 20/08/2010 à 19:13 – Modifié le 21/08/2010 à 08:37 Le Point.fr 17

JOURNÉES D’ÉTÉ DES ÉCOLOGISTES

De notre envoyée spéciale à Nantes, Émilie Trevert

Selon Corinne Lepage, « Europe Écologie a mis la charrue avant les boeufs » pour la présidentielle 2012 © Witt Sipa

Corinne Lepage, présidente de Cap 21, est l’invitée des journées d’été des écologistes, qui se tiennent à Nantes jusqu’à dimanche. Elle répond aux questions du Point.fr.

Le Point.fr : Les Verts-Europe Écologie sont-ils toujours capables d’ouverture ?
Corinne Lepage : C’est la question que je leur pose : « Est-ce que vous êtes prêts à un grand arc républicain ? » Mais j’ai le sentiment que les Verts ont gagné la bataille. Ils vont prendre l’appareil. C’est pour ça que Dany Cohn-Bendit râle. Le problème, c’est qu’Europe Écologie n’est pas une force organisée face à l’appareil des Verts, très organisé, lui, et extrêmement dur. Si les Verts ont accepté la fusion, c’est pour mettre leur structure à disposition d’EE. Ça n’a plus grand-chose à voir avec le rassemblement que voulait Dany.

Ancienne du MoDem, vous sentez-vous bien accueillie à ces journées d’été ?
Oui, les militants sont chaleureux. J’ai été huée lors d’un débat sur la décroissance, mais j’ai aussi eu des applaudissements ! Je fais partie de la famille. Mais je ne sais pas jusqu’où…

Que pensez-vous d’une ligne « anticapitaliste », prônée par certains Verts ?
Je ne suis clairement pas anticapitaliste. Le capital, ce n’est pas un gros mot. Il faut arrêter ! On a besoin d’un capitalisme entreprenarial. De même qu’il faut se pencher sur les questions de sécurité.

Quelles sont votre place et celle de Cap 21 à EE ?
Pour le moment, rien n’est décidé. Cela dépendra des propositions. Honnêtement, je suis très dubitative. Si EE doit être le promoteur de la décroissance, ça fera 3 % ! S’ils ont fait 15 % (aux dernières élections, ndlr), c’est quand même grâce à Dany !

Regrettez-vous le MoDem, où vous aviez peut-être plus de visibilité ?
Absolument pas ! Au MoDem, il n’y a pas de projet. C’est l’écurie de François Bayrou ! Et je ne suis pas sûre d’avoir moins de visibilité… De toute façon, ma stratégie ne se fait pas en fonction de ma visibilité.

Certains disent que vous auriez voulu vous présenter aux primaires écolos pour 2012 ?
Je n’ai moi-même pas encore répondu à cette question. Et ce n’est pas aujourd’hui que je vais décider.

Que pensez-vous de la candidature d’Eva Joly ?
Je pense qu’EE a mis la charrue avant les boeufs. Il faut d’abord parler projet avant de choisir un candidat. Eva Joly est une de mes collègues au Parlement européen, je mène les mêmes combats qu’elle sur la transparence, la lutte contre la corruption… Tout cela nous rapproche, mais j’ai un grand passé d’écologiste, ce qu’elle ne partage pas avec moi.

 

Futur mouvement écologiste cherche binôme dirigeant 20 août 2010  

Par Guillaume Stoll, publié le 20/08/2010 à 19:28

Avec ou sans Corinne Lepage, Europe Ecologie réfléchit à la forme future que prendra le mouvement née de la fusion avec les Verts. Et au duo qui en occupera la tête. En attendant, Dany Cohn-Bendit continue de jouer les trublions. 

L’unité avant toute chose, c’est en substance ce qui ressort des deux premières journées de l’université d’été d’Europe Ecologie. Sourires larges, poignées de main franches et accolades, le mouvement écolo est rassemblé et rien que cela ce n’est pas un mince exploit. Alors que la dernière Convention du mouvement a viré au cauchemar et ravivé des tensions que l’on pensait enterrer, l’attelage, encore hétéroclite, prend progressivement forme.  

Après les bons résultats des élections européennes et régionales, Europe Ecologie aborde aujourd’hui une période qui va décider de son avenir politique. Et si le nom d’Eva Joly semble faire consensus pour être candidate à la présidentielle de 2012, l’heure est au projet et à la structuration future du mouvement. « Nous réfléchissons à un mouvement politique fédéraliste unifié avec à sa tête un tandem qui représenterait l’ensemble des sensibilités », confie à LEXPRESS.fr l’eurodéputé Yannick Jadot.  

En résumé, les non-Verts se cherchent un leader pour occuper un poste de co-dirigeant pour mener, au côté de Cécile Duflot, la future structure politique. Un poste que refuse d’occuper Daniel Cohn-Bendit et qui pourrait finalement être dévolu à Yannick Jadot. Mais l’intéressé tempère: « La question des noms n’a pas encore été évoqué, on verra en novembre. » Date à laquelle les écolos décideront, au cours d’assises constituantes de leurs statuts et de la constitution du binôme gagnant.  

Lepage « en réflexion » et Cohn-Bendit en trublion

Un rassemblement qui pourrait se réaliser avec l’ex-modem Corinne Lepage. Invitée des Journées d’été, l’ex-Modem dit avoir reçu « un accueil chaleureux ». En désaccord avec la ligne antilibérale de la frange historique des Verts, l’ancienne ministre d’Alain Juppé raconte avoir eu « une franche discussion avec Cécile Duflot ».  

Encore « en réflexion » sur l’opportunité de rejoindre Europe Ecologie, elle raconte que son mouvement Cap21 statuera sur ce sujet en octobre prochain. « J’ai clairement affiché des positions différentes sur la question de la décroissance économique », dit-elle. Mais Yannick Jadot se veut rassurant, « il n’est pas question de décroissance dans notre manifeste politique ».  

Favorable à un élargissement du mouvement et à une ouverture vers la société civile, l’ancien directeur des campagnes de Greenpeace France est optimiste. « Je me réjouis de voir que la personne d’Eva Joly reçoit l’approbation de tous, c’est une première étape », dit-il.  

Mais Daniel Cohn-Bendit, « lassé », dit-il, des joutes internes, fait toujours bande à part. A rebours de la position des Verts sur les retraites, il a déclaré ce vendredi que la retraite à 62 ans n’était pas « un marqueur gauche-droite ». »C’est complètement débile! », a-t-il assuré, alors que les Verts sont sur ce point en accord avec le PS. Une sortie qui risque de cristalliser de nouveau les critiques à son regard et qui complique encore un peu plus le rassemblement écolo tant souhaité.  

Publié le 19/08/2010 à 09:00 – Modifié le 19/08/2010 à 12:59 Le Point.fr

JOURNÉES D’ÉTÉ DES ÉCOLOGISTES

Duflot – Cohn-Bendit : « Je t’aime, moi non plus » 

Par Émilie Trevert

Le temps de la rentrée politique, Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit vont tenter de faire taire leurs différends © PHOTOPQR/LE PARISIEN/DELPHINE GOLDSZTEJN

Officiellement, ils font la paix. C’est main dans la main que Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot vont faire leur rentrée politique, jeudi, à Nantes lors des journées d’été des écologistes (19-21 juillet). Tels des parents divorcés, le leader d’Europe Écologie et la secrétaire nationale des Verts doivent assurer la survie de leur famille recomposée. Après des vacances agitées, ils vont donc tenter – au moins pendant trois jours – de taire leurs querelles.

« Je ne veux plus de polémique », a prévenu Duflot, qui s’est bien gardée de prendre part aux échauffourées estivales. Rien n’est moins sûr de la part du député européen, qui avait déclenché un tollé en invitant Rama Yade à leurs journées d’été. À lui, le rôle de l’irréductible agitateur. À elle, celui de la gentille réconciliatrice. « Il balance les assiettes en l’air, et moi, j’essaye de les rattraper ! » avait-elle l’habitude de dire pendant la campagne des européennes. Rien n’a changé dans ce couple atypique. Cécile déteste les conflits, « Dany », lui, adore les provoquer. « Non, tout ne va pas bien. Oui, on s’engueule ! La famille ne peut pas se présenter unie », nous expliquait Cohn-Bendit, en juin, après avoir traité Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts, de « crétin ». Alors qu’elle prône le changement « avec douceur et subtilité », lui ne croit pas à « l’accouchement sans douleur ».

Amitiés et rapports de force

« On vit vraiment sur deux planètes distinctes », reconnaît Duflot. À 35 ans, elle vient de l’aile gauche des Verts. De trente ans son aîné, l’ex-leader de Mai-68 a viré « libéral-libertaire ». Sans cette rencontre improbable, en 2009, les Verts auraient été condamnés à des scores à un chiffre. Duflot le sait mieux que quiconque. « Elle ne peut pas aller au clash avec lui », décrypte un élu des Verts. Alors, bon an, mal an, ils se supportent. « Ils sont dans un rapport qui alterne sans cesse entre amitié et rapport de force », précise un proche de Dany. Dans les bons jours, cela donne :

- Lui : « Cécile est l’une des personnalités politiques les plus attachantes ! »

- Elle : »Humainement, il est sympa. Tu passes une journée avec lui, tu ne t’emmerdes pas ! »

Et dans les mauvais :

- Elle : « Des fois, c’est un peu dur. Parfois, il est pénible. »

- Lui : « Des fois, Cécile a un comportement et un langage que je ne comprends pas. »

Si « Dany » est le spécialiste pour régler les conflits internes par voie de presse, « Cécile », elle, préfère les explications vives et franches… par SMS. « Après leurs engueulades, ils se revoient et parlent calmement », explique un cadre écolo. Tel un vieux couple…

 

Le “ticket” Joly-Duflot divise Europe Ecologie (France Soir) 

Gaëtane Morin 19/08/10 à 10h29

En contrepartie de son soutien à la candidature d’Eva Joly à la présidentielle de 2012, Cécile Duflot, patronne des Verts, veut obtenir la direction d’Europe Ecologie. 

Eva Joly et Cécile Duflot © SIPA Le consensus n’aura été que transitoire. Unanimement saluée le week-end dernier par les cadres d’Europe Ecologie, la candidature d’Eva Joly à la prochaine présidentielle n’a pas tardé à faire resurgir des lignes de faille dans le mouvement : entre les Verts – dirigés par Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé – et les non-Verts – incarnés par Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot –. Tout le monde n’est pas d’accord, en effet, avec le positionnement de Duflot, prête à « creuser » l’idée d’un « ticket » avec l’eurodéputée Joly.

Dans un entretien au Nouvel Observateur, la secrétaire nationale des Verts estime n’avoir « pas les épaules suffisantes » pour être candidate en 2012. « Quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c’est là, paraît-il, que ça se passe, je me dis que j’en ai peur. La présidentielle, c’est une tuerie », confie-t-elle. Placé, son bras droit, confirme : « Cécile a beaucoup réfléchi cet été. Elle a vu se dessiner un consensus autour d’Eva Joly, qui a clarifié sa ligne politique en reprenant à son compte les positions des Verts, notamment sur la retraite à 60 ans et la taxation des plus-values et stock-options. Elle s’est donc ralliée à sa candidature. »

« Oui à Duflot, mais pas toute seule »

Seulement voilà, ce que Duflot lâche d’une main, elle entend le reprendre de l’autre. La présidentielle, qu’Europe Ecologie n’est pas en mesure de remporter en 2012, l’intéresse moins que les futures législatives. Son objectif : peser dans les négociations avec le PS pour obtenir à l’Assemblée un groupe Europe Ecologie qu’elle dirigerait. D’où son idée d’un « ticket » avec l’ancienne magistrate Joly, visant à circonscrire l’aire de jeu de l’une et de l’autre. « Entre Eva et Cécile, ce serait une bonne répartition des rôles car il est difficile de mener de front la stratégie présidentielle, avec une candidature autonome, et la stratégie législative, sous-tendue par un accord avec nos partenaires de gauche, analyse Denis Baupin, adjoint au maire de Paris (Verts). Et cela permettra d’éviter une guerre des chefs. »

Sauf que la mouvance Cohn-Bendit réfute catégoriquement ce donnant donnant. « Nous ne sommes pas du tout dans cette dynamique, grince l’eurodéputé Jadot. Il n’y a pas – et il n’y aura pas – de ticket Duflot-Joly. Europe Ecologie repose sur deux piliers : les Verts et les non-Verts. Nous voulons donc une codirection à l’image de l’histoire du mouvement, avec un homme et une femme ensemble à la tête du parti. En clair, nous disons oui à Duflot, mais pas toute seule… »

Député (Verts) de Gironde, Noël Mamère partage ce point de vue : « Que Cécile joue un rôle important dans les négociations à venir, c’est tout à fait normal ! Elle a mené le mouvement aux dernières élections régionales, avec le succès que l’on sait. Mais ce n’est pas à elle de décréter qu’elle va s’occuper des législatives et prendre la tête, seule, du parti. Il faut mettre en place une équipe qui s’ouvre aux non-Verts. C’est le collectif qui fait la force d’Europe Ecologie. »

Alors que débutent aujourd’hui les Journées d’été à Nantes, le débat s’annonce donc enflammé. Comme d’habitude.

 

 

19 Août 2010  |  Mise à jour le 20 Août 2010

Placé: « Eva Joly est un atout » – Journal du Dimanche 

Le numéro 2 vert a perdu un peu de poids mais pas sa verve. A l’aise au milieu des militants réunis à Nantes pour les Journées d’été d’Europe Ecologie/Les Verts, Jean-Vincent Placé, qui a consenti à tomber la cravate, dresse les ambitions, élevées, des écologistes français. S’il tait ses relations conflictuelles avec Daniel Cohn-Bendit, il apporte néanmoins son soutien, presque par défaut, à Eva Joly. 

Dominique Voynet affirmait mercredi que les tensions au sein d’Europe Ecologie étaient apaisées. Vous confirmez?
Oui. Je crois que l’été a été très propice au débat et à la discussion informelle. L’actualité également -avec les crises écologiques (le Pakistan,
la Russie, BP dans le Golfe du Mexique), la situation économique et la surenchère gouvernementale sur les questions de délinquance et de nationalité- nous ont permis de nous réunir et de sortir des bisbilles internes pour reproduire ce qui avait fait notre force lors des élections européennes et régionales. La prise de conscience des uns et des autres est très forte et le souci de rassemblement est manifeste.

Pourtant, Daniel Cohn-Bendit s’est emporté jeudi contre la ligne anticapitaliste qui vous est chère…
Je crois que Dany est essentiel au rassemblement et qu’il doit mettre en avant ses qualités qui se sont fortement manifestées lors de sa candidature aux Européennes. Il faut aussi qu’il continue à participer au débat comme il l’a fait dans Le Monde avec cette charge très forte contre le président de
la République. Voilà son utilité dans le rassemblement. Chacun doit faire ce qu’il fait le mieux.

« Benoît Hamon et DSK sont au PS, Cohn-Bendit et moi à Europe Ecologie » 

Vous arrivez à discuter tous les deux?
Nos relations sont celles de deux caractères très affirmés avec des cultures et des visions très différentes. Ce qui nous rapproche, c’est que nous sommes tous les deux écologistes et cela suffit très largement pour que nous soyons dans le même mouvement. Un parti ne peut pas être monolithique. De la même manière qu’il y a Benoît Hamon et Dominique Strauss-Kahn au sein du Parti socialiste, je crois que c’est très bien qu’il y ait chez Europe Ecologie/Les Verts Daniel Cohn-Bendit et moi.

Il n’y a pas de schisme?
Ah non, bien au contraire! Les doutes sur la ligne politique et les stratégies pour les années à venir ont été levés. Les interventions d’Eva Joly sur la retraite à 60 ans et sur l’ancrage à gauche m’ont fait plaisir et m’ont rassuré sur ses orientations économiques et sociales. Une fois que l’on est d’accord sur les orientations, ce n’est plus qu’un problème de choix de personnes. Les choses sont désormais clarifiées. Nous pouvons désormais nous tourner tranquillement vers la structuration d’Europe Ecologie avec un parti unifié. Et aussi un réseau qui attire les sympathisants, ceux qui veulent avoir un militantisme plus light, moins assidu mais qui veulent nous soutenir. Et enfin un lieu pour développer la réflexion et affiner et expertiser nos propositions, c’est
la Fondation d’écologie politique. Ce triptyque -parti, réseau et fondation- est l’élément qui nous permettra de contribuer à la dynamique politique.

Daniel Cohn-Bendit participe à un atelier sur la restructuration du parti. Or, il a déclaré jeudi matin que ce n’était pas sa « tasse de thé ». Pourquoi alors lui confier ce débat ?
(Rires) C’est ce que je vous disais: le plus important c’est d’attribuer à chacune des fonctions les meilleurs.

Sauf qu’il y va en traînant les pieds.
Justement ce sera l’occasion pour lui de s’intéresser à ce sujet (rires).

« On est à la pointe au niveau des idées » 

Eva Joly, c’est la meilleure candidate pour 2012?
Attention! Je dis que c’est une très bonne candidate. Je ne suis pas dans la hiérarchisation des candidatures. Cécile Duflot reste pour moi celle qui a la carrure pour être candidate. A l’extérieur de notre rassemblement, il y a une candidature au sein de la société qui est possible, c’est celle de Nicolas Hulot, voilà. L’un ne se manifeste pas, l’une n’a pas envie et l’autre est volontariste et dynamique. Donc les choses se clarifient assez naturellement.

On parle de plus en plus d’un ticket Duflot-Joly. José Bové a qualifié ce ticket de « bidon ». Qu’en pensez-vous?
José a dit ce qu’il pense. Et je crois qu’il ne faut pas formaliser des tickets de la sorte qui donneraient l’apparence d’un accord au sommet. Les choses doivent se faire naturellement. Nous devons essayer de trouver entre nous des formes de consensus.

Les origines d’Eva Joly, son accent prononcé, ne risquent-ils pas de l’handicaper face aux électeurs?
Je ne crois pas, au contraire. On a besoin de montrer que
la République française est tolérante, humaniste et ouverte sur les Européens, sur le monde. Et, justement, la candidature d’Eva Joly peut attirer l’attention des électeurs et des médias sur ces questions de la coopération internationale. Ce peut être un atout dans cette campagne.

Vous êtes les premiers à dégainer en cette rentrée politique. Vous serez les premiers tout court dans les années à venir?
Je crois que l’on est à la pointe au niveau des idées, sur les réponses que nous apportons à la société. Mais il faut rester humble et concret. Il nous faut davantage d’expertise et de crédibilisation (sic). Je vais par exemple m’intéresser au problème de sécurité. On entend peu les écologistes sur cette question. Il faut que nous soyons en situation de faire des propositions, sérieuses et pas seulement incantatoires. A gauche, il y a eu le temps du communisme, puis du socialisme et un peu de la social-démocratie. Je crois qu’un jour viendra le temps de l’écologie politique.

« Je ne voulais pas pousser la provocation en arrivant avec une cravate » 

Est-ce qu’il y a une peur de renouveler l’échec cuisant de 2007?
(Silence) Non, je ne crois pas. L’audience des idées écologistes est beaucoup plus forte aujourd’hui. Et le ressenti issu du 21 avril 2002, qui avait fortement marqué l’élection de 2007 et le vote utile à gauche, est moins fort et je crois que nous sommes beaucoup renforcés. On fera un bon score.

D’un point de vue personnel, comment vivez-vous votre nouvelle notoriété médiatique?
Ça me donne la possibilité d’avoir plus d’écoute autour des propositions que je défends. Mais il ne faut pas se laisser bercer. Ça va, ça vient mais comme dirait la mère de l’empereur ‘pourvu que ça dure’.

Vous êtes sans doute le mieux habillé de tous les écologistes présents mais vous n’avez pas de cravate. C’est un sacrifice pour vous?
(Rires) J’ai pensé effectivement que venir aux Journées d’été d’Europe Ecologie/Les Verts en costume c’était déjà faire preuve de beaucoup de « biodiversité vestimentaire », donc je ne voulais pousser la provocation en arrivant avec une cravate.

 

19 Août 2010

Cohn-Bendit, ouvert mais pas trop – Journal du Dimanche 

Daniel Cohn-Bendit n’a de cesse de marteler son discours d’ouverture. Jeudi, à Nantes, où la famille écologiste tient ses Journées d’été, « Dany » s’est livré à son exercice préféré du moment. En le saupoudrant toutefois de modération. Les écolos n’iront pas jusqu’à embrasser le gaullisme ou l’anticapitalisme.

La matinée promettait d’être joyeuse à Nantes. Un ciel bas et gris pour accueillir militants, intervenants et journalistes, une température automnale et un débat réunissant Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot, le médiateur de
la République Jean-Paul Delevoye et François Miquet-Marty, directeur de l’institut Viavoice, sur le thème « Crise sociale, crise morale: la société française entre détresse et lassitude ». Une entrée en matière a priori peu digeste dans un amphi pourtant comble, les têtes d’affiche d’Europe Ecologie, dont le désormais fameux ticket possible pour 2012, assurant à coup sûr le remplissage.

Daniel Cohn-Bendit aura donc une nouvelle fois adressé la bonne parole aux militants et imposé l’ouverture du parti vert comme refondation nécessaire pour saisir les mouvances de la société dans sa globalité. « La société, de par ses souffrances, ne croit plus au manichéisme des oppositions politiques traditionnelles« , a rappelé le député européen. Pour qui la vraie force d’un parti politique est de « représenter un intérêt général qui n’est pas seulement un intérêt identitaire« . Eva Joly, vainqueur à l’applaudimètre parmi les trois leaders écologistes présents, préfère se montrer incisive et délaisse les grands principes fondateurs -la tâche de Dany- pour dénoncer « un lien social qui a disparu« , la perte de confiance des gens dans leurs dirigeants et la « tâche qui attend » les écologistes: ramener cette confiance perdue. A sa suite, Cécile Duflot enfonce le clou, fustigeant « le mépris de certains de nos dirigeants« . Applaudissements. L’harangue galvanise plus que l’exposé de principes généraux. Mais le véritable « vainqueur » de la matinée est sans conteste le médiateur de
la République.

Confucius, Elie Wiesel ou Sophocle 

Le maire UMP de Bapaume (Pas-de-Calais) a cassé la baraque, citant pêle-mêle Confucius, Elie Wiesel ou Sophocle. Lyrique, Jean-Paul Delevoye ose: « il y a deux types d’hommes politiques, ceux qui guident le peuple et ceux qui suivent le peuple« . Ou encore: « les politiques devraient être impertinents, y compris vis-à-vis d’eux-mêmes« . Avant de conclure d’un magistral « le pouvoir corrompt, surtout ceux qui ont peur de le perdre ». Tonnerre d’applaudissements dans l’amphi, c’est tout juste si l’on n’entend pas un « bravo ». Daniel Cohn-Bendit se renfrogne. Avant de conclure, il lance: « Je suis étonné par la force d’applaudissements pour le médiateur de
la République alors que c’est un discours emprunt d’un gaullisme extrême. Aurions-nous changé? »
« Dany » met tout de même les rieurs dans sa poche.

Après le débat, devant l’entrée de
la Faculté de Droit et de Sciences économiques de Nantes, Cohn-Bendit l’a toujours mauvaise. Déjà gagné par la « lassitude » à la tête de la machine Europe Ecologie, l’eurodéputé ne se remet pas de cette hérésie militante. Devant la meute de journalistes qui le pressent, il en remet une couche. « C’est un discours certes touchant mais conservateur et gaulliste« .
Daniel Cohn-Bendit semble réfractaire au gaullisme dont il a contribué, jadis, à la chute. Pas d’ouverture vers cette droite-là, d’accord. Mais la gauche de la gauche alors? L’occasion est belle pour un semi grand écart. Une question de journaliste fuse: « Et la ligne anticapitaliste du futur parti chère à Jean-Vincent Placé? » L’impudente est renvoyée dans les cordes dans un rugissement. « Mais où est la ligne anticapitaliste? Ça fait 35 ans qu’on entend ça. Ce sont des petites phrases qui ne font avancer personne. Besancenot a surfé sur l’anticapitalisme, avec quel succès? », s’emporte Cohn-Bendit qui n’est pas prêt à ouvrir la porte de sa maison à tout le monde, balayant ainsi les critiques de gauchisation du parti. « Nous, on a un devoir d’invention« , assène Dany. A Europe Ecologie de jouer.

 

Publié le 19/08/2010 à 19:55 – Modifié le 21/08/2010 à 11:48 Le Point.fr

JOURNÉES D’ÉTÉ DES ÉCOLOGISTES – De notre envoyée spéciale à Nantes, Émilie Trevert

 

Daniel Cohn-Bendit veut cesser de « jouer à Zorro » 

Lassé des querelles internes, Daniel Cohn-Bendit s’est accordé un moment de détente à la plage lors de la première journée des universités d’été des écologistes (photo d’archive) © TSCHAEN/SIPA

« L’eau était un peu froide, mais c’était vivifiant ! », claironne tout sourire Daniel Cohn-Bendit en revenant de la plage de la Baule. Il est 18 h 15 ce jeudi sur le campus de droit de Nantes, où se tiennent les journées d’été des Verts, une nuée de micros se jette sur le leader d’Europe Écologie. « Dany » en profite pour régler ses comptes avec ses détracteurs, qui le disent atteint d’un « petit coup de blues ». « Non, je vais très bien, prendre un bain de temps en temps, ça évite de dire des bêtises ! » Alors que, depuis le matin, ses collègues animaient des débats ou discutaient à la buvette du campus, Cohn-Bendit, lui, avait préféré faire une petite escapade entre amis.

Le leader écolo, lassé par l’attitude de certains Verts, ne quitte pas le navire mais « il jette l’éponge sur un truc » (sic) : « La solution organisationnelle ne passera pas par moi. » Cohn-Bendit, qui n’est pas un homme d’appareil, ne s’estime finalement pas compétent pour organiser la structure d’Europe Écologie. « Moi, je ne suis pas cordonnier. On me dit fais des chaussures, je ne sais pas faire », reconnaît-il.

Après Yade, Bachelot

« Mon frère dit qu’il faut que j’arrête de jouer à Zorro, il a raison ! Europe Écologie ne se fera pas sans Dany Cohn-Bendit mais Europe Écologie ne sera pas Daniel Cohn-Bendit. Ce n’est pas Dany Cohn-Bendit, ce n’est pas non plus Jean-Vincent Placé… heureusement ! », lâche-t-il, toujours très critique à l’égard du numéro deux des Verts. « C’est quelqu’un que je ne comprends pas culturellement : sa façon de penser, de manipuler… » L’intéressé observe la scène, de loin, visiblement inquiet de l’agitation médiatique que provoque Dany.

Avant de filer dans un amphithéâtre avec une demi-heure de retard, Daniel Cohn-Bendit s’est félicité que la candidature d’Eva Joly plaise tant aux Verts : « Je suis content de mon idée. » Un seul regret : il aurait souhaité, après l’invitation avortée de Rama Yade, convier la ministre de
la Santé Roselyne Bachelot aux journées des écologistes afin de la soutenir sur son idée de débattre sur les salles de shoot. Encore une provocation qui va plaire à certains…

 

Les figures d’Europe Écologie, unies malgré les dissensions 

Par Jim Jarrassé   19/08/2010 – Figaro 

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/08/19/01002-20100819DIMWWW00326-les-figures-deurope-ecologie-unies-malgre-les-dissensions.php

EN IMAGES – Les succès électoraux du rassemblement écologiste reposent d’abord sur le charisme de quelques personnalités. Issues du sérail politique ou de la société civile, elles tentent d’aplanir leurs divergences pour pérenniser le mouvement.. 

Daniel Cohn-Bendit : A l’origine du rassemblement des listes écologistes sous la bannière Europe Ecologie lors des européennes de 2009, «Dany» milite sans relâche pour la création d’un mouvement indépendant des Verts. A la suite des élections régionales de mars dernier, il a gagné son premier pari : fin juin, les Verts ont voté la poursuite de la structuration d’Europe Ecologie. Reste à savoir si la proposition du député européen de fonder une «coopérative politique» allant de l’extrême-gauche au centre-droit sera acceptée : Daniel Cohn-Bendit craint qu’une poignée de Verts «historiques», avec qui il entretient des relations tendues, ne s’y opposent lors du congrès constituant prévu mi-novembre à Lyon. Il compte sur Eva Joly, dont il soutient la candidature à la présidentielle, pour imposer sa vision. AFP 

19 Août 2010 -  Politique

La galaxie Europe Ecologie – Les Verts – Journal du dimanche 

C’est la rentrée pour les écologistes français. Portés par ses succès électoraux, la machine Europe Ecologie-Les Verts se cherche encore, à trois mois d’un congrès devant définir les contours de leur futur mouvement. Si tout le monde semblent approuver la candidature d’Eva Joly pour la présidentielle de 2012, les anciens des Verts, les petits nouveaux, les fondateurs d’Europe Ecologie tentent de se mettre d’accord sur la future ligne du parti. Revue d’effectif.

http://www.lejdd.fr/Politique/Images/La-galaxie-Europe-Ecologie-Les-Verts/ 

Daniel Cohn-Bendit, le fondateur

A l’origine du rassemblement des listes écologistes sous la bannière Europe Ecologie lors des élections européennes de 2009, Daniel Cohn-Bendit milite pour une « coopérative politique » allant de l’extrême-gauche au centre-droit. Une proposition qui ne fait pas l’unanimité au sein de Verts « historiques », qui refusent de regarder sur leur droite et veulent conserver le leadership dans la course à la présidentielle. Comme lassé par ces bisbilles politiciennes, Daniel-Cohn Bendit, qui n’est pas candidat, compte désormais sur Eva Joly pour mener le rassemblement.  Reuters

Cécile Duflot, la stratège

La secrétaire nationale des Verts, encore inconnue il y a trois ans, joue sa carte à fond. Hier, elle avait presque forcé son parti à tenter le pari Europe écologie, avec succès. Aujourd’hui, elle tente de continuer l’aventure, sans dissoudre les Verts dans le nouveau mouvement. Pour contrôler la ligne de la future organisation, une stratégie: le « ticket ». En gros, faire place nette à Eva Joly pour la candidature à la présidentielle de 2012, pour tenir plus facilement les rênes d’Europe écologie.  Reuters

Eva Joly, la nouvelle égérie

En 2008, Eva Joly est approchée par François Bayrou. Mais c’est Daniel Cohn-Bendit qui réussit à faire venir l’ex-juge d’instruction de l’affaire Elf dans son giron. Depuis,
la Franco-norvégienne a fait preuve d’un étonnant sens politique. Elue députée européenne en juin 2009 sur les listes d’Europe Ecologie, elle impose sa petite voix dans les débats d’actualité, en passionaria de l’intégrité politique et de la lutte anti-corrruption. Et
devient la favorite des écolos pour 2012. Reuters

Jean-Vincent Placé, le gardien du temple

Pour Cohn-Bendit, c’est le « Richelieu des Verts, il est sans foi ni loi ». Le numéro 2 du parti écolo estime avoir « fait » Cécile Duflot. Arc-bouté sur la doctrine, il tente tout pour la mettre à la tête de la future organisation et verrouiller Europe Ecologie au profit des Verts. Au départ très rétif à adouber Eva Joly pour la candidature à la présidentielle –il la jugeait trop « vieille éthique »- cet homme d’appareil s’y est finalement rangé, même si elle n’est pas « verte ». Maxppp

José Bové, l’aile gauche 

C’est la caution de gauche d’Europe Ecologie. Il avait intégré le mouvement avant les européennes, lui donnant vraiment l’image d’un rassemblement allant de l’extrême gauche au centre. Aujourd’hui, le paysan du Larzac est un pion essentiel dans le dispositif en captant quelques « anticapitalistes » et milite pour un large rassemblement, même s’il se tient à l’écart des bisbilles.  Reuters Bové 

Yannick Jadot, la nouvelle garde 

C’est l’une des figures montantes d’Europe Ecologie. A 42 ans, l’ancien directeur de campagne de Greenpeace apporte aux écolos une certaine fraicheur et une bonne connaissance du monde associatif. Ce qui n‘empêche pas ce nouveau-né en politique de faire preuve d’ambition. En 2008, il rejoint Daniel Cohn-Bendit pour fonder Europe Ecologie et se fait élire au Parlement européen en juin dernier. Il soutient aujourd’hui Eva Joly, en espérant peser dans le programme de 2012. Maxppp 

Gabriel Cohn-Bendit, le bras droit 

L’aîné de « Dany » est l’homme de l’ombre au sein d’EE. Président de l’Association des amis d’Europe Ecologie, il est loin des Verts « canal historique ». Et pour ces derniers, il est un épouvantail: il milite pour un rassemblement allant de José Bové à Nathalie Kosciusko-Morizet, refuse l’esprit de clocher. Surtout, il est proche de Jean-Louis Borloo et avoue n’avoir jamais milité dans un parti « plus d’un an ».  Maxppp 

Dominique Voynet, l’aînée

Candidate malheureuse à la présidentielle de 2007, ancienne ministre de l’Environnement et Secrétaire nationale des Verts, aujourd’hui sénatrice, mais aussi maire de Montreuil, Dominique Voynet peut se targuer d’une solide expérience politique, y compris sur le terrain. Ses réseaux pourront profiter à sa favorite pour 2012: Cécile Duflot. Pour autant, elle concède timidement qu’Eva Joly « correspond peut-être bien à l’époque ». Et le promet au JDD.fr : « Les Verts ne se replieront pas sur leur petite boutique ».  Reuters

Jean-Paul Besset, le conseiller 

Ancien journaliste (Libération-Le Monde-Politis), cet homme d’écrit joue un rôle important dans les coulisses du mouvement écolo. En 2006, il se rapproche de Nicolas Hulot dont il devient l’ami et la plume – il rédige notamment le Pacte écologique. Ancien militant de
la LCR, Jean-Paul Besset passe à l’action en 2008, en lançant, avec Daniel Cohn-Bendit, Europe Écologie. Son ambition aujourd’hui: ne pas laisser les Verts torpiller le rassemblement. Maxppp 

Yves Cochet, le décroissant 

Yves Cochet est l’une des rares voix qui affiche ses réticences quant à Eva Joly. Ce fondateur des Verts, converti à la décroissance, partisan d’une semaine de 28 heures et d’une baisse de la natalité, craint un glissement au centre du mouvement. Le député demande donc des gages à l’ex-juge d’instruction, pas assez écolo, pas assez à gauche à son goût. Et promet des débats animés.  Reuters 

Noël Mamère, le franc-tireur 

L’ancien candidat à la présidentielle de 2002 est toujours là quand il faut taper sur le pouvoir. Mais, quelle est son influence au sein de Verts en pleine mutation et dans un futur rassemblement hétéroclite? Le maire de Bègles semble en retrait et même s’il est une figure tutélaire, il n’en a plus le pouvoir.  Reuters 

Julien Bayou et Karima Delli, les jeunes qui montent 

Ils font parti de la relève au sein d’Europe Ecologie-Les Verts. Tous deux se sont fait remarqués dans le monde associatif (la galaxie Jeudi noir,
La France qui se lève tôt, Sauvons les riches, Génération précaire) et ont obtenu des résultats surprises aux européennes pour l’une et aux régionales pour l’autre. Des jeunes pousses déjà bien rodées. Maxppp  

 

18 Août 2010  |  Mise à jour le 19 Août 2010 

Voynet: « Les Verts ne sont pas sectaires » – Journal du Dimanche 

A la veille de l’ouverture des Journées d’été des Verts/Europe Ecologie à Nantes, Dominique Voynet, qui clôturera les trois jours de débat en compagnie d’Eva Joly et de Cécile Duflot livre son sentiment au JDD.fr. La maire de Montreuil ne cache pas sa préférence pour la secrétaire nationale à l’horizon 2012 et répond aux accusations de sectarisme lancées par Daniel Cohn-Bendit. Quant à Nicolas Hulot, la porte reste grande ouverte. 

Exclusif leJDD.fr 

Il n’y a pas de « canal historique » au sein des Verts pour Dominique Voynet. (Reuters) 

Sous quels augures vont s’ouvrir ces Journées d’été des Verts?
Il y a un soleil magnifique sur Nantes et les militants sont déjà là, déambulant d’un stand à l’autre. Des réunions se sont déroulées tout au long de la journée avec pour objet de préparer les décisions qui vont être prises cette semaine. L’ambiance est entre très bonne et excellente. Je suis ravie de constater que les responsables du mouvement ont montré leur sens des responsabilités et qu’aucune tension n’a été constatée. Ce n’est pas de la langue de bois, je vous le dis comme je le ressens. 

Les écologistes se sont beaucoup répandus dans la presse ces derniers jours: Cohn-Bendit dans Le Monde avec une déclaration de politique générale, Cécile Duflot dans le Nouvel Obs qui adoube Eva Joly, Eva Joly elle-même qui se déclare… Vous, on ne vous a pas entendue. Comment réagissez-vous à ces déclarations?
Que les principaux leaders du mouvement se positionnent pour dire comment ils voient les choses, c’est tout à fait normal. J’aurai moi-même l’occasion de le faire. Je participe à deux plénières importantes, notamment celle de clôture avec Cécile [Duflot, ndr] et Eva [Joly, ndr]. Je ne me suis pas exprimée car je n’en ai pas ressenti le besoin. Je me sens à l’aise avec la dynamique qui s’est enclenchée. J’avais marqué ma petite différence au moment des Européennes et des Régionales en soulignant qu’il ne fallait pas trop perdre en substance et en clarté politique. Mais en réalité, je suis rassurée. Les personnes qui ont rejoint Europe Ecologie sont marquées comme moi par l’exigence du projet, notamment sur le plan social. La greffe prend bien pour le moment. 

«Eva Joly correspond peut-être à l’époque» 

L’appel au grand large de Daniel Cohn-Bendit qui frappe à la porte du centre républicain ça vous pose un problème?
Ça me poserait problème s’il y avait un chef qui dicte la ligne et que tout le monde s’écrase. Mais je me sens tout de même éloignée de cette proposition. Je constate qu’une bonne partie de la population ne se retrouve pas dans le clivage droite/gauche et dans l’adhésion inconditionnelle à tel ou tel parti mais les valeurs de gauche existent bel et bien. On le voit avec les expulsions de Roms, les déclarations martiales du ministre de l’Intérieur et l’instrumentalisation de vrais sujets par un Président soucieux de draguer l’électorat du Front national. Face à ces problématiques, la gauche est présente mais elle ne fonctionne plus avec les mêmes règles organisationnelles qu’avant. J’ai l’impression de participer à l’accouchement de cette gauche nouvelle, capable de s’allier avec le PS mais aussi capable de lui tenir tête quand les conditions d’un accord décent ne sont pas réunies. 

Pensez-vous qu’Eva Joly soit la candidate idéale pour défendre la voix écologiste en 2012?
Ma candidate, depuis longtemps, c’est Cécile Duflot. Elle est le chef du parti, elle a 20 ans de moins que nous et incarne bien cette nouvelle culture de l’écologie politique. Mais après l’affaire Woerth-Bettencourt et compte tenu du dégoût qui s’est emparé d’une bonne partie des citoyens face aux errances du pouvoir et au défaut de la nomination d’un juge d’instruction, je me dis qu’Eva Joly correspond peut-être bien à l’époque. Nous allons en discuter ces jours-ci. 

Cécile Duflot dit qu’elle n’a pas les épaules pour assumer seule une candidature à la présidentielle…
C’est tout à son honneur de faire preuve de scrupules. Elle apprend très vite. Elle a fait un boulot énorme en quelques années. Je ne suis pas inquiète. Elle a très bien porté notre message jusqu’à aujourd’hui et je suis certaine qu’elle le porterait très bien à la présidentielle. 

«Pas d’alliance d’écologistes avec la droite» 

Certaines voix reprochent aux écologistes d’avoir pris un virage à gauche? Bizarre, non?
Je n’ai pas entendu ce reproche. Depuis la formation des Verts, j’ai toujours milité pour que l’on participe au travail de rénovation de la gauche. Le débat a été vif l’année dernière quand Dany Cohn-Bendit montrait une volonté de se rapprocher du Modem. Il s’adressait aux déçus, aux orphelins de l’engagement politique qui aujourd’hui se cherchent. Je n’ai entendu personne plaider pour des alliances à géométrie variable. On n’a pas un seul exemple en France d’une alliance d’écologistes avec la droite. 

Daniel Cohn-Bendit parle d’un « canal historique » des Verts… Vous vous sentez visée?
Il a l’air de considérer que certains Verts pourraient être réticents par rapport au rassemblement. Je ne me sens pas visée. C’est une vue de l’esprit d’imaginer qu’il y aurait une colonne vertébrale organisée qui empêcherait le rassemblement en s’enfermant dans une logique groupusculaire. Le noyau dur des Verts n’est pas aussi sectaire que certains le disent. 

Vous n’êtes pas réticente à ouvrir le parti?
Seuls ceux qui craignent de perdre leur pouvoir sont réticents à l’ouverture. C’est un mauvais calcul que de se replier sur sa petite boutique.  

«Nicolas Hulot ce serait la cerise sur le gâteau» 

Vous seriez prête à accueillir Nicolas Hulot?
Ce serait la cerise sur le gâteau. Vous savez, il a beaucoup changé. Il a commencé en champion des 4×4 et des ULM puis il a fait sa mue écologique. Il a été l’ami de Chirac mais je ne l’ai jamais senti complaisant ou innocent par rapport à la droite. Il a fait aussi beaucoup de chemin sur le terrain social et je ne suis pas du tout mal à l’aise vis-à-vis de Nicolas que je considère comme un camarade et comme un ami. 

Si vous deviez choisir entre Eva Joly et Nicolas Hulot?
Il n’y a pas à choisir. De toute façon, le débat commence à peine. Et puis on a grandi. Moi j’ai payé très cher le fait que le mouvement qui m’avait désignée le fasse avec tant de réserves et tant de prudence. Cela va se faire tout seul. Si ça se trouve on va sortir des Journées d’été avec une candidate naturelle portée par toute une mouvance. Ce peut être Cécile ou Eva. Et si Nicolas manifeste le désir de s’engager et de jouer collectif c’est jouable aussi.  

 

Publié le 18/08/2010 à 16:31 – Modifié le 18/08/2010 à 19:55 Le Point.fr

JOURNÉES D’ÉTÉ DES ÉCOLOGISTES – INTERVIEW

Placé : « J’ai bon espoir qu’un jour nous puissions diriger la gauche française » 

Par Émilie Trevert

Jean-Vincent Placé, le numéro deux des Verts © Stephane Lemouton/ABACAPRESS.COM

Les Verts et Europe Écologie ouvrent le bal des universités d’été jeudi à Nantes. Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts, répond aux questions du Point.fr

Le Point.fr : À la veille des journées d’été, le navire Europe Écologie donne l’impression de prendre l’eau…

Jean-Vincent Placé : Non, je ne crois pas. Le rassemblement des écologistes est plus que jamais nécessaire. Les crises écologiques – en Russie, au Pakistan ou dans le golfe du Mexique – ainsi que la crise économique et sociale française, amplifiée par les annonces sécuritaires du gouvernement, doivent nous appeler à plus de responsabilité et de rigueur, et nous sortir de nos petites querelles internes. Cela vaut pour les amis de Dany, cela vaut aussi pour moi. Il faut dépasser tout ça. Clarifier notre ligne politique et travailler aux propositions pour 2012.

Daniel Cohn-Bendit a été très critique à l’égard des Verts cet été. Europe Écologie peut-elle se faire sans lui ?

Europe Écologie a vocation à se faire avec tout le monde : Cécile Duflot, Eva Joly, José Bové… Nous essayons de faire ce qu’a réussi François Mitterrand à Épinay en 1971 et aux assises du socialisme en 1974, c’est-à-dire rassembler l’ensemble de notre famille. Évidemment, dans ce cadre-là, Daniel Cohn-Bendit est tout à fait indispensable.

La candidature d’Eva Joly commence à s’imposer, alors que vous préfériez le profil « jeune » et « dynamique » de Cécile Duflot… Faudra-t-il des primaires pour les départager ?

Ce n’est pas un problème de préférence personnelle. Nous avons la chance d’avoir deux excellentes candidates. Cécile Duflot, bien sûr, mais aussi Eva Joly, qui fait un excellent parcours comme eurodéputée et présidente de la commission développement à Strasbourg. Elle incarne aujourd’hui l’éthique en politique, et elle a une vraie aura dans l’opinion. Quoi qu’il en soit, il faut que le choix du ou de la candidate soit un choix des militants écologistes. Donc, oui à des primaires les plus larges possible qui pourraient avoir lieu à l’été ou l’automne 2011.

Vous avez donc changé d’avis sur Eva Joly ?

Je la connais peu personnellement. En 2009, quand elle nous a rejoints pour les européennes, et que j’ai appris qu’elle avait hésité entre la liste du MoDem et la nôtre, je me suis interrogé sur sa vision des problèmes économiques et sociaux. J’ai craint une candidature de type néocentriste. Mais j’ai été très vite rassuré en voyant ses déclarations, notamment sur les retraites.

Quelles sont vos relations avec le PS ? Certains proches de « Dany » disent que vous avez du mal à « briser les chaînes » avec vos « maîtres »…

Notre stratégie est très claire : nous ne sommes pas comme Besancenot à protester sans vouloir participer au pouvoir, nous voulons exercer des responsabilités. Mais nous ne sommes ni des vassaux ni des supplétifs du PS. Cela dit, il faut tenir compte des rapports de force. Il nous faudra encore quelques années pour pouvoir être devant la social-démocratie dans ce pays. Mais j’ai bon espoir qu’un jour nous puissions diriger la gauche française.

Que vous inspire la politique sécuritaire du gouvernement ?

Elle est scandaleuse, injuste et inefficace ! Même le FN, à sa plus grande époque, n’avait pas souhaité stigmatiser aussi clairement des catégories de populations sur les questions de délinquance. C’est infâme ! Et malheureusement, je crois que ce n’est pas qu’une question tactique. Il y a une dérive idéologique et autoritaire de la droite conservatrice et républicaine, qui se rapproche de plus en plus de l’extrême droite.

Qu’est-ce qu’un Jean-Vincent Placé ministre de l’Intérieur ferait ?

Ma première mesure, qui peut surprendre de la part d’un homme de gauche, serait d’augmenter les effectifs des policiers et des gendarmes. 10.000 postes ont été supprimés depuis l’accession au pouvoir de Sarkozy ! L’échec du gouvernement en la matière est patent. Moi, je crois à un grand service républicain de la sécurité qui ferait respecter les lois et non les privilèges. Je suis pour le rétablissement d’une police de proximité et la fusion police-gendarmerie. Mais la répression seule ne peut résoudre tous les problèmes.

On entend rarement la voix des écologistes sur les questions de sécurité. Vous comptez y remédier ?

Oui. Les questions de sécurité existent, il ne faut pas les nier. Sur ce sujet, comme sur les questions budgétaires et fiscales, Europe Écologie-Les Verts a encore peu de doctrine. Aux journées d’été des socialistes, à
La Rochelle, j’interviendrai au forum « Sécurité et liberté ». J’ai l’intention de créer un groupe de travail sur la sécurité en lien avec la commission justice des Verts. Nous devons dépasser une certaine vision angélique et laxiste pour apporter des réponses globales et concrètes.

 

Les Verts et Europe Ecologie cherchent la formule de leur fusion (Mediapart) 

18 Août 2010 Par Stéphane Alliès 

Tel un vague à l’âme ne cessant jamais d’osciller entre flux dynamique et reflux querelleur, le flot écologiste aborde ce week-end les rivages de Nantes, où Europe Ecologie tient ses journées d’été. Cette séquence-là devrait être apaisée et constructive, au moins tout le monde le promet-il, et portera en grande partie sur la nouvelle étape du mouvement, dont une méthodologie est proposée par les théoriciens Pascal Durand et Patrick Farbiaz, avant des assises en novembre.

Finies les bisbilles mortifères, qui ont menacé la pérennité de l’attelage large allant de Bové à Cohn-Bendit, en passant par les Verts, des déçus du mouvement social comme du Modem, ou Eva Joly. Cette dernière semble même déterminée à tenter sa chance à la prochaine présidentielle, et la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, se verrait bien rangée derrière elle, pour un ticket proposé par le politologue Bastien François.

Pionnier du rassemblement écologiste, l’eurodéputé Jean-Paul Besset confie son optimisme retrouvé, l’ancien porte-parole de la fondation Nicolas-Hulot expliquant ainsi qu’un consensus se dégagerait pour opérer «un double dépassement», des Verts et d’Europe Ecologie.

On a le sentiment que l’été a fait du bien aux écologistes, qui semblent moins soucieux de se déchirer…

Absolument. Europe Ecologie est un mouvement jeune qui attend de passer dans l’âge adulte. C’est clairement l’un des enjeux de ces journées d’été: montrer que tout le monde prend ses responsabilités et que tous les petits jeux délétères sont dérisoires par rapport à notre objectif de transformer la société. Chacun a pris le recul nécessaire et a retrouvé la raison, pour se rassembler enfin sur ce qui nous rapproche et ne plus s’agiter sur ce qui nous diviserait artificiellement.

Les écologistes sont-ils d’accord sur la marche à suivre et la structuration de leur mouvement?

Ce jeudi matin, nous avons réuni un bureau exécutif qui a eu lieu dans un très bon esprit. Nous avons longuement travaillé sur le contenu et l’organisation des assises de l’écologie politique qui se tiendront à la mi-novembre à Lyon. Et nous sommes tombés facilement d’accord sur la façon de procéder, notamment les modalités de vote des adhérents. Sur les grandes orientations, le projet et les calendriers de désignation électorale, on devrait arriver à rapprocher les nuances, via de grandes conférences de consensus, avant de les faire adopter par les militants. Reste la structuration du mouvement lui-même, où trois courants se dégagent: les Verts maintenus et des couches de sympathisants EE autour; une fédération sous forme de cartel regroupant différents groupes politiques et des adhérents à titre individuel; enfin, un mouvement unifié qui ne serait pas dans la simple continuité d’Europe Ecologie. C’est cette dernière hypothèse qui recueille pour l’instant une écrasante majorité.

C’est-à-dire?

Un nouveau mouvement, qui ne serait plus les Verts et/ou Europe Ecologie, avec un nouveau nom, une direction renouvelée et une nouvelle structuration militante. Le message principal, c’est qu’il ne doit plus y avoir de différence entre Verts et non-Verts. Dans l’idée de tous, cette nouvelle organisation doit être sur les rails jusqu’en 2012, où nous ferons un point d’étape pour réévaluer la situation. Aujourd’hui, tout le monde est sorti de ses a priori figés et converge sur l’idée d’une affirmation à part entière. Nous ne devons plus être la branche d’un arbre, mais un arbre à nous seuls, certes destiné à faire forêt avec d’autres.

Vous qui défendiez une écologie au-delà de la gauche et de la droite, avez aussi mis de l’eau dans votre vin…

Nous ne devons pas rester en position de passivité, mais être nous-mêmes et passer des partenariats. Actuellement, il est évident que ces partenariats ne peuvent être passés qu’avec les forces de gauche. Mais nous devons interroger ces autres forces pour leur demander: «En quoi êtes-vous écolos?» et non plus «Qu’êtes-vous prêts à verdir dans votre programme pour nous faire un peu plaisir?» On ne peut pas être d’accord sur tout, mais il faudra bâtir avant la présidentielle et les législatives un contrat de partenariat avec le PS, et avec le Front de gauche, assurant les grandes lignes d’une transition écologique de la société, et pas seulement quelques postes symboliques de ministres.

La candidature d’Eva Joly pour 2012 est-elle déjà actée?

Ce n’est pas l’objet de nos journées d’été, nous cherchons d’abord à constituer une force pérenne. Ensuite, on verra s’il y a d’autres candidats et on tranchera par des primaires. C’est vrai que le ticket Joly-Duflot est accueilli très positivement, presque naturellement, car Eva possède le meilleur profil pour porter les valeurs écologistes en indépendance totale et revendiquée avec le PS. Cela dit, elle est aussi ouverte aux discussions.

 

 

Un « ticket » Vert à l’élection présidentielle pour promouvoir
la VIe République (Le Monde) 

18.08.10 | 14h53  •  Mis à jour le 19.08.10 | 15h49 

A quelle condition la troisième force politique française, hostile au régime de
la Ve République, peut-elle présenter un candidat à l’élection présidentielle ? Le rassemblement de l’écologie politique sous la bannière d’Europe Ecologie, qui cherche à se donner une structure pérenne, avec le concours de l’appareil militant des Verts, ne peut échapper à cette question. 

Ne pas présenter de candidat, c’est se condamner au black-out médiatique dès lors qu’une telle décision sera annoncée. C’est alors renoncer à défendre l’idée qu’une autre politique de gauche est possible, que le productivisme modernisé en capitalisme vert n’est qu’un leurre, et qu’il faut passer à l’offensive pour engager la conversion écologique de notre économie face à la crise globale qui nous frappe. 

C’est aussi, sur un plan tactique, ne pas tirer la leçon des élections régionales : la victoire écrasante de la gauche s’est construite au premier tour et dans l’alliance réalisée pour le second tour. Si le candidat écologiste ne sera sans doute pas élu président de
la République en 2012, le candidat socialiste, quel qu’il soit, n’a de chance d’accéder à l’Elysée qu’en sachant reprendre à son compte, au second tour, les préoccupations exprimées par l’électorat écologiste mobilisé au premier tour. 

Mais, dans le même temps, on voit bien le piège et la contradiction que devra affronter le candidat écologiste à la présidentielle. Pour avoir une chance de figurer en bonne place dans cette course de petits chevaux réglée par les mesures d’Audimat, il risque d’y perdre son âme, obligé d’empiler des promesses démagogiques, de se livrer pieds et poings liés aux exigences de la personnalisation et de la spectacularisation de cet exercice d’apparence démocratique, ballotté par la logique versatile d’une « opinion publique » artefactuelle, sommé de faire applaudir son charisme à défaut d’intéresser sur son programme, contraint d’endosser les habits tribuniciens de « l’homme providentiel » qu’est censé être le président de
la République. 

Comment, dans ces conditions, pouvoir porter le message d’une crédibilité nouvelle de l’écologie politique à assumer des responsabilités de gouvernement, tout en contestant la logique du présidentialisme à la française, qui réduit la démocratie à l’exercice solitaire du pouvoir ? Comment défendre l’idée qu’il n’y aura pas de changement économique et social sans une transformation des façons de décider, de participer aux choix collectifs ou de représenter les électeurs ? Comment promouvoir, pour le dire autrement, une VIe République fondée sur un autre rapport à la démocratie quand on officie à la grand-messe de
la Ve République ? 


LA STRATÉGIE DU JUDOKA 

Sauf à se satisfaire d’une candidature sympathique de « témoignage », l’écologie politique pourrait s’inspirer de la stratégie du judoka : utiliser la force de la présidentielle pour en déséquilibrer la logique délétère. Comment ? En profitant du fait que la plénitude du pouvoir gouvernant n’est attribuée qu’au terme de deux élections simultanées – présidentielle et législatives – et en présentant non pas un candidat, mais un « ticket », comme disent les Américains. Sur ce « ticket » figureraient deux noms : un candidat à la présidence de
la République et un autre à la direction du gouvernement. 

Le premier se présenterait comme le garant des valeurs de
la République, le second comme le responsable de la définition d’un programme de gouvernement. Le premier se situerait au-delà des partis politiques, le second engagerait la dynamique partisane en mesure de rassembler une majorité de gouvernement. Le premier se préparerait à exercer un pouvoir d’arbitrage, le second à conduire la politique de la nation. Le premier définirait les grandes lignes d’une refondation démocratique du pacte républicain, le second détaillerait les politiques publiques à mettre en oeuvre. Le premier s’engagerait à présider sans gouverner, le second à gouverner sous le contrôle de la majorité (de gauche) au Parlement. 

Par chance, l’écologie politique a dans ses rangs deux candidates susceptibles de tenir avec brio ces deux rôles : l’une, Eva Joly, à qui son parcours et sa stature internationale permettent d’incarner de façon exemplaire l’exigence d’éthique et le sens de l’intérêt général attendus d’un président ; l’autre, Cécile Duflot, qui a réussi à promouvoir l’écologie politique au rang des forces de gouvernement, sans renoncer à la radicalité de son message. 

Ajoutons – clin d’oeil à une polémique récente -, qu’elles ont toutes deux l’âge du rôle ! En 2012, la première aura à peine plus que l’âge du général de Gaulle en 1958, la seconde celui de Laurent Fabius lorsqu’il fut nommé premier ministre, en 1984. 

Bové : « Europe Ecologie ne doit pas être la cinquième roue du carrosse du PS » (Le Monde) 

19.08.10 | 12h58  •  Mis à jour le 19.08.10 | 20h46 

Les journées d’été d’Europe Ecologie (EE) ont débuté jeudi 19 août à Nantes dans un climat d’apaisement après la polémique autour de l’invitation de Rama Yade (UMP). Durant ces trois jours, il sera surtout question du projet du rassemblement pour 2012, la candidature d’Eva Joly à la présidentielle paraissant désormais faire consensus. Le point de vue de José Bové, député européen Europe Ecologie. 

Soutenez-vous la candidature d’Eva Joly à la présidentielle de 2012 ?  

J’appartiens à ceux qui dès le début ont pensé que c’était un bon projet. Elle a le bon profil pour représenter Europe Ecologie : la tradition écologique mais aussi tout le débat sur la démocratie et l’éthique. En tant que personne, elle a su démontrer son opiniâtreté, sa probité. Elle incarne bien ce qu’est Europe Ecologie. 

Que pensez-vous d’un « ticket » avec la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot ?  

Il y a d’un côté le mouvement, avec des présidents, des secrétaires, des militants, et de l’autre la candidate. Celle-ci sera soutenue par tout le mouvement. Il y a deux choses qui se construisent en même temps : la structuration du mouvement et la candidature pour 2012. 

Donc, pas de « ticket » ?  

L’idée d’un ticket, c’est un peu bidon, disons que ce n’est pas essentiel. 

Daniel Cohn-Bendit parle lui de primaires ouvertes, avec Nicolas Hulot ou Corinne Lepage (présidente du parti écologiste Cap 21), c’est de la provocation ?  

Le souci de Dany, et je le partage, est le suivant : comment faire pour que toute la famille écologiste se rassemble ? Il ne faut pas rester dans le périmètre actuel. Il faut que tous se reconnaissent dans la candidature que nous porterons. Si des primaires ouvertes y contribuent et que cela sert à rassembler les militants autour d’une candidature, ça peut m’aller. 

Tendre la main à Hulot ou Lepage, plus au centre, est-ce une bonne chose ?  

Il faut montrer notre autonomie en tant qu’Europe Ecologie dans le paysage politique. Il y a le PS, Bayrou, le Front de gauche… EE a un projet autonome, dans sa critique de l’économie, de la démocratie, son discours sur l’Europe fédérale, etc. Cela doit permettre de rassembler des gens divers. EE n’a pas vocation à être la cinquième roue du carrosse du PS. Ce ne sera pas l’union de la gauche, mais l’union de la gauche et des écolos. 

Daniel Cohn-Bendit dit qu’il faut conclure un accord avec le PS pour les législatives, avant de désigner le candidat à la présidentielle, êtes-vous d’accord ?  

Oui. Mais il faut que nous gardions notre autonomie pour la présidentielle. 

Passer un accord avec les socialistes, n’est-ce pas dire aux électeurs « nous serons de toute façon derrière le PS au final » ? 

Non. Aux régionales, cela a fonctionné. Autre exemple : lors de la législative partielle à Rambouillet (Yvelines) en juin, chacun avait son candidat mais Anny Poursinoff, la candidate écologiste, est arrivée devant celle des socialistes au premier tour. On pourrait imaginer qu’Eva Joly devance Martine Aubry ou DSK… Le premier tour construit un rapport de force. 

Etes-vous optimiste sur le fait que les Verts et EE trouvent une structure commune satisfaisante ?  

Oui. Chacun trouvera sa place dans la structure. Les choses vont dans le bon sens, vraiment. 

 

Les écolos ont presque une candidate (Ouest France) 

jeudi 19 août 2010 

 

Un consensus commence à se dégager autour de la candidature d’Eva Joly à la présidentielle de 2012. 

À Nantes, l’université d’été des écologistes démarre aujourd’hui sous le signe d’une apparente unité derrière Eva Joly. 

Avant même le début des journées d’été du rassemblement des écologistes, le trésorier des Verts, Mickaël Marie, affichait déjà un motif de satisfaction. « 200 intervenants extérieurs et 2 000 militants sont attendus à Nantes jusqu’à samedi. C’est un record, et cela prouve qu’il n’y a pas d’essoufflement de la démarche ! » 

Autre record : le nombre de questions à régler. À vingt mois de la présidentielle, les Verts et Europe Écologie (EE) n’ont ni structure commune, ni projet clair, ni candidat désigné. 

En quête de projet 

Encore une fois, Mickaël Marie est optimiste. D’après lui, « un mouvement unifié » a commencé à faire son chemin lors des réunions préparatoires. Autre nouveauté : « Le climat est très apaisé », a annoncé le no 2 des Verts, Jean-Vincent Placé, habitué à polémiquer avec les leaders d’EE. Enfin, un compromis semble se dégager autour de la candidature déclarée d’Eva Joly pour 2012, Cécile Duflot ayant exprimé clairement sa réticence personnelle à se présenter. 

Tous les feux seraient-ils passés au vert ? Pas si sûr. Pour Daniel Cohn-Bendit, la structuration d’Europe Écologie est loin d’être achevée. Et avant de régler le problème de la présidentielle, « il faut faire un accord avec le PS sur les législatives. » Autre crainte exprimée par Corinne Lepage, invitée comme partenaire : le ralliement des Verts derrière l’ancienne juge d’instruction serait la monnaie d’échange « d’un virage à gauche »

Car c’est bien la détermination du projet qui est la véritable priorité. « Nous ne voulons plus perdre de temps avec l’organisation, explique Mickaël Marie. Maintenant, il faut définir le projet et parler aux Français. » Quitte à menacer l’unité affichée du grand rassemblement écologiste ? Pierre DUQUESNE. 

 
19/08/2010 à 15h48

Cohn-Bendit: «Mon avenir politique est derrière moi» (Libé) 

Usé, vieilli, fatigué, Daniel Cohn-Bendit? «Lassé» en tout cas. C’est ce que l’eurodéputé a laissé entendre lors des Journées d’été des Verts-Europe Ecologie, qui ont débuté ce jeudi à Nantes.

«J’ai mon avenir derrière moi politiquement», a déclaré DCB, reconnaissant «une véritable lassitude» et confiant son désir de «prendre un peu [s]es distances».

En outre, le chef de file du rassemblement écologiste a rappelé qu’il n’avait «pas envie» d’être candidat à la présidentielle de 2012 et affirmé que «si Eva Joly s’impose comme candidate», il la soutiendra et participera à sa campagne.

«La vérité, aujourd’hui, c’est que la construction d’Europe Ecologie ne passe pas par moi, a déclaré Daniel Cohn-Bendit. J’ai donné, j’ai fait ce que je sais faire. Et, visiblement, je ne suis pas le grand spécialiste de l’organisation politique», a ajouté DCB alors que Les Verts-EE doivent devenir un «mouvement unifié» aux assises de l’écologie à Lyon, le 15 novembre.

Alors que Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, estimait devant les caméras qu’il n’y avait «aucun problème» dans le rassemblement, Daniel Cohn-Bendit, a souri, avant de lancer: «Si, il y a des problèmes à régler», mais «ils n’ont pas besoin de moi pour les régler».

Selon l’eurodéputé, régulièrement en conflit avec le numéro deux des Verts Jean-Vincent Placé, «il y a des personnalités qui ne rêvent que d’avoir un appareil en main. C’est leur vie. Si je n’étais pas poli, je dirais que ça les fait bander».

(Source AFP)

18/08/2010 à 13h27

Duflot estime ne pas avoir les «épaules suffisantes» pour 2012 (Libé) 

Trop verte Cécile Duflot pour la présidentielle? C’est ce que la secrétaire nationale des Verts pense, estimant n’avoir «pas les épaules suffisantes» pour 2012. Elle reconnaît avoir «peur» de la «tuerie» que représente cette campagne, dans un entretien au Nouvel Observateur à paraître jeudi.

A la veille des journées d’été des Europe-Ecologie et Verts à Nantes, elle estime toutefois qu’il «faut creuser» l’idée d’un «ticket» avec l’eurodéputée Eva Joly qui s’est, elle, portée candidate.

«Quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c’est là, paraît-il, que ça se passe, je me dis que j’en ai peur. La présidentielle, c’est une tuerie», affirme Cécile Duflot.

«J’ai toujours dit ma réticence personnelle. Personne ne le croit, puisque tous les politiques, paraît-il, ne rêvent que de ça. Mais ça n’a jamais fait partie de mes plans de carrière d’être candidate en 2012», souligne-t-elle.

Un ticket avec Joly?

«On peut être un peu lucide sur soi-même. Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas les épaules suffisantes pour porter seule une telle charge», assure-t-elle. Et puis, «il y a des temps pour tout»: «quand on traverse un glacier et qu’on ne sent pas le truc, il faut savoir s’arrêter».

Pour autant, la présidente des Verts au Conseil régional d’IdF ne dit pas qu’elle ne sera pas candidate quoi qu’il arrive. «Il faut faire attention aux mots définitifs, mais tout le monde aura compris quelles sont mes intentions personnelles.»

Interrogée sur l’éventualité d’un «ticket» avec l’ex-juge anti-corruption Eva Joly, elle répond: «s’il y a une personne avec qui je peux imaginer ça, c’est Eva». «Il faut creuser. L’affiche aurait en tout cas un côté cocasse : jusqu’ici on avait le président et son épouse. Eva et moi, c’est plus sympa que Nicolas et Carla, non?»

«Ce qui est certain, c’est que mon entente avec Eva résistera aux calculs pervers des uns et des autres. Elle et moi savons notre complémentarité. Ce qu’elle incarne, par son parcours, donne une coloration à la candidature écolo qui me plaît bien», argue-t-elle, rappelant que le candidat EE «sera celui choisi par les militants».  (Source AFP)

 

18/08/2010 à 00h00

Europe Ecologie : le défi d’Eva Joly (Libé Rebonds) 

Par DENIS PINGAUD Vice-président exécutif d’OpinionWay

Le consensus qui semble se dessiner en faveur d’une candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle de 2012 pourrait mettre heureusement fin au coup de blues qui semble assommer les écologistes, un an après leur spectaculaire coup de bluff des élections européennes de 2009. Celui-ci reposait sur trois hypothèses, en parfaite résonance avec ce qui travaille la société française.

Premièrement, la question politique n’est plus comprise à l’aune des représentations traditionnelles. La défiance massive vis-à-vis de l’offre structurée par un axe horizontal gauche-droite – 60% des Français n’ont confiance «ni dans la droite ni dans la gauche» pour gouverner le pays – ouvre l’espace à des forces plus transversales, plus pragmatiques et plus consensuelles.

Deuxièmement, la question écologique n’est plus perçue comme un enjeu complexe et lointain mais comme une urgence évidente et impliquante. Ce que confirment toutes les études sur l’évolution des comportements, notamment en matière de gestes ou d’arbitrages microéconomiques liés à l’environnement.

Troisièmement, la question électorale n’est plus vécue en plein – je vote toujours pour mon camp – mais en creux – je sanctionne, scrutin après scrutin, y compris mon propre camp. On ne comprendrait rien au succès d’Europe Ecologie si l’on sous-estimait, dans un contexte de déclin du sarkozysme, la force centripète du rassemblement face aux divisions chroniques et aux ego erratiques qui minent les autres forces d’opposition, des antilibéraux jusqu’au Modem.

Le coup de bluff s’est révélé un coup de génie politique, qui a permis de faire jeu égal avec le Parti socialiste. Même si, quelques mois plus tard, dans un contexte électoral différent – moins lisible en termes d’enjeux, plus clientéliste pour les pouvoirs locaux en place – le nombre de voix d’Europe Ecologie au scrutin régional a régressé de 15% par rapport au scrutin européen.

On pouvait imaginer que, grisé par son succès, le tout jeune mouvement produise une quantité d’idées neuves et de propositions convaincantes pour sortir de la crise, témoignant ainsi d’un appétit raisonné et réaliste pour le pouvoir. Au lieu de quoi ce fut le coup de blues autour d’un débat se cristallisant sur des attendus organisationnels obscurs et des suspicions politiques stérilisantes.

L’électorat d’Europe Ecologie, stratège mais volage, pourrait finir par se lasser de telles difficultés à penser l’alternance. La récente vague de notre baromètre auprès d’un panel d’électeurs écologistes (interrogés régulièrement depuis quinze mois) révèle d’ailleurs des attentes et des opinions parfois en forte tension avec les idées communément défendues par les leaders du mouvement. Trois sujets sont à l’agenda.

Il y a une contradiction manifeste entre la volonté de présenter un candidat au premier tour de la présidentielle – a priori pour obtenir un résultat le plus haut possible – et le souhait de négocier en amont de ce scrutin un accord global de gouvernement et de répartition des circonscriptions législatives avec le Parti socialiste et les autres forces de gauche. Dans l’hypothèse d’un tel accord, l’attrait d’un vote écologiste, devenu sans véritable enjeu, s’étiolerait singulièrement.

Les électeurs écologistes sont partagés sur ce point. 41% d’entre eux souhaitent qu’Europe Ecologie «présente son propre candidat sur la base de son projet de gouvernement», tandis que 58% préféreraient qu’Europe Ecologie «présente son propre candidat en ayant déjà préparé un projet commun de gouvernement avec le Parti socialiste et d’autres forces de gauche». La rhétorique et l’imagerie autour d’une gauche plurielle rénovée est loin de faire l’unanimité dans un électorat qui ne se situe qu’à 60% «à gauche ou très à gauche». 21% se considèrent «au centre ou à droite» et 13% «ni à gauche, ni à droite».

Une même tension est observable sur un certain nombre de sujets d’actualité ou de questions programmatiques. L’électorat écologiste, par exemple, est très nuancé s’agissant de la réforme des retraites. 46% des électeurs se déclarent plutôt favorables «au report à 62 ans de l’âge légal du départ à la retraite» à condition d’être assorti «de mesures beaucoup plus favorables pour les personnes ayant effectué des métiers pénibles et d’un mode de financement plus équilibré entre les revenus du capital et du travail». 24% seulement estiment qu’il faut «maintenir à 60 ans l’âge légal du départ à la retraite quitte à augmenter la durée des cotisations et à taxer davantage les revenus du capital».

Sur la question programmatique du nucléaire, historique et emblématique pour le mouvement écologiste, on observe un même écart entre la doctrine et l’opinion des électeurs. 48% de ceux-ci, seulement, adhèrent à l’idée qu’il convient «d’envisager au plus vite un abandon de la filière nucléaire dans la politique énergétique de
la France».
51%, en revanche, se déclarent ouvertement en désaccord.

Dès lors, le sujet fort médiatisé de la candidature à l’élection présidentielle ne saurait être tranché sans mettre à plat ce qui constitue l’originalité de la force électorale d’Europe Ecologie. Clairement dans l’opposition au pouvoir en place, celle-ci est néanmoins diverse et jalouse d’une certaine autonomie par rapport à la gauche, dont une partie est issue mais pour laquelle l’autre – de manière plus marquée dans les générations 30-50 ans – ne se sent guère d’empathie naturelle.

Eva Joly, si elle devait être candidate, devra tenir compte, non seulement de cette donnée, mais aussi et surtout de l’entrée en lice, dans le scrutin présidentiel, d’un électorat populaire numériquement nombreux, fortement abstentionniste aux élections intermédiaires et très défiant vis-à-vis de l’offre politique classique. C’est son principal défi.

A l’heure où les Français, pessimistes, considèrent que leurs enfants et petits-enfants vivront moins bien qu’eux, l’écologie – comme condition d’un nouvel avenir économique et social pour les générations futures – est-elle susceptible de les convaincre ?

 

Question Jeudi 19 Août 2010 | Politique – Journal du dimanche

Eva Joly semble la favorite des écolos pour 2012…  Total: 1086 votants 

  • 43%  (469 votants) Eva Joly ou une autre, les écolos ne sont pas crédibles
  • 27%  (291 votants) C’est une femme intègre qui le mérite
  • 17%  (189 votants) Je vote Eva pour 2012
  • 8%  (84 votants) Elle fait de beaux discours, mais n’a pas d’expérience politique
  • 5%  (53 votants) Je préfère Cécile Duflot

 

Pour 2012, Cécile Duflot se range derrière Eva Joly 

Par Bastien Hugues  18/08/2010 | Figaro

Estimant ne pas avoir les épaules assez larges pour se porter elle-même candidate à l’élection présidentielle, la secrétaire nationale des Verts défend sa complémentarité avec l’eurodéputée Eva Joly, quelques jours après l’annonce de sa candidature. 

Cécile Duflot a beau répéter qu’elle préfère parler de projets plutôt que de personnes, les Journées d’été de son parti, qui débutent jeudi à Nantes, risquent bel et bien de se focaliser sur la question du candidat écologiste pour 2012. Quelques jours seulement après qu’Eva Joly a affirmé son ambition, la secrétaire nationale des Verts vient alimenter le sujet en louant longuement les qualités de la députée européenne et ancienne juge d’instruction, fer de lance de la lutte anti-corruption.

«Mon entente avec Eva résistera aux calculs pervers des uns et des autres. Elle et moi savons notre complémentarité, affirme-t-elle dans une interview au Nouvel Observateur. Ce qu’elle incarne, par son parcours, donne une coloration à la candidature écolo qui me plaît bien : une vraie radicalité, une vraie constance dans les engagements. Elle n’a pas froid aux yeux.» Et la numéro un des Verts d’insister : «Eva est une vraie écolo (…) et a une autre qualité : elle ne barguigne jamais pour aller faire campagne, même dans des endroits qui ne sont pas glamour».

Vers un ticket Joly-Duflot

Répétant sa «réticence» à se porter elle-même candidate, Cécile Duflot estime ne pas avoir «les épaules assez larges pour porter seule une telle charge». «Quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c’est là paraît-il que ça se passe, je me dis que j’en ai peur. La présidentielle, c’est une tuerie. J’ai été très contente de mener la liste écolo aux régionales en Ile-de-France, mais il y a un temps pour tout.»

L’hypothèse selon laquelle Eva Joly porterait les couleurs écologistes en 2012, avec Cécile Duflot à la tête d’un rassemblement Verts-Europe Ecologie, semble donc se confirmer un peu plus. «S’il y a une personne avec qui je peux imaginer ça, c’est Eva !», reconnaît volontiers Cécile Duflot. «Un ticket président-premier ministre, il faut creuser. L’affiche aurait en tout cas un côté cocasse : jusqu’ici, on avait le président et son épouse. Eva et moi, c’est plus sympa que Nicolas et Carla, non ?»

L’une des principales questions reste désormais de savoir si les Verts et Europe Ecologie vont réussir à se réunir dans une seule et même structure. Premier partisan d’un tel rassemblement, Daniel Cohn-Bendit n’a de cesse de fulminer l’existence d’un «noyau dur» chez les Verts qui bloquerait le processus. Les Journées d’été, qui se tiennent de jeudi à samedi, vont peut-être éclaircir la situation.

Derrière le consensus écolo pour Eva Joly, des tensions demeurent 

(Le Monde) 18.08.10 | 17h40  •  Mis à jour le 18.08.10 | 18h01  

Elle avait promis de décevoir ceux qui comptaient sur sa rivalité avec Eva Joly pour empoisonner l’ambiance des journées d’été des écologistes. Cécile Duflot a tenu parole : elle se déclare « réticente » à être candidate en 2012, dans un entretien au Nouvel Observateur, à paraître jeudi 19 août, le jour même où les Verts et Europe Ecologie se rassemblent pour trois jours à Nantes

En quelques semaines, la voie semble donc s’être dégagée pour qu’Eva Joly porte les couleurs écologistes à la présidentielle. Mieux, les deux anciennes rivales potentielles pourraient mener campagne main dans la main : la secrétaire nationale des Verts évoque l’idée d’un « ticket » avec l’ancienne juge, député européenne d’Europe Ecologie. Cécile Duflot cite d’ailleurs la tribune publiée opportunément mercredi dans Le Monde par l’universitaire Bastien François, qui imagine l’une briguant l’Elysée, l’autre Matignon. A la veille des journées d’été, ce possible duo – l’ancienne juge issue de la société civile et la dirigeante de parti écolo ancré à gauche – apparaît comme un symbole d’apaisement dans le mouvement. 

« UN VIRAGE TROP À GAUCHE » 

Une ambiance qui tranche avec les déchirements récents entre militants d’Europe Ecologie et des Verts, comme le 5 juin, lors de la convention nationale du mouvement ou, plus récemment, à propos de l’invitation lancée – puis retirée – à l’UMP Rama Yade par Daniel Cohn-Bendit. 

Malgré le consensus apparent autour d’Eva Joly, il reste bien sûr des questions à trancher pour les écologistes. Une part tient à la réaction de Daniel Cohn-Bendit. Ainsi, alors qu’il semblait préférer une candidature Eva Joly à celle de la leader des Verts, il glisse, mercredi, sur Europe 1, que dans une présidentielle, « il n’y a pas de ticket ». Il estime qu’il faut avant tout faire un accord avec le PS pour les législatives… Ou esquisse l’idée de primaires ouvertes à des personnalités comme Nicolas Hulot ou Corinne Lepage. 

L’animateur et la présidente du parti écologiste CAP 21 sont pourtant plus centristes que la direction des Verts. Dans un entretien à 20 Minutes, Mme Lepage a prévenu avant de venir à Nantes : « Je crains un virage trop à gauche, avec par exemple la position des Verts sur les retraites et cela me paraît très loin des positions de Daniel Cohn-Bendit. » On pourrait imaginer d’autres désaccords dans le mouvement, par exemple sur la sécurité, évoquée deux fois ces derniers jours par Cohn-Bendit, ou sur la « décroissance prospère » prônée dans Le Monde par le député Verts Yves Cochet. 

UNE STRUCTURE ENCORE FLOUE 

Mme Lepage, qui participera, vendredi, à Nantes à un débat avec le socialiste Pierre Moscovici, est même allée plus loin, redoutant « un pacte passé entre Europe Ecologie et les Verts : à EE la candidature à la présidentielle, aux Verts le projet et le mouvement ». 

Il est vrai que la structuration des écologistes reste un des plus gros chantiers. Certains, dont Cohn-Bendit et les signataires de l’appel du 22 mars, prônent une coopérative, un réseau assez ouvert dans lequel les Verts seraient une composante. Les cadres du parti préfèrent conserver leur structure en l’amendant pour faire de la place aux associatifs et aux membres d’Europe Ecologie. 

Les nombreux débats prévus sur le sujet à Nantes doivent paver la route d’ici aux assises de novembre, qui trancheront la question. 

« Tout le problème est de savoir quelle est la force du noyau dur canal historique Verts qui veut sauver un mini-appareil ridicule » et quelle est la « force » de leurs opposants, estime Daniel Cohn-Bendit. Ambiance. Une des réponses est peut-être à trouver dans la mesure de l’engouement, parmi les militants, pour la personnalité d’Eva Joly. 

Parlons de répartition avant de décroissance (Le Monde) 

Jean Chaussade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS 

20.08.10 | 09h54  •  Mis à jour le 20.08.10 | 10h32

Il faut une certaine dose d’inconscience pour prôner la décroissance, comme le fait monsieur Yves Cochet dans sa tribune publiée le 17 août dans Le Monde. Prononcée aussi brutalement, elle est socialement et psychologiquement inacceptable et donc vouée à l’échec ! En fin stratège politique qu’il est, Yves Cochet devrait pourtant le savoir : avant de parler d’une décroissance globale qui frapperait l’ensemble de la communauté humaine, il serait plus judicieux et surtout plus urgent de parler d’une meilleure répartition des richesses.

Car enfin, décroissance pour qui ? Pour tous ces peuples qui vivent dans la pauvreté et la misère la plus noire ? Pour ces ménages à petits revenus qui vivent dans nos banlieues ? Pour ces millions de retraités qui ont le plus grand mal à joindre les deux bouts ? Allons, un peu de sérieux monsieur Cochet (j’allais dire un peu de décence !), le monde a besoin de croissance et pour longtemps encore, ne serait-ce que pour offrir des conditions de vie décentes aux trois milliards d’habitants supplémentaires que
la Terre devra accueillir d’ici 2060 !

La décroissance (ou sa variante, la croissance zéro) est un idéal de riches ! Elle ne concerne pas ceux qui, vivant dans l’inconfort matériel et alimentaire (je pense en particulier aux 10 millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui, dans notre beau pays de France, vivent dans la pauvreté !), espèrent que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Comme le disait Henri Guaino, ancien commissaire au Plan (journal
La Croix du 23 octobre 2006) :  « la croissance est la seule chose qui puisse rendre l’inégalité acceptable (si tant est qu’elle est acceptable) car elle est une promesse d’abondance qui atténue la désespérance du pauvre, tandis que l’Etat stationnaire est un rêve de nanti qui veut surtout que rien ne change ».

Certes, une fois qu’on a dit cela, il faut bien admettre que la croissance pour la croissance, la croissance « quantitative » est source de multiples nuisances ; elle épuise les ressources et compromet la croissance future. La seule solution, la solution raisonnable est dans la croissance maîtrisée ou, comme on dit maintenant, la croissance durable, celle qui crée les conditions de sa propre perpétuation. Ce qui implique qu’elle soit associée étroitement à la notion de qualité : qualité des services publics, qualité de l’environnement, qualité de l’alimentation, qualité de l’eau, qualité du travail, qualité de la santé, qualité des logements, etc.

On ne le dira jamais assez, le monde a besoin de croissance qualitative. Pas d’une croissance feu follet comme on l’a connue ces dernières décennies, mais d’une croissance contrôlée, apprivoisée, d’une croissance qui rétablisse un certain équilibre entre ceux qui ont trop et ceux qui n’ont pas suffisamment. Vaste programme me direz-vous ! Oui mais c’est pourtant la condition nécessaire pour que l’on puisse un jour parler sérieusement, et avec quelque chance d’être écouté, du mieux vivre ensemble par un retour à des valeurs simples, moins onéreuses et plus conviviales. D’une sobriété choisie. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver (elle se sauvera d’elle-même) mais l’homme, les hommes dans la planète !

 

 


Europe Ecologie : yes we can ! 

LEMONDE.FR | 18.08.10 | 10h04  •  Mis à jour le 18.08.10 | 10h39 

Pascal Durand, délégué général d’Europe Ecologie et Patrick Farbiaz, membre dirigeant d’Europe Ecologie 

En 2008, la naissance d’Europe Ecologie a marqué la fin d’un cycle de l’écologie politique. Elle a engendré une formidable espérance et annoncé une nouvelle donne dans le paysage politique français. En enracinant l’autonomie du projet écologiste, les élections européennes et régionales ont démontré la potentialité de cette force montante. Pour autant, cette réussite n’est nullement un gage de pérennité. De nouvelles échéances se profilent et l’écologie politique doit les affronter avec maturité. Sous peine de revenir à sa marginalisation, les querelles de cour de récréation, les luttes claniques et la valse des egos doivent cesser. La force d’Europe Ecologie fut de dépasser les différences pour rassembler les écologistes derrière un projet commun. Si l’écologie politique en revient aux pratiques groupusculaires il en sera fini de sa crédibilité et de sa faculté à pouvoir peser sur les politiques publiques. Ce sont désormais les enjeux du débat sur le type de mouvement adapté au XXIe siècle qui se profilent et in fine sur le projet et la stratégie. Une sourde bataille se joue entre l’ancien et le nouveau, entre ceux qui disent vouloir tout changer pour que rien ne change et ceux qui veulent construire une nouvelle force majoritaire autonome et « faire société ». Le débat se concentre sur trois questions : organisationnelle, politique, et stratégique : 

1- Au delà de la sémantique (coopérative, fédération, parti), deux questions organisationnelles se posent : 

- Celle du périmètre du nouveau mouvement doit être clairement défini. Europe Ecologie a su s’ouvrir à de nouveaux acteurs, dont certains issus de mouvements partidaires PS, Modem, PC, Cap 21, MEI. Il est vital qu’à l’intérieur d’Europe Ecologie, ils ne soient pas figés dans une posture ou une histoire passée. Si la question d’une double appartenance éventuelle de ces membres d’Europe Ecologie doit être traitée, nous refusons de transformer Europe Ecologie en un collectif d’écuries. Les courants d’idées doivent permettre de constituer des majorités de projet mais ils n’auront en aucun cas vocation à régir entre deux congrès le fonctionnement permanent du mouvement. 

- Celle de construire un parti-réseau en trouvant le bon équilibre. Europe Ecologie doit, en grande partie, son attractivité à sa souplesse de fonctionnement. Cela a permis de séduire des personnalités qui n’auraient jamais rejoint Les Verts, même au nom de l’ouverture. Nier ce phénomène revient à ne voir en Europe Ecologie qu’une simple marque électorale. 

2- Comment faire société ? Le désir d’écologie s’est d’abord manifesté sur le plan local. Il faut, en dehors des périodes électorales prolonger et concrétiser cette attente, notamment par l’éducation et la formation aux idées de l’écologie. Maisons de l’écologie, coopératives, agoras ou parlements régionaux de l’écologie, états généraux thématiques, conventions de partenariat, mobilisations, réseaux de réseaux… De nombreuses formules sont envisageables pour qu’il y ait une porosité permanente entre la nouvelle entité et la société civile. 

Ce qu’il y a lieu de réussir, c’est le dépassement du vieux clivage issu de
la Charte d’Amiens entre les pratiques politiques des partis et celles des associations, des syndicats ou des ONG. Ce qu’il nous faut inventer, c’est un mouvement mutualisant et fédérant ces différents niveaux d’engagements pour leur donner une issue politique. 

3- La question du programme et la stratégie pour 2012. Nous devons sortir du court-termisme en proposant à nos partenaires pour la prochaine législature, un programme de transition écologique et obtenir de la future majorité qu’elle se structure autour de réformes radicales et structurelles. Cela suppose de sortir de la logorrhée idéologique mais cela nous impose de ne pas renoncer au projet original de civilisation que nous portons. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être la mouche du coche ou le poil à gratter de la social-démocratie. Définir les grandes lignes de notre programme pour pouvoir ensuite le négocier avec nos partenaires, obtenir de les appliquer par la constitution de groupes parlementaires au Sénat et à l’Assemblée, constituent des enjeux majeurs de nos Assises de Novembre

Nous le constatons, les questions sont limitées, mais fondatrices. Hors celle du pouvoir dans la nouvelle organisation qui se terminera par un compromis, elles devront recevoir des réponses claires. Pour réussir à passer ce cap lors de nos Assises de novembre prochain nous avons trois outils majeurs. 

1- La constituante. Nous avons ensemble, Verts comme « Divers », décidé de ce processus constituant.
La Constituante implique une Assemblée souveraine décidant librement de son destin, indépendamment des intérêts particuliers. C’est un moment fort où nous serons face à notre avenir, celui de l’écologie politique. 

2- La conférence de consensus. Cette procédure issue de l’expérience du mouvement écologiste dans le débat sur les politiques publiques, à l’opposé des échanges agressifs sur des sujets mineurs, permettra de pointer les vrais débats sur lesquels nous départager tout en respectant les points de vue exprimés. 

3- L’adoption d’une charte des valeurs communes : Au delà des évidences tels le non cumul de mandats dans le temps et dans l’espace, la parité hommes femmes, le principe « une personne, une voix », nous devons préciser ce que nous entendons par l’éthique de responsabilité, le refus du court termisme, la solidarité, la justice sociale et écologique, l’autonomie du collectif et de l’individu, la démocratie et la citoyenneté. Dans la crise politique et morale que nous connaissons, ces valeurs seront la marque de fabrique du nouveau mouvement, le signe d’une rupture profonde avec une classe politique traditionnelle dont les mœurs creusent chaque jour un peu plus le fossé qui la sépare des citoyens. Grâce à ce cercle vertueux, nous pourrons sereinement aborder la question du « package 2012″ : présidentielles et législatives. Sur la base d’un solide socle organisationnel, programmatique et éthique, pour une écologie politique forte de sa diversité et rassemblée, la question de la candidature aux présidentielles, loin d’apparaître alors comme essentielle, ne deviendra qu’une question subsidiaire. 

Nous devons réussir ce pari de construire une nouvelle force politique qui permette de battre la droite sans être soumis aux diktats d’une vielle gauche conservatrice, productiviste ou néo-libérale. Yes we can ! 

Pascal Durand, délégué général d’Europe Ecologie et Patrick Farbiaz, membre dirigeant d’Europe Ecologie 

 

L’écologie politique ou l’obligation de faire reculer le clivage gauche-droite (Le Monde) 

Patrice Miran, porte-parole de l’Alliance écologiste indépendante, co-fondateur des Verts 

18.08.10 | 10h38  •  Mis à jour le 18.08.10 | 10h38 

A l’heure où avec la dégradation du climat politique ambiant, les échanges entre la gauche et la droite sont plus vifs que jamais, il peut sembler incongru que des responsables politiques a fortiori des écologistes sensés être absorbés depuis longtemps par le « camp du progrès » se donnent pour ambition première de faire reculer l’imposante dichotomie gauche-droite. C’est pourtant non seulement une question d’hygiène intellectuelle mais c’est surtout la première vocation de l’écologie politique. 

En effet, quand on regarde l’histoire de ces vingt dernières années, depuis la chute du Mur on se rend compte que
la France a vu l’émergence de nouvelles catégories politiques liées au territoire avec d’un côté le retour en force de la nation et du nationalisme et de l’autre l’environnement et la conscience planétaire. 

Ailleurs aussi, le territoire a repris le pas sur l’écoulement du temps et fait resurgir la géographie au détriment du « sens de l’histoire » : ex-Yougoslavie, ex-URSS, Lombardie, Catalogne, Flandre, etc. 

Parallèlement, le déclin de l’emploi industriel et le développement des services a dissous les identités collectives liées au travail (ce qu’attestent la baisse continue des effectifs syndicaux et le caractère de plus en plus corporatiste des mouvements sociaux). En effet, la tertiarisation s’accompagne d’une différenciation des statuts, des rémunérations, des formes et de l’implication de chacun(e) dans le travail : le consultant, le vendeur, la secrétaire et l’employé forment une communauté de travail bien plus hétérogène que les ouvriers d’une chaîne de production dans une usine. 

Ces évolutions à l’œuvre dans l’ensemble des pays industrialisés expliquent pour une large part le caractère contre-productif du clivage gauche-droite en tant qu’élément structurant du débat politique. En effet, ce clivage s’est alimenté depuis son émergence à la fin du XVIIIe siècle de deux oppositions : 

- Le mouvement universel du progrès contre la conservation du présent et des terroirs. 

- Les catégories sociales naturellement porteuses à soutenir l’équité sociale contre les autres. 

Ces oppositions continuent encore à structurer les discours des partis politiques dominants. Ceux-ci restent imperturbablement clivés par cette bi-polarisation qui n’est pourtant au regard de l’histoire humaine qu’un épiphénomène (que représentent en effet 200 ans d’histoire politique rythmée par la succession des droites et des gauches à l’aune des 5 000 ans de civilisation ?). Cette persistance du clivage gauche-droite tient vraisemblablement à l’adéquation de ce clivage à certaines réalités des débuts de la révolution industrielle (notamment à la double nécessité de former rapidement un prolétariat urbain conséquent et d’asseoir la base des Etats-nations laïcs). 

Incapacité du débat politique à innover  

Malheureusement, aujourd’hui cette dichotomie n’est pas seulement une erreur intellectuelle mais représente (en particulier en France où le scrutin majoritaire couplé avec l’omnipotence du président de
la République le renforce considérablement) une des explications majeures de l’incapacité du débat politique à innover et proposer des mesures susceptibles de nous sortir du marasme ambiant. 

Tout d’abord, ce clivage empêche l’émergence d’une pensée politique articulant identité et universel. Une pensée capable de digérer l’implosion des Etats sous la forme que nous avons connue jusqu’ici en Europe – les fins de
la Yougoslavie, de
la Tchécoslovaquie, de l’URSS et la mort prochaine de
la Belgique, puis à plus long terme de l’Espagne ou de l’Italie – sans verser dans les divers mouvements de repli sur soi égoïstes que nous connaissons à l’heure actuelle est pourtant aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Mais quand on reste limité à deux camps qui se chamaillent autour de l’idée qu’il existe un progrès général qui prolonge dans le domaine social et politique la conviction que la science universelle, essence même de l’homme, peut compenser dans le futur les limites du présent, on n’avance pas. On en reste à une gauche porteuse d’universalisme qui considère comme suspecte toute idée d’identité nationale et de conservation des terroirs et des traditions et à une droite nourrissant des identités mythiques basées sur le passé et une vision idéalisée de l’histoire. Cet affrontement entre conservateurs et progressistes bloque toute perspective partout sur la planète. En France, c’est encore pire car avec le caractère encore plus marqué qu’ailleurs de la bipolarisation il laisse à l’extrême droite le monopole de la réflexion sur la nation et les règles du vivre ensemble. 

Ce clivage a un autre défaut majeur : il focalise les enjeux sociaux et économiques autour de la notion de travail. Traditionnellement, le libéralisme nous explique que la création de richesses est le fait des entrepreneurs qui associent au mieux le capital et le travail pour le plus grand bénéfice de tous (La main invisible du marché d’Adam Smith). A quoi les différentes variantes de socialisme opposent les intérêts des travailleurs exploités qui seuls ont vocation (et intérêt) à réellement souhaiter une transformation du système dans le sens d’une plus grande équité. Cette opposition aboutit à faire de l’emploi et de la position relative des uns et des autres dans le monde du travail l’alpha et l’oméga de toute politique économique et à exclure toutes celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui ne sont pas dans le circuit productif. Plus profondément, toute dynamique d’innovation sociale se trouve suspendue au dialogue entre « partenaires sociaux » (alors qu’ils représentent de moins en moins de monde). Le maintien des poches de pauvreté ? La paupérisation des étudiants ? L’apparition de salariés pauvres à temps partiel ? Le retour à l’équilibre des régimes de retraite ? Tout cela attendra la reprise économique qui sera le fait pour la droite du retour de la confiance des entrepreneurs et pour la gauche d’injection de pouvoir d’achat via de nouvelles dépenses publiques. Tout se passe comme si le retour à un marché du travail analogue à celui que nous avions avant 1973 (permier choc pétrolier) était possible et souhaitable. La question centrale de la déconnexion entre la redistribution des revenus et le travail est évacuée au profit de la guérilla patronat/syndicats autour du « maintien des acquis sociaux ». 

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que dans tous les pays européens, des mouvements protestataires mettant en avant les questions d’identité et la crise économique tout en se situant hors de ce clivage gauche-droite enregistrent des progressions impressionnantes. Ce qui est plus incompréhensible, c’est la discrétion, voire l’absence des écologistes sur ces terrains où ils furent pourtant des pionniers. 

L’articulation identité-universalité : depuis Finis les lendemains qui chantent de René Dumont à
La Convivialité de Ivan Illich, les écologistes ont critiqué le scientisme et la foi irraisonnée dans le progrès. Leurs convergences avec les minorités écrasées par le système industriel au Sud (Indiens d’Amérique du Sud et du Nord, Aborigènes d’Australie, Kanaks de Nouvelle Calédonie, etc.) et au Nord (mouvements régionalistes) les ont amené à soutenir la diversité des sociétés humaines. Leurs combats contre les projets d’aménagement surdimensionnés les ont amené à réfléchir sur les rapports entre les hommes et leurs territoires et à tenter de recréer des liens sociaux autour de ces derniers.
.la remise en cause de la place centrale du travail : une des premières publications des Amis de
la Terre du milieu des années 1970 s’intitulait Perdre sa vie à la gagner. Inspirée des idées libertaires de Mai 68, elle dénonçait l’aliénation provoquée par le travail effectuée dans les organisations de grande taille et préconisait de limiter le temps lié (celui qu’on doit à la société). De même, les écologistes furent les premiers à annoncer la fin du plein emploi et l’incapacité de la croissance à assurer celui-ci. 

Régression intellectuelle 

Ces intuitions prémonitoires auraient dû amener les écologistes à approfondir leurs réflexions initiales en recadrant leur message sur deux thèmes principaux : 

- L’environnement : c’est à partir de la constatation que le monde est fini, que nous sommes condamnés à la co-responsabilité planétaire qu’il est possible de répondre à la revendication identitaire autrement que par le biais d’une crispation passéiste. Aux écologistes d’expliquer en quoi l’attachement à la boullabaisse peut aider les agriculteurs sénégalais à récupérer des terres vivrières, comment l’opposition à une autoroute peut revivifier les liens entre les hommes et leur teritoire ou encore par quel biais une politique d’aménagement urbain peut aider l’émergence d’identités à cheval sur plusieurs cultures. 

- Désacraliser le travail : les écologistes, s’ils veulent être logiques avec eux-mêmes, doivent cesser de faire de l’emploi et du travail l’enjeu majeur de toute politique économique. Ils doivent tracer les lignes d’un monde dans lequel redistribution des revenus et travail seraient déconnectés (c’est d’ailleurs un peu le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays industrialisés : la majorité des revenus provient dorénavant d’autres canaux que ceux du travail : aides sociales, retraites, patrimoine, etc.). Chacun sait qu’aucun système de protection sociale en Europe ne sera sauvé par les seuls efforts des salarié(e)s . Dans le débat actuel sur les retraites il est tout de même étonnant que personne n’ait proposé d’indexer une ressource pour nos retraites basée sur les gains de productivité via une TVA sociale (les solutions démographiques discutées à l’heure actuelle par la classe politique supposent des taux de croissance économique et démographique irréalistes, ce qui explique qu’elles ne résolvent d’ailleurs pas le problème). 

Cela explique que les écologistes doivent chercher des partenaires avant tout hors de ce pseudo-dialogue social, celui-ci n’étant plus capable de créer des liens sociaux stables. Ses partenaires ce sont les consommateurs, les retraités, les chômeurs, etc. 

Une grande partie du travail reste à faire. L’enjeu est immense car entre les deux questions centrales abordées dans ce texte, l’alternative aux écologistes est un mélange de populisme et de nationalisme qui est en passe de broyer l’héritage des Lumières. Une des conditions essentielles de la réussite de ce projet écologiste réside dans la capacité du mouvement qui les représente à rester équidistant de la gauche et de la droite pour rassembler une majorité nette sur ces pistes d’actions. De ce point de vue, la régression intellectuelle liée à la prise de contrôle des Verts au début des années 1990 par les socialistes est un lourd handicap pour les écologistes français. A eux de continuer à tracer le sillon ouvert dans d’autres pays par leurs homologues et en France même par les fondateurs du mouvement. 

 

Le courant écologiste se mobilise à Nantes (Ouest France) 

mardi 17 août 2010 

Les journées d’été d’Europe Écologie s’ouvrent jeudi, à Nantes (1). Cécile Duflot (Les Verts) est venue préparer le terrain dès hier. 

Entretien 

Cécile Duflot. Secrétaire nationale des Verts. 

Quels sont les enjeux de vos journées d’été ? 

C’est d’abord un moment privilégié de formation et d’élaboration. Le thème de cette année est L’écologie à l’épreuve du pouvoir. C’est l’occasion pour les écologistes de tester leur capacité à prendre les rênes des politiques publiques, pour assumer pleinement leurs responsabilités. Avec deux cents intervenants extérieurs et plus de deux mille participants attendus, ce sont les plus importantes journées d’été de l’histoire de l’écologie. Nous allons travailler sur le rassemblement du mouvement et sur son projet politique à travers de nombreux ateliers, dont l’un est consacré au discours sécuritaire et à ce que ferait un ministre de l’Intérieur écologiste. Nous recevrons aussi Edwy Plénel (directeur de Médiapart) pour parler de la démocratie. 

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est un sujet-phare de vos journées. Que représente-t-il ? 

C’est édifiant. Voilà un projet créé pour permettre à Concorde d’atterrir en cas de panne sèche. Maintenant que cet avion ne vole plus, on maintient un projet d’aéroport daté et inutile par peur de se déjuger, par paresse intellectuelle. C’est triste de constater une telle attitude chez certains politiques, alors qu’il va falloir engager autant d’argent. Ce dossier est vraiment symbolique. Nous allons ouvrir nos travaux sur lui, jeudi matin, et nous nous déplacerons, vendredi, sur le terrain, à Notre-Dame-des-Landes. 

Les relations entre les Verts et Daniel Cohn-Bendit semblent parfois contrariées… 

Nos liens ne sont pas distendus. J’ai pris un peu de recul après le tourbillon des élections européennes, qui a duré deux ans. Il y a bien sûr des moments d’agacement mais, comme dans l’équipe de France de natation, il existe une volonté collective très forte de gagner. Ce qui compte, c’est de faire aboutir un processus pour aller vers des responsabilités politiques plus importantes et faire émerger l’écologie. De même, la candidature d’Eva Joly n’est pas un sujet de tension. Il y aura un débat et les militants décideront.              Recueilli par Jocelyne RAT. 

Yves Cochet : Quel projet pour Europe Ecologie ? (Le Monde) 

16.08.10 | 14h04  •  Mis à jour le 19.08.10 | 09h31 

La situation se résume en une phrase : l’économie mondiale se contracte tendanciellement, mais personne ne pense ou ne gère cette décroissance-là. Ou en une autre phrase : aucun gouvernement, aucune organisation internationale (FMI, OCDE…), aucun institut universitaire établi ne publie d’étude qui ne prévoit pas un retour à une croissance économique continue. 

Comment expliquer cet aveuglement général autrement que par l’attachement irrationnel des dirigeants économiques et politiques à la croissance comme panacée universelle ? Bien que l’hypothèse de la décroissance objective – correspondant fidèlement aux faits matériels (déplétion des ressources, catastrophes écologiques) – soit plus explicative du mouvement réel du monde que toute théorie de la reprise possible, les responsables de droite comme de gauche continuent d’imaginer des plans à l’ancienne pour retrouver la croissance perdue. 

L’unique politique publique mise en œuvre partout, de type keynésien, est de gagner du temps en imprimant plus de monnaie ou en empruntant plus pour quelque relance, en espérant qu’une nouvelle croissance future permettra de rembourser les dettes présentes. Cela marchait jadis, ça ne marche plus aujourd’hui : nous vivons l’époque où la croissance rencontre les limites de la planète. 

Les évolutions aux Etats-Unis illustrent notre propos. La récession promet une fin d’année difficile pour le peuple américain, alors même que la « relance » du président Obama est censée être à son apogée. Malgré le maquillage des statistiques par Washington, la dégradation de la situation des ménages se poursuit : le chômage réel est de l’ordre de 20 %, les saisies immobilières continuent, le surendettement s’accroît, le déficit fédéral et celui des Etats se creusent. Comme en Grèce, mais avec un tout autre retentissement international, le gouvernement Obama sera bientôt contraint à un plan d’austérité budgétaire et à une hausse de la pression fiscale. Le mythe de l’indestructible croissance américaine s’effondrera et, avec lui, la majeure partie du système financier international. 

C’est dans ce paysage de décroissance que doit s’élaborer le projet d’Europe Ecologie pour la décennie 2010-2020, autour de trois exigences : dire la vérité, garantir la justice, proposer une vision. 

Nous n’aimons pas la vérité. Mais les faits n’ont que faire de notre déni. Les sombres perspectives économiques et, surtout, l’immensité du désastre écologique et géologique qui s’avance doivent être reconnues, partagées et diffusées par toute formation politique sérieuse, c’est-à-dire débarrassée de l’hypocrisie de programmes qui se résument tous à : « Votez pour nous, ça ira mieux demain. » S’il est une « politique autrement », sa première qualité est d’annoncer le plus probable – une longue récession -, non de vendre une illusion – la croissance retrouvée. 

Dans cette optique, on ne pourra éviter le chaos social que par un effort inédit de justice basé sur deux objectifs : un travail pour tous, un revenu pour tous. Pour atteindre le premier, il nous faut reprendre les attributs qui ont permis le succès de la réduction du temps de travail en 1998 : qu’elle soit massive, rapide et générale. La proposition d’une semaine de 28 heures en quatre jours est la plus adaptée à la situation actuelle. Pour s’avancer vers le second objectif, la proposition d’un revenu d’existence élevé, universel, inconditionnel et individuel répond à la question des discontinuités dans les carrières professionnelles et organise la sécurité économique à partir de la personne et non du statut social. Une société écologiquement sobre est aussi une société plus solidaire, dans laquelle chacun est libéré de la crainte d’être exclu. 

C’est dans la critique de la centralité du travail rémunéré que nous trouverons les bases d’une nouvelle vision du devenir humain. La propagande contemporaine ne cesse de rabâcher que « travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus » est la voie vers le bonheur. Le productivisme travailliste et consumériste serait jouissif, tandis que l’écologie décroissantiste serait synonyme de frustration, de renoncement, de mortification. 

Le contraire est vrai, assurément. Les activités qui ne relèvent pas du travail, du calcul en vue de l’accomplissement d’une tâche, de l’obtention d’un résultat, bref de l’esprit productiviste, ces activités sont les plus épanouissantes parce qu’elles sont effectuées pour elles-mêmes, non comme moyens en vue d’une fin. Ce sont des dépenses qui ne mènent nulle part, n’ont aucune utilité, ne sont pas conditionnées par une demande quelconque : ce sont des dépenses souveraines, improductives, insubordonnées. C’est par cette réorientation du désir que nous sortirons du travaillisme. On peut vivre mieux en travaillant et en consommant moins. 

Quelle est l’amorce, la motivation, l’excitation qui détrônera les valeurs du productivisme au profit de celles de l’écologie ? Notre réponse, après George Bataille, est : la propension à la dépense libre. Disqualifier ainsi la puissance, l’utilitarisme et la surconsommation pour faire de l’écologie, de la sobriété et de la décroissance une mode, un esprit du temps, un nouvel imaginaire collectif, telle est notre vision. 

La gravité et l’imminence des bouleversements incitent à penser que le temps d’une transition douce par des solutions graduelles est loin derrière nous, lorsque des scientifiques ont commencé à sonner l’alarme au sujet des folies financières, de la dérive de l’effet de serre et du pic pétrolier. Cependant, nous pouvons encore construire une décroissance prospère. Si vous pensez qu’une telle réorientation de civilisation est difficile en période de récession économique, imaginez à quel point ce le sera plus tard, après la dislocation du système financier, la raréfaction de l’énergie disponible et les perturbations liées au changement climatique. 

 

Election présidentielle – Eva Joly prête à se lancer dans la course        (France Soir) Actu France-Soir 15/08/10 à 15h03  

L’eurodéputée d’Europe Ecologie, Eva Joly, s’est déclaré prête à s’engager dans l’optique de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. 

Eva Joly © SIPA « Oui, l’élection présidentielle m’intéresse », a déclaré l’eurodéputée Eva Joly, dans un entretien à Sud-Ouest Dimanche, à quelques jours des Journées d’été de son mouvement Europe Ecologie. 

L’ancienne juge d’instruction franco-norvégienne, interrogée sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2012, a répondu sans ambiguïté : « oui, l’élection présidentielle m’intéresse. C’est clair ». « Une élection de ce type n’est pas une partie de plaisir pour qui s’y présente. Elle exige un engagement total. Il faut y dédier un an de sa vie ». « Je ne m’y consacrerai que si je me sens portée par le mouvement dans sa totalité », a-t-elle précisé, peu avant l’ouverture des Journées d’été des Verts-Europe Ecologie à Nantes (19-21 août). « Ma candidature doit correspondre au désir des militants », a poursuivi la députée européenne, qui dit qu’elle « comprendrait très bien une décision inverse de leur part ». 

 

Europe Ecologie : Eva Joly fait un pas de plus vers 2012 

Par Jim Jarrassé  15/08/2010 | Figaro

L’ancienne juge d’instruction franco-norvégienne Eva Joly a confirmé dimanche son envie d’être candidate à la présidentielle sous les couleurs d’Europe Ecologie. 

Le premier signal a été envoyé en mai dernier par Daniel Cohn-Bendit. L’eurodéputé avait alors vanté sans détours les mérites d’une candidature d’Eva Joly à la présidentielle de 2012. «Eva Joly incarnerait Europe Ecologie dans ce qu’elle a d’ouverture et surtout, c’est une candidature très éthique», assurait alors le leader écologiste. Une main tendue que sa collègue au Parlement européen a su saisir. De retour de vacances, elle ne cache plus ses ambitions.

«Oui, l’élection présidentielle m’intéresse. C’est très clair», déclare-t-elle ainsi Eva Joly, dans un entretien à Sud-Ouest Dimanche, à quelques jours des journées d’été de son mouvement Europe Ecologie. Elle n’oublie cependant pas de préciser qu’une campagne présidentielle «exige un engagement total. Il faut y dédier un an de sa vie. Je ne m’y consacrerai que si je me sens portée par le mouvement dans sa totalité», explique-t-elle. «Ma candidature doit correspondre au désir des militants. Je comprendrais très bien une décision inverse de leur part», ajoute Eva Joly.

La volte-face de Placé

Eva Joly reste prudente mais elle a désormais le champ libre. Cécile Duflot, qui faisait aussi figure de potentielle candidate, aurait choisi de ne pas se présenter selon le Journal du Dimanche. L’hebdomadaire assure que la secrétaire nationale des Verts préfère «continuer à œuvrer à la victoire de la gauche» en 2012 à son poste. Elle ne semble en tout cas pas vouloir faire obstacle à une candidature d’Eva Joly : «Entre Eva et moi, il n’y aura jamais de problème», assure-t-elle. Les deux femmes doivent d’ailleurs clôturer ensemble les journées d’été d’Europe Ecologie. Tout un symbole.

Même Jean-Vincent Placé, n° 2 des Verts, s’est rangé derrière Eva Joly. Lui qui avait été si virulent en juin contre l’ancienne magistrate – trop «vieille» et trop «éthique» selon lui – , a fait volte-face : «Eva Joly a levé les doutes sur sa ligne politique en disant qu’elle était de gauche, qu’elle était pour la retraite à 60 ans, assure-t-il au JDD. Si, en plus, elle dit qu’elle soutiendra le candidat de gauche le mieux placé au second tour, il n’y aura plus de problème.»

La structuration du mouvement en suspens

Un ralliement unanime qui permet à Daniel Cohn-Bendit, soutien de la première heure, d’affirmer que la question d’une candidature d’Eva Joly est désormais «réglée». Le leader écologiste confie en revanche sa «lassitude» des querelles intestines. Europe Ecologie «n’est plus quelque chose qui m’amuse», confie-t-il. Sévèrement attaqué par les Verts pour avoir invité la secrétaire d’Etat aux Sports, Rama Yade, aux journées d’été d’Europe Ecologie, le député européen avait menacé de boycotter le rassemblement.

Il sera finalement présent à Nantes mais les échanges sur la structuration du mouvement risquent de provoquer des étincelles. Pour Eva Joly, la balle est désormais dans le camp des Verts, qui hésitent encore à diluer leur mouvement au sein d’un nouveau rassemblement. « L’effort doit maintenant être effectué par les Verts, assure-t-elle. Personne ne pourra le faire à leur place».

 

Cécile Duflot : « Le parti de l’écologie politique doit évoluer » (France Soir) 

Actu France-Soir 14/06/10 à 12h16

Secrétaire nationale des Verts depuis 2006, Cécile Duflot est devenue l’une des personnalités qui compte dans la vie politique française. Elle s’est confiée aux Inrocks.com. Extraits choisis. 

Elle n’a pas sa langue dans sa poche, refuse les polémiques « politiciennes » qui perturbent l’éclosion d’Europe-Ecologie et reste méfiante vis-à-vis de Dominique Strauss-Kahn. Morceaux choisis d’une interview accordée par la conseillère régionale d’Ile-de-France au site Lesinrocks.com.

Europe Ecologie, un parti ?
« Premièrement, les Verts, le parti de l’écologie politique, doit évoluer. Deuxièmement, il ne faut pas perdre l’attractivité que nous avons sur les gens qui ne veulent pas être encartés. »

Les retraites ?
« Penser la retraite comme un temps de la vie et pas seulement comme une question de dépense et de coût pour la société. Reculer l’âge légal ne répond pas à la question du chômage des plus de 50 ans. »

DSK ?
« Je critique ses fonctions au FMI, c’est mon point de vue personnel en juin 2010. Ce n’est pas une prise de position politique qui impliquerait qu’un accord est impossible. Son action au FMI n’a rien à voir avec le projet qu’est en train de mener le PS, sur lequel portera l’opportunité d’un accord pour la prochaine mandature. »

La marée noire et Obama ?
« C’est surtout la gestion et la communication de BP qui sont en cause. La responsabilité initiale du groupe est très grande. Mais le poids des compagnies pétrolières est tellement fort ! Les marées noires sont liées à la dépendance au pétrole, qui va nous mettre dans une situation difficile avec sa raréfaction. »

 

Les écologistes rouvrent la guerre des chefs  

Par Rodolphe Geisler 06/06/2010 | Figaro

Daniel Cohn-Bendit et Jean-Vincent Placé se sont vivement invectivés ce week-end.  

Les écolos sont-ils en train de renouer avec leurs vieux démons du passé? D’abord par presse interposée ces derniers jours, puis devant près de 500 militants réunis samedi à Paris pour une convention inter­régionale, plusieurs ­cadres écologistes ont publiquement laissé exploser leurs ressentiments les uns envers les autres. Voire se sont vivement invectivés. Le leader d’Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit, a ainsi profité des planches de
La Cigale pour régler ses comptes avec le numéro 2 des Verts, Jean-Vincent Placé,
qu’il a traité de… «crétin».

Faut-il y voir un simple coup de sang de la part de «Dany»? Il est notoire que les deux hommes ne s’apprécient guère. Le premier prône un large dépassement des Verts, tandis que le second se pose en gardien du temple. Le programme de la convention de samedi, justement, portait sur l’avenir du rassemblement Europe Écologie, né pour la campagne des européennes de juin 2009, et de ses futurs statuts. Or, dès jeudi dernier, dans une déclaration à l’AFP, Jean-Vincent Placé a ouvert les hostilités en affirmant que la structuration d’Europe Écologie était un «bide total». «Ça n’intéresse pas grand monde, ni les médias ni les militants», avait-il ajouté. Soit une véritable déclaration de guerre contre Daniel Cohn-Bendit.

Mais le différend entre eux n’est pas seulement organisationnel, il est aussi stratégique. Le premier est proche de l’eurodéputée Eva Joly, plutôt considérée comme centriste, tandis que le second l’est de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, clairement plus marquée à gauche. Or, Jean-Vincent Placé aurait récemment déclaré à propos d’une candidature de l’une ou l’autre à la présidentielle de 2012 que «l’une (Duflot ) est peut-être trop jeune, l’autre ( Joly) peut-être trop vieille, l’une a une image plus dynamique, l’autre une image plus éthique…».

Europe Écologie dans le flou

De cette dernière déclaration, Daniel ­Cohn-Bendit, qui fait lui-même souvent référence à son propre âge, semble n’avoir retenu que «vieille éthique». D’où sa colère de samedi. «“Dire Jean-Vincent Placé c’est un crétin”, c’est pas grave. Mais dire “Eva Joly c’est une vieille éthique” c’est grave», a insisté l’eurodéputé devant une salle électrique.

Les yeux écarquillés et après avoir manqué de s’étrangler sur scène, Cécile Duflot a pris la défense de Jean-Vincent Placé, alors à… Roland-Garros. «La non-violence fait partie de nos valeurs, il faudrait que l’on commence à se l’appliquer à nous-mêmes», a-t-elle répliqué. Dans la salle, applaudissements et sifflets se couvrent mutuellement.

Daniel Cohn-Bendit n’en démord pas. Et propose alors la création «d’une charte éthique et d’un comité éthique qui dira si cela se fait qu’un militant parle d’Eva Joly comme Jean-Vincent Placé l’a fait». Nouveau brouhaha dans la salle. Dimanche, Jean-Vincent Placé a répondu que « Dany serait la première victime» d’une charte éthique. «Que ce soit lui qui donne des leçons d’éthique sur la contingence verbale, ça fait rire tout le monde alors qu’il passe son temps à critiquer très virulemment les Verts, leur secrétaire nationale et moi-même», a encore assuré le numéro 2 des Verts. Selon lui, «le raccourci de Dany est caricatural». Il devait d’ailleurs, a-t-il indiqué, appeler dimanche Eva Joly pour le lui expliquer de vive voix et lui dire toute «l’estime et le respect» qu’il a pour elle.

En attendant, l’avenir d’Europe Écologie reste flou. Les uns sont partisans d’une coopérative, les autres d’une fédération. D’autres encore évoquent un parti- réseau. Malgré le climat délétère de ce week-end, Cécile Duflot se veut confiante pour l’avenir. «Sur la forme, on va s’en sortir. Pourquoi? Parce qu’on est obligé», a-t-elle déclaré, consensuelle, samedi. Seule certitude aujourd’hui: le congrès fondateur est prévu en novembre.

Cécile Duflot veut croire en 2012 (France Soir) 

Actu France Soir 05/06/10 à 16h36 

 

Pour la secrétaire nationale des Verts, la gauche gagnera la prochaine présidentielle si ses deux forces vives que sont le PS et Europe Ecologie se rassemblent.  

2012, c’est déjà demain. Et dans l’opposition, la formation s’organise pour contrer le candidat de la droite, soit le président sortant Nicolas Sarkozy. Si la personne qui portera haut et fort les couleurs du Parti socialiste n’est pas encore connue, les alliances s’organisent déjà à gauche. Dans un entretien publié par Le Monde de dimanche, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts français, précise avoir rencontré Martine Aubry, premier secrétaire du PS. Les deux femmes devraient prochainement se revoir. Avec comme point de mire l’échéance de 2012. 

Bannière commune 

Pour Cécile Duflot, l’objectif est clair : « La gauche et les écologistes peuvent gagner s’ils sont rassemblés et assument leur diversité, affirme-t-elle. Les électeurs de gauche n’attendent pas de nous la caporalisation (…) mais nous devons être capables de dire pour les cinq ans qui viennent ‘voilà ce que nous allons faire ensemble’ ».  « Voilà ce que nous allons faire ensemble. » Cela suppose, pour les Verts, un plus grand poids politique. « Il est indispensable que nous ayons enfin un groupe parlementaire, assure Cécile Duflot, car cela donnera de la crédibilité à nos projets. » Or, la constitution d’un groupe parlementaire suppose un accord électoral avec le parti socialiste, et le soutien par ce dernier de candidats écologistes sous une bannière commune. L’idée d’un abandon par les Verts d’une candidature en 2012 en échange d’un tel accord a déjà été avancée, mais elle est vivement contestée dans le parti écologiste. 

De retour des Journées d’été du rassemblement des écologistes à Nantes

Créé par le 23 août 2010 | Dans : Actu du site, Europe Ecologie

Quatre jours à Nantes, quatre jours fructueux.

Vous le savez sûrement déjà par la presse, sous une forme particulière (ah la peopolisation de la politique!).

Car, à côté du fameux « suspense » sur la question  de qui sera la candidate à la présidentielle (suspense inexistant à vrai dire), il y a eu bien des rencontres d’une grande diversité et d’une grande richesse.

Ainsi, le forum sur le « bien-vivre » nous a amené à une réflexion allant bien au delà du « plus avoir » et a interpellé nos modes de vie au plus profond, avec notamment Dominique Méda, Patrick Viveret (soulignant la nécessité de passer à la critique tant la modernité que la tradition pour trier le meilleur et le pire et tisser des liens qui ne soient pas de façade entre cultures du cmonde), l’ambassadrice de Bolivie en France, José Bolingua, représentant du peuple quechua en Equateur (qui nous a introduit à la notion de Suma caosa – orthographe non garantie! – ou « harmonie de vie » dans le respect de la Pachamama), …

La plénière réunissant des représentants du Japon, de la Russie, du Rwanda, de la Colombie, de l’équateur, de la Belgique, en présence de l’euro-députée C. Grèze (membre de la coordination des Verts mondiaux) fut aussi un moment intense, certainement non relaté par la presse.. . Courage impressionnant de nos amis étrangers face à la repression. Et une solidarité transnationale se construit année après année… Une chaleur, une émotion intenses…

Ce ne sont que deux exemples.. Il y en aurait tant d’autres à vous transmettre!

Sur le plan attendu (présidentielles et alternance), oui le travail a été positif aussi. L’exigence est celle de la construction d’un projet qui sera co-construit avec ceux qui le veulent notamment à travers les Assises de l’emploi et de l’écologie, qui s’étaleront sur six mois. L’exigence est aussi celle de la construction d’une organisation rassembleuse, au fonctionnement transparent et éthique (contre le cumul des mandats par exemple, et pour la construction collective et participative de la décision….)

Une nouvelle structure d’ici novembre, un projet portant une vision globale de la transformation écologique et sociale à entreprendre d’ici un an, des primaires de l’écologie (car non Eva Joly ne s’autoproclame pas candidate d’office)…, le cadre est bien posé.

Reste à souhaiter que l’éthique constamment évoquée ne soit pas par « réalisme » déposée sur le bord du chemin. Cela demande que la question du rapport au pouvoir soit travaillée par le mouvement comme par les individus.. Une longue route! A nous de la choisir.

 

Voir aussi Europe ecologie (même billet)

 

Déclaration d’Anny Poursinoff à la suite de son élection comme députée à Rambouillet

Créé par le 12 juil 2010 | Dans : Europe Ecologie

Bonsoir,

Je veux dédier ce magnifique résultat aux militants de nos différents
partis. Nous avons su additionner nos talents, pour la cause d’une politique,
qui met l’humain et son environnement, au cœur de ses préoccupations.
Merci à Didier mon élié gauche qui a su mobiliser ses camarades socialistes,
jusqu’à Martine Aubry. Merci à Jean Luc Mélenchon, Vincent Lietchi, Pierre
Dejean qui nous ont rejoints au deuxième tour.
Parmi les talents de veux souligner la capacité d’écoute et de dialogue
qui permet d’entendre l’autre pour que chacun puisse évoluer, s’enrichir
dans un débat honnête. Je veux aussi souligner le talent de Pascal Zabu qui
dans ses vidéos a montré l’important de cette campagne : le plaisir que
nous avions à rencontrer les gens dans la rue, pour parler avec eux et leur
transmettre nos convictions.  Car des convictions, nous en avons ! Je les
résume en trois mots lourds de sens : justice sociale et environnementale.
Nous avons des valeurs à défendre, qui s’appellent dignité humaine,
respect de l’autre, ces valeurs nous refusons qu’elles soient bafouées par
ceux que j’ai appelé les accapareurs, et qui sont aussi des tricheurs.
Monsieur Poisson, vous trichez, quand vous m’attribuez des qualificatifs qui
ne m’appartiennent pas.
Pourquoi me faire passer pour une gauchiste ? alors que j’ai passé ma vie à
faire des propositions pragmatiques.
Pourquoi faire croire que je n’ai pas de bilan à la région ? alors que mon
travail est reconnu, même par des personnes de votre bord politique, qui
m’ont fait l’honneur, par exemple, de travailler avec moi sur le
développement de l’agriculture biologique.
Pourquoi madame Boutin suggère, dans votre meeting du 8 juillet que je serai
favorable à l’euthanasie, alors que j’ai participé à la création d’un
service de soins palliatifs. Ce service a pour rôle de former le personnel
médical et para médical afin d’éviter les souffrances de fin de vie et
l’acharnement thérapeutique qui sont source de demande d’euthanasie. Vous
préférez supprimer des postes dans les hôpitaux, au nom de la rentabilité,
au détriment de la prise en charge des malades, je ne vous remercie pas !
Vous trichez de façon caricaturale en mettant sur votre site une vidéo où un
soit disant grand maître chinois de l’économie, dénonce les fonctionnaires
fainéants qui ne servent à rien. Vous oubliez que les fonctionnaires sont
policiers, infirmières, médecins, chercheurs, juristes, enseignants !!!
Monsieur Poisson j’ai honte de vous, de vos amis et de votre grand maître
Sarkosy.
Les citoyens ne sont pas dupes de ces mauvais jeux. Vous pouvez bâillonner la
presse, elle s’organise avec les citoyens pour résister, car nous rentrons
en résistance contre l’arrogance, le mépris, le bling bling. Cécile Duflot
a dit que j’étais la candidate anti bling bling, merci a elle de ce beau
compliment et de son soutien,  autant amical que politique.
L’écologie politique porte un autre projet de société, où la coopération
supplante la compétition, où le partage remplace l’accaparement, où la
justice se substitue à la charité. L’écologie politique s’inquiète du
local en pensant le global : la planète Terre qui porte notre Humanité et
accueillera les générations futures.
Nous ne pouvons plus feindre de ne pas savoir que notre gaspillage de matières
premières, notre frénésie de consommation, non seulement empêche les pays
pauvres de se développer, mais en plus pollue leurs territoires.
La France est riche d’expériences de savoir vivre, de diversité culturelle
de migration ; c’est notre force et notre avenir.
Stigmatiser, exclure, monter les uns contre les autres, voilà ce que nous
propose la majorité actuelle.
Le résultat de cette élection, me donne encore plus de responsabilités, mais
il vous oblige, vous aussi, à être encore plus exigeants. Plus exigeant sur
la place des femmes en politique, plus exigeant sur le non cumul, plus exigeant
sur la transparence des financements des partis politiques.
Je suis fière de la demande de nos trois députés Verts, d’une commission
d’enquête parlementaire sur le financement des partis politiques. Je suis
fière de vous annoncer, que je reverserai la totalité de mes indemnités de
conseillère régionale, si les Verts me demandent de rester à la région.
Avec vous je continuerai de débattre, d’écouter, pour avancer ensemble vers
un monde plus fraternel et pour arrêter le gâchis de la présidence de M.
Sarkozy. Le gâchis d’un pouvoir qui s’exerce sans partage, sans écoute,
sans scrupules — et sans élégance, seulement préoccupé de sa propre
reproduction.

Vous m’avez donné votre voix, je serai la vôtre

Anny Poursinoff.

Anny Poursinoff, Europe-Ecologie, gagne la législative partielle de Rambouillet

Créé par le 12 juil 2010 | Dans : Europe Ecologie

Un signal plus qu’encourageant pour la suite de la dynamique engagée par les euroépennes et les régionales!

http://www.lepoint.fr/la-candidate-europe-ecologie-elue-a-rambouillet-12-07-2010-1213564_19.php

La Palestine s’invite dans les élections régionales

Créé par le 13 mar 2010 | Dans : Anticolonial, Europe Ecologie, Evènements, Partout dans le monde

http://www.bastamag.net/article938.html

L’activité des députés d’Europe-Ecologie

Créé par le 21 déc 2009 | Dans : Europe Ecologie

http://europeecologie.eu

Actualité d’Europe-Ecologie : les négociations climatiques et les élections régionales

Créé par le 15 déc 2009 | Dans : Europe Ecologie

Copenhague : le suivi des négociations et des actions

 http://europeecologie.eu

L’enjeu des élections régionales

http://www.europeecologie.fr/

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