novembre 2011

Archive mensuelle

Angelique Ionatos, Voix de femmes 2009

Créé par le 30 nov 2011 | Dans : Actu du site

Un peu de beauté mélancolique.

Voir Music!

Angelique Ionatos, Voix de femmes 2009

Créé par le 30 nov 2011 | Dans : Music!

17 minutes de beauté un peu triste, en ce soir un peu nostalgique.

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Période grise

Créé par le 30 nov 2011 | Dans : Actu du site

Voir Des mots et des choses.

Période grise

Créé par le 30 nov 2011 | Dans : Des mots et des choses

Picasso a eu sa période bleue, et sa période rose. Je suis semble-t-il dans une longue période grise.

Au milieu de tant de brumes, un point rose à l’horizon…

Fragile encore.

La guerre en Libye : une fraude?

Créé par le 29 nov 2011 | Dans : Actu du site

Un article « ancien » (1er octobre) qui pose quelques questions problématiques.

Voir Pour réfléchir un peu.

La guerre en Libye : une fraude?

Créé par le 29 nov 2011 | Dans : Pour réfléchir un peu...

Un article du 1er octobre qui nous invite à réfléchir…

Il est clair que le mandat de l’ONU a été dépassé allègrement par l’OTAN. Aujourd’hui tout se passe comme si l’intervention humanitaire (que j’approuvais à l’époque) n’avait été que prétexte pour enfoncer un coin géopolitique au Moyen-Orient après les révolutions tunisienne et algérienne.

Sans reprendre à mon compte l’ensemble des affirmations de l’article qui suit (je ne peux moi-même recouper les sources), j’estime qu’il apporte une contribution utile à la réflexion.

http://www.informationclearinghouse.info/article29255.htm

La prostitution hors la loi ?

Créé par le 27 nov 2011 | Dans : Actu du site

Réflexions autour d’une proposition de résolution qui sera soumise au vote de l’assemblée nationale le 6 décembre prochain, rappelant la position abolitionniste de la France.

Voir Politique ou Société.

La prostitution hors la loi ?

Créé par le 27 nov 2011 | Dans : Politique, Société

LEMONDE- Anne Chemin - 25.11.2011

 

 

Une prostituée attend les clients, le 19 octobre 2007 dans une zone industrielle de Lyon.

Une prostituée attend les clients, le 19 octobre 2007 dans une zone industrielle de Lyon. - AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

 

Ils rêvent d’un monde sans prostitution. Un monde où les chemins de l’amour et de l’argent ne se croiseraient jamais, un monde d’où la sexualité vénale serait bannie, un monde où les relations sexuelles seraient toujours un moment de désir partagé. Ce rêve, ils veulent le voirproclamer solennellement à l’Assemblée nationale : une proposition de résolution affirmant « la position abolitionniste de la France, dont l’objectif est, à terme, une société sans prostitution » vient d’être déposée au Palais-Bourbon par des députés de l’UMP, du PS, du PC et des Verts. « L’Assemblée nationale proclame que la notion de besoins sexuels irrépressibles renvoie à une conception archaïque de la sexualité qui ne saurait légitimer la prostitution », affirme ce texte qui sera soumis au vote le 6 décembre.

Au cours des dernières semaines, ces abolitionnistes ont trouvé un allié inattendu en la personne de Dominique Strauss-Kahn. Pour les militants antiprostitution, l’affaire du Carlton de Lille démontre jour après jour que la sexualité vénale est une véritable aliénation, qui constitue le refuge ultime de la domination masculine. Par égard pour l’ancien directeur du FMI, beaucoup évitent les condamnations publiques, mais ils ne se privent pas de souligner en privé une curiosité juridique qui fait leurs délices : dans le district de Columbia, à Washington, il est formellement interdit « d’inviter, de solliciter ou de persuader (une personne) dans la perspective de se prostituer ou dans un autre objectif immoral ou lubrique ».

Pourquoi ne pas imposer une telle interdiction en France ? plaident aujourd’hui les abolitionnistes. Pourquoi ne pas s’inspirer du dispositif répressif mis en place en 1999 par la Suède, le premier pays au monde à infliger des amendes et des peines de prison aux clients des prostituées ? Leur raisonnement est simple : sans clients, pas de prostitution… « Le marché de l’exploitation sexuelle doit faire faillite, affirme Olga Trostiansky, porte-parole de la Coordination française pour le Lobby européen des femmes. Nous voulons éradiquer ce fléau international, et pour ce faire nous devons agir sur la demande des clients. »

Malgré les sourires ironiques suscités par cette croisade que certains jugent puritaine, l’Assemblée nationale a très sérieusement balisé le terrain : en avril, une mission d’information présidée par la députée socialiste Danielle Bousquet a proposé de créer, dans le code pénal, un délit de « recours à la prostitution » sanctionné par une amende de 3 000 euros et une peine d’emprisonnement de six mois. Cette sanction serait complétée par une proposition qui, selon ses adversaires, fleure bon le camp de rééducation : un séjour obligatoire dans une « école de clients » inspirée des John Schools américaines ou canadiennes afin d’« éduquer les clients à la santé et aux relations de genre ».

Ce rêve d’un monde libéré de toute sexualité vénale s’inscrit dans une longue tradition. Dans les années 1870, une féministe anglaise, Josephine Butler, avait lancé une véritable offensive contre les maisons closes, qui encourageaient, selon elle, le « vice sexuel ». Quelques années plus tard, en 1877, la Fédération abolitionniste internationale annonçait son intention de « combattre le fléau social de la prostitution, et spécialement de l’attaquer sous toutes les formes par lesquelles il revêt le caractère d’une institution légale et officiellement tolérée ». Elle faisait allusion au modèle français des maisons closes, qui permettaient de soustraire la prostitution au regard des honnêtes gens tout en soumettant les « filles » à des contrôles sanitaires humiliants au nom de la lutte contre les maladies infectieuses.

Emile Zola décrit notamment dans Nana, qui paraît en 1880, les multiples visages que revêtait la prostitution à son époque : des ouvrières sans le sou qui tentent de survivre lorsque le travail se fait rare, des demi-mondaines richement entretenues par des bourgeois, des professionnelles enregistrées par les autorités administratives dans des maisons closes. Mais, pour la plupart des Français de cette fin de siècle, les prostituées sont avant tout des femmes de mauvaise vie, voire des « dégénérées » : c’est le terme utilisé en 1 893 par Cesare Lombroso, le fondateur de l’école italienne d’anthropologie criminelle, dans son livre La Femme criminelle et la Prostituée.

Nourri par ces représentations morales, le courant abolitionniste remporte une première victoire en 1886 avec l’interdiction, en Angleterre, du système réglementariste à la française. Pour l’Hexagone, il faudra infiniment plus de temps : c’est seulement en 1946 que la loi Marthe Richard interdit les maisons de tolérance sur le territoire métropolitain. Le Chat noir de Montluçon, Aux belles poules de Troyes ou Le Pompéi de Poitiers ferment alors leurs portes. « La prostitution ne pourra être victorieusement combattue que le jour où un ensemble de réformes économiques et sociales réussira à chasser de ce pays la misère qui est trop souvent la principale pourvoyeuse de la prostitution », affirme alors le gouvernement.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la prostitution, en France, est considérée comme une activité privée : aucun texte du code pénal n’interdit aujourd’hui les relations sexuelles tarifées. Pragmatique, l’administration fiscale impose même les revenus tirés de la prostitution au titre des bénéfices non commerciaux. La France continue cependant de s’inscrire dans une perspective abolitionniste : les ordonnances de 1960 estiment que les prostituées sont des « inadaptées sociales » qu’il serait bon de réinsérer, et le racolage ainsi que le proxénétisme sont sévèrement réprimés. Depuis dix ans, le dispositif sécuritaire s’est même renforcé avec l’interdiction de la traite des êtres humains, de la prostitution des mineurs, et surtout du racolage passif, un délit aux contours incertains inventé en 2003 par Nicolas Sarkozy.

Bien que le cadre légal de la prostitution soit devenu très restrictif, les abolitionnistes le jugent encore un peu lâche : ils veulent aujourd’hui franchir une nouvelle étape en sanctionnant le client. Leur détermination est aussi ferme que l’était, dans les années 1880, celle de Josephine Butler, mais les arguments ont changé : les abolitionnistes du XIXe invoquaient avec passion la morale et l’hygiène, ceux du XXe s’attardaient sur la misère sociale, ceux du XXIe brandissent l’arme politique de l’égalité hommes-femmes et de la dignité humaine. « Il s’agit d’éduquer les citoyens à un rapport entre les hommes et les femmes fondé sur l’égalité et le respect de l’autre », affirment Danielle Bousquet, Christophe Caresche et Martine Lignières-Cassou, trois députés socialistes.

Cette croisade qui réunit des féministes solidement ancrées à gauche et des conservateurs aux accents puritains suscite cependant bien des réserves. Qu’il faille interdire la prostitution des mineurs et celle des personnes vulnérables, certes. Que la traite soit sévèrement réprimée, assurément. Que le proxénétisme soit sanctionné avec sévérité, personne n’en disconvient. Mais que, par principe, toute relation sexuelle tarifée entre adultes consentants soit solennellement interdite par la loi ne va pas de soi. La prostitution « libre » n’est sans doute pas la plus répandue, mais son interdiction froisse tous ceux qui croient à la valeur du consentement : au nom de quoi l’Etat serait-il fondé à intervenir dans les chambres à coucher afin de proscrire toute sexualité vénale ?

Farouchement hostile au principe de la pénalisation du client, la philosophe Elisabeth Badinter dénonce ainsi les excès d’un abolitionnisme aux relents « victoriens ». « J’appartiens à une génération qui s’est battue pour que les femmes fassent ce qu’elles veulent de leur corps. Si une femme souhaite gagner en trois jours, par la prostitution, ce que d’autres gagneraient en un mois à la caisse d’un supermarché, c’est son droit. La seule condition, et elle est essentielle, c’est évidemment qu’elle n’y soit pas contrainte. Pour le reste, les femmes font ce qu’elles veulent ! Au nom du puritanisme et de l’égalité, la société tente à nouveau d’imposer ses griffes moralisantes sur les femmes. Quelle régression ! »

Les abolitionnistes rétorquent que la prostitution « libre » n’existe pas ou qu’elle est extrêmement marginale. La mission Bousquet-Geoffroy estime ainsi que les prostituées qui revendiquent leur condition n’ont pas vraiment consenti à ce qui leur arrive : face à la misère, elles ont adopté des stratégies de survie qui finissent par les placer dans une véritable impasse. Leur destin est donc le fruit d’un choix « contraint » dont elles restent ensuite prisonnières. « L’exercice de la prostitution crée des addictions et des habitudes dont il est difficile de se défaire », affirme la mission parlementaire. Aux yeux des députés, la parole des prostituées qui affirment avoir choisi leur destin n’est donc qu’un séduisant mirage.

Cette analyse des choix « contraints » fait sourire la philosophe Michela Marzano, qui a dirigé le Dictionnaire du corps (PUF, 2007). « C’est le cas de tous les choix que nous faisons : ils ne sont pas complètement libres, ils sont influencés par ce que nous avons vécu ou par des contraintes économiques et sociales qui nous sont extérieures, ce qui ne nous empêche pas, parfois, de les revendiquer. » Certains voient même dans ce refus de prendre au sérieux la parole des prostituées « indépendantes » une fâcheuse condescendance. « Cette attitude est le péché originel de l’abolitionnisme, affirme la politiste Amélie Maugère, du Centre international de criminologie comparée de l’université de Montréal. Depuis la fin du XIXe siècle, il considère que le consentement des prostituées n’est pas pertinent, comme si elles étaient d’éternelles mineures ou de pauvres victimes. »

Les prostituées « indépendantes » sont-elles nombreuses ? Nul ne le sait vraiment. Selon l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains, il y aurait environ 20 000 prostituées en France, mais ce chiffre est plus qu’incertain. La prostitution de rue est repérable – à Paris, la préfecture comptabilise 800 prostituées, les Amis du bus des femmes, 500 « traditionnelles ». Mais il est infiniment plus difficile de connaître les pratiques des salons de massage ou des bars à hôtesses, les contours de la prostitution occasionnelle étudiante ou le nombre d’escort girls – le sociologue Laurent Mélito comptabilise 10 000 annonces Internet, dont 4 000 émaneraient de prostituées « indépendantes ». Selon la mission Bousquet-Geoffroy, les années 1990 marquent le déclin de la prostitution « traditionnelle » au profit des réseaux de traite et des annonces sur Internet, mais cette analyse est contestée.

Plus largement, le débat porte sur le sens même de la prostitution. En acceptant des relations sexuelles tarifées, les prostituées exercent-elles un travail, comme l’affirment les partisans de la reconnaissance de ce « métier » ? Ou louent-elles leur corps, ce qui est, selon la Convention de 1949 pour la répression de la traite, « incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine » ? Pour Act Up ou le Syndicat du travail sexuel, la réponse ne fait pas de doute : les prostituées fournissent une « prestation » qui nécessite un certain savoir-faire, comme tous les travailleurs. Pour eux, la violence et l’aliénation qui règnent dans ce milieu ne viennent pas de la prostitution elle-même, mais de la stigmatisation morale de celles qui la pratiquent.

Pour les abolitionnistes, au contraire, la prostitution en elle-même est un asservissement. Peu importe que la prostituée ait donné ou non son consentement. « On ne dispose pas de sa propre dignité, affirme le philosophe Dominique Folscheid, auteur de Sexe mécanique, la crise contemporaine de la sexualité (La Table Ronde, 2002). La prostituée est une esclave à temps partiel : elle crée un double de son corps qu’elle laisse à la disposition d’autrui, comme s’il s’agissait d’une chose dont on pouvait fixer le prix. Or Kant nous enseigne que la dignité consiste précisément à respecter aussi bien sa propre personne que celle de tout autre comme étant sans prix. »

Bien des témoignages de prostituées nourrissent cette vision aliénante de la prostitution. Dans un livre paru en 2001, Nelly Arcan, une escort girl québécoise qui s’est suicidée en 2009, raconte ainsi dans un effroi vertigineux la « dévastation de ce qui unit la putain à son client ». « Même assise ou couchée, jamais je ne pourrai l’être assez pour toucher le fond de ma chute, il faudrait que je tombe en bas de ma chute, il faudrait que je tombe en bas de ma chaise, en bas de mon lit, il faudrait que s’ouvre le sol pour que je puisse dévaler infiniment vers les profondeurs de la terre. » En France comme ailleurs, la prostitution reste d’ailleurs associée à un imaginaire de souillure et d’impureté : à part le comédien Philippe Caubère, qui ose aujourd’hui, dans l’espace public, revendiquer son penchant pour la sexualité vénale ?

Cette vision de la prostitution laisse cependant beaucoup de spécialistes perplexes. « Il s’agit certes d’un univers violent où l’on trouve de la traite et des proxénètes, mais il y a aussi des prostituées indépendantes, des escort girls qui travaillent sur Internet ou des occasionnelles qui exercent un autre métier, constate la politologue Janine Mossuz-Lavau. Certaines souffrent, mais ce n’est pas le cas de toutes. Il y a des prostituées qui choisissent leurs clients et leurs tarifs, et qui ne souhaitent pas arrêter. Au nom de quoi faudrait-il leur interdire de travailler ? » La pénalisation, affirment-ils, aurait en outre l’inconvénient de rejeter les prostituées dans la clandestinité, l’isolement et la violence. « Cela conduira à dégrader la situation de ces personnes que l’on prétend protéger ! », soupire Lilian Mathieu, sociologue au CNRS.

Mais sur ce sujet comme sur bien d’autres, c’est souvent l’enjeu symbolique de l’interdiction qui fait débat. Pour les abolitionnistes, la pénalisation du client est une manière radicale d’affirmer que le corps des femmes n’est pas « à vendre » : il s’agit de « penser l’éducation de la société dans son ensemble », affirment Danielle Bousquet, Christophe Caresche et Martine Lignières-Cassou. Une profession de foi qui fait frémir certains intellectuels. « Dans l’idéal, la sexualité, c’est, bien sûr, le désir réciproque irrépressible, sourit Janine Mossuz-Lavau. Mais le législateur ne peut pas raisonner uniquement en fonction d’un idéal. On ne peut pas décréter autoritairement la fin d’un certain nombre de phénomènes de société. »

Beaucoup craignent en outre que l’interdiction de facto de la prostitution soit une manière, pour le législateur, de faire intrusion dans la vie privée en édictant du haut de sa tribune une « norme de la bonne sexualité » – partagée, égalitaire et gratuite. « Les pouvoirs publics instaureraient ainsi une forme de police des comportements privés, un regard inquisiteur sur notre sexualité », résume Amélie Maugère. Une critique que les abolitionnistes repoussent en invoquant le respect de l’égalité hommes-femmes. Sauront-ils convaincre l’hémicycle et placer la France dans le sillage des pays scandinaves comme la Suède, mais aussi la Norvège ? Ils veulent y croire.



Cet article est tiré du cahier hebdomadaire « Culture& Idées », un supplément publié dans Le Monde (daté samedi) chaque vendredi après-midi.

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C. D. C. D.

C’est magnifique de voir des gens disserter, bien tranquillement, au chaud dans leur maison, sur le droit et la liberté des femmes à se prostituer, alors qu’ils ne connaissent RIEN au monde de la prostitution et à l’industrie du sexe. Âge moyen d’entrée dans le « métier » : 14 ans. Entre 80 et 95% d’abus sexuels pendant l’enfance. 70% de syndromes de stress post traumatique (comme chez les survivants de la torture)… http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/vivre-dans-les-limbes.html

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/25/la-prostitution-hors-la-loi_1609025_3224.html

 

L’opération libyenne était-elle une « guerre juste » ou juste une guerre ?

Créé par le 27 nov 2011 | Dans : Actu du site

Débat entre Rony Brauman et BHL.

Deux thèses antagoniques.

A lire dans J’ai été intéresse par…

NB: j’ai tendance à penser que la démocratie ne s’impose pas par la guerre.

Par ailleurs, l’OTAN a clairement dépassé le mandat de l’OTAN.

L’opération libyenne était-elle une « guerre juste » ou juste une guerre ?

Créé par le 27 nov 2011 | Dans : j'ai été intéressée par...

LEMONDE - 24.11.2011

Comment avez-vous réagi devant la situation libyenne avant l’intervention militaire alliée ? Selon vous, la nature de la répression du régime du colonel Kadhafi contre les insurgés justifiait-elle cette guerre ?

Rony Brauman : Face à la menace d’un écrasement du soulèvement de Benghazi, j’ai d’abord eu une réaction de stupeur et d’angoisse : oui, il fallait contrer une offensive blindée de Kadhafi. Bien que je me méfie de l’engrenage qu’enclenche fatalement un engagement militaire, la crainte de voir des flots de sang dans les rues de Benghazi l’a emporté. Dans ce contexte, une intervention limitée à la protection de la ville était justifiable. Je n’ai pas tardé à changer d’avis en m’apercevant que les menaces dont il était question relevaient de la propagande, et non de réalités observables.

Personne n’a ainsi été capable de nous montrer les tanks qui se dirigeaient prétendument sur Benghazi. Or, une colonne de chars, à l’époque des téléphones mobiles et des satellites, ça se photographie. D’ailleurs, s’il a suffi de détruire quatre tanks en un raid aérien pour briser ladite offensive, c’est bien que cette colonne, dont on n’a plus entendu parler par la suite, n’existait pas ! De même pour les plus de 6 000 morts dont faisait état le Comité national de transition (CNT) dès le début du mois de mars. Les enquêtes d’Amnesty et de Human Rights Watch ont montré que le nombre de victimes s’élevait en réalité à 200 ou 300, dont la plupart étaient mortes au combat.

Un bilan similaire à celui qu’avaient enregistré la Tunisie ou l’Egypte. Quant aux attaques aériennes sur les manifestants de Tripoli, il s’agit d’une invention d’Al-Jazira. En somme, il m’a semblé rapidement clair que la décision d’entrer en guerre a précédé les justifications de cette guerre.

Bernard-Henri Lévy : Comment cela, une invention d’Al-Jazira ? Comment pouvez-vous, vous, Rony Brauman, nier la réalité de ces avions de chasse piquant sur les manifestants de Tripoli pour les mitrailler et que le monde entier a vus ? Et, quant au bilan de la répression, peut-être n’était-il pas de 6 000 morts : mais dire « 200 ou 300″ relève soit de l’insulte soit de la plaisanterie ! Morts au combat, ajoutez-vous. Mais quel combat ? D’un côté, vous aviez une armée surpuissante qui s’équipait depuis des décennies et se préparait au soulèvement populaire. De l’autre, vous aviez des citoyens désarmés. Et puis les chars…

Nul ne vous les a « montrés », dîtes-vous. Mais moi je les ai vus. Aujourd’hui encore, la route entre Benghazi et Ajdabiya est jonchée de leurs carcasses. Ils étaient sur le point d’entrer dans la ville. Ils ont été arrêtés à la dernière minute. Et je ne parle pas du massacre de Misrata dont j’ai vu, de mes yeux, le résultat et dont je puis vous assurer qu’il n’était pas une opération de propagande.

Misrata a été réduite à l’état de décombres. Le massacre n’y fut pas seulement annoncé : il y a bel et bien été opéré.

Rony Brauman : La militarisation du soulèvement a été presque immédiate, dans les jours qui ont suivi les premières manifestations. A Misrata, la résistance a été particulièrement vigoureuse, et il est faux de prétendre que des civils se soient battus à mains nues contre des troupes suréquipées. Si l’intervention de l’OTAN n’a certes pas été anodine, c’est localement qu’a été accompli l’essentiel de l’effort militaire. Je me trouvais à Misrata en juillet : je m’attendais à voir une ville détruite, j’ai commencé par constater que le port, cible de bombardements répétés, disait-on, était absolument intact.

Les affrontements ont en fait été circonscrits à deux quartiers, dans lesquels les dégâts sont énormes, tandis que le reste de la ville est normal. Aucun des habitants avec lesquels j’ai parlé ne se présentait d’ailleurs comme un survivant. En mai et juin, les équipes de Médecins sans frontières qui étaient sur place recevaient très peu de blessés et envisageaient même de plier bagage. Qu’il y ait eu des combats acharnés, que le siège ait été violent, c’est indéniable. Mais Misrata n’est pas cette ville réduite à l’état de décombres que vous décrivez.

Bernard-Henri Lévy : Je n’ai rien vu à Misrata, nous dit Rony Brauman ! Eh bien je suis scandalisé. Arriver le 15 juillet, c’était arriver après la bataille. Les lignes de front s’étaient alors déplacées à Derna et Abdoul Raouf, à 40 kilomètres du coeur de la ville. Mais la bataille, avant cela, a été terrible. La ville, avant d’être libérée, a été littéralement ravagée. Et comment osez-vous arguer de l’héroïsme de ces hommes qui ont, en effet, repoussé les chars pour conclure que la menace n’était, au fond, pas si terrible que cela ?

Que ces hommes aient résisté, qu’ils se soient héroïquement battus, qu’ils aient rivalisé d’imagination pour inventer des ruses tactiques du type de ces tapis de prière enduits d’huile disposés nuitamment sous les chenilles des chars pour qu’ils patinent et deviennent des cibles plus faciles, tout cela ne prouve pas la faiblesse de l’armée de Kadhafi, mais l’ingéniosité tactique et la force d’âme et de caractère des insurgés.

La guerre de Libye marque-t-elle la victoire du droit d’ingérence ?

Rony Brauman : Oui, incontestablement, bien que ce modèle ne soit pas généralisable. Certains se réjouissent de cette victoire ; moi, je la déplore car j’y vois la réhabilitation de la guerre comme mode de règlement des conflits. Rendons à Bernard Kouchner et à Bernard-Henri Lévy ce qui leur est dû : depuis vingt ans, ils soutiennent le principe d’interventions militaires engagées sous le drapeau de la protection des populations civiles.

Pour la première fois, une telle intervention a été légalisée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle n’en est pas légitime pour autant. Je m’inquiète de ce triomphe d’une conception militaire de la protection, non par pacifisme de principe mais parce que son bilan est calamiteux. La victoire par les armes sur le régime à abattre n’est en effet que le début de l’histoire.

En fin de compte, le choix de la guerre entraîne un coût humain bien plus lourd. Pour preuve, le bilan officiel avancé par le CNT : 30 000 à 50 000 morts, soit dix fois plus que les victimes de la répression syrienne. Si ces chiffres sont exacts, c’est effroyable. Or, et c’est à mon avis révélateur de la gêne qu’ils inspirent, ils n’ont soulevé, à ce jour, aucune interrogation.

Bernard-Henri Lévy : On ne sait rien de ce bilan. Et on ne sait rien, en particulier, de la « répartition » entre civils pris dans les feux des combats, éventuelles victimes des bombardements de l’OTAN et victimes des forces kadhafistes massacrées par un pouvoir aux abois qui voulait noyer cette révolution dans des « rivières de sang ».

Mais, de toute façon, le problème n’est pas là. Quand un Etat s’avère incapable d’assurer le minimum de sa souveraineté, à savoir la protection de ses citoyens, quand il met lui-même en danger son peuple en le détruisant délibérément, alors la communauté internationale a le devoir de se substituer à lui. C’est ça, le devoir d’ingérence. C’est ce qui me reste de l’internationalisme de ma jeunesse. La communauté internationale a, dans ces situations, un devoir de subsidiarité ou de substitution. Et cela parce que les droits de l’homme n’ont pas de frontières : l’autre est mon prochain, même quand il est timorien, darfouri ou libyen.

Rony Brauman : Cette logique procède d’un dualisme métaphysique cher à Bernard-Henri Lévy réduisant la politique à l’affrontement du Bien et du Mal, c’est-à-dire des fascistes et des antifascistes. Dans ce monde simple, il revient à une avant-garde éclairée d’anticiper et de prévenir les massacres à venir, afin d’accoucher par la violence l’histoire de son grand dessein démocratique.

La notion de « guerre humanitaire » a de fortes affinités, c’est le moins qu’on puisse dire, avec cette conception néoléniniste d’une supposée politique des droits de l’homme. Elle fonctionne par nature sur un mode chirurgical : les complexités de la société sont effacées au profit d’une vision binaire faite de bourreaux et de victimes.

Mais les réalités invisibles et agissantes des rapports de pouvoir complexes et des alliances inattendues, à l’oeuvre dans toute société, ne tardent pas à se manifester. A cette idéologie, j’oppose le long et sinueux travail de la démocratisation, la nécessité de la négociation et du compromis dans le combat politique. C’est ce que la guerre interdit et c’est pourquoi je défends l’option opposée, que j’appellerai le « paradigme syrien », fait d’une mobilisation populaire large et d’un refus admirable de céder à la tentation des armes et à la spirale de la violence. Je précise que, dans mon esprit, la démocratie se définit avant tout par la démilitarisation de la lutte pour le pouvoir.

Bernard-Henri Lévy : La démocratie est un processus laborieux, certes. Pour autant, faut-il, sous prétexte de patience « métaphysique », condamner les peuples à un long supplice ? Et fallait-il, au motif que le peuple libyen était, d’une certaine façon, comptable de ces années de dictature, le laisser aller au bout de la pénitence, attendre que les quelques milliers de morts soient devenus des dizaines ou des centaines de milliers ?

C’est vous qui avez une conception « normative » et « procédurière » des choses avec votre idée d’un sage et lent travail nécessaire avant que le modèle démocratique n’ait le droit d’entrer en scène. Non. La libération de la Libye a été, certes, l’oeuvre des Libyens. Mais, à un moment donné, ils se sont adressés à nous.

Et il n’était pas question de refuser d’entendre cet appel. Le légitime souci de la complexité ne pouvait pas, comme en Bosnie, nous faire rester l’arme au pied. Nous ne l’avons pas fait. Nous n’avons pas, comme à Sarajevo, attendu que le compteur soit à 200 000 morts pour arrêter le carnage. Et c’est bien.

Peut-on donc qualifier la guerre en Libye de « guerre juste » ? Et que faut-il entendre selon vous par ce concept ?

Rony Brauman : De saint Thomas jusqu’à Michael Walzer, la guerre juste se définit selon cinq critères : un souverain légitime, des buts légitimes, des moyens proportionnés, la guerre comme dernier recours et des chances raisonnables de succès. Si l’on peut considérer, avec des réserves, que les trois premiers critères sont satisfaits, les deux derniers ne le sont pas. J’ai dit ce que je pensais de la menace imminente.

Quant au succès, ce n’est pas le lynchage de Kadhafi ni les tueries et pogroms qui en sont de bons augures. Il n’y a pas selon moi de « guerre juste ». La guerre ne doit être qu’un ultime recours contre une agression ou une occupation. En l’occurrence, l’invocation de la « responsabilité de protéger » a réhabilité l’usage de la violence comme réponse à une crise politique. Plus grave, on redonne ses lettres de noblesse à la notion de guerre préventive. Cela me consterne.

Bernard-Henri Lévy : Eh bien, on s’est honoré en faisant cela ! C’est Kadhafi, ne l’oubliez pas, qui a déclenché cette guerre. Quand Saïf Al-Islam, son fils, numéro deux du régime, dit que les habitants de Benghazi sont des rats et qu’il faut les noyer dans des rivières de sang, c’est d’une déclaration de guerre qu’il s’agit.

Maintenant, la « guerre juste ». Les théoriciens de la guerre juste établissent une distinction, que vous effacez allègrement, entre la guerre préventive (l’Irak) et la guerre préemptive (on a les preuves qu’un massacre est programmé, qu’il commence d’être mis en oeuvre – et on l’arrête avant qu’il ne soit allé au bout de son programme). En Libye, on est clairement dans ce second cas.

Rony Brauman : Bien sûr, mais il ne suffit pas d’affirmer qu’un massacre est programmé pour qu’il le soit ! La guerre a été voulue par Nicolas Sarkozy dès le mois de février. Avant même la constitution du CNT, quatre sous-marins nucléaires français patrouillaient déjà le long des côtes libyennes et, le 25 février, Nicolas Sarkozy déclarait : « Kadhafi doit partir. »

On n’a jamais vu qu’un chef d’Etat décrète, après une semaine de troubles, qu’un autre chef d’Etat, aussi antipathique soit-il, doit partir. L’invocation des atrocités, dont le nombre et l’horreur grandissaient chaque jour, est un montage propagandiste. Kadhafi était une cible idéale par son isolement diplomatique, par les crimes dont il s’est rendu coupable dans le passé… mais en l’occurrence, je le répète, les justifications sont intervenues après la décision. C’est bien en France et en Europe, ainsi qu’au Qatar, qu’il faut chercher les origines de la guerre en Libye.

Bernard-Henri Lévy : Qu’on ait déclaré, dès février, que Kadhafi devait partir, cela ne veut rien dire. On a fait la même déclaration sur Bachar Al-Assad, et vous savez bien que cela n’a été suivi d’aucun effet. Non. Pour que cette guerre advienne, il fallait que l’Europe le veuille, naturellement. Il fallait, en France, un président de la République obsédé, entre autres soucis, par celui d’empêcher un nouveau Srebrenica. Mais il fallait, surtout, que les Libyens le désirent et le demandent. C’est en ce sens, aussi, que la Libye est le contraire de l’Irak. On n’y a pas envoyé des moniteurs politiques. On n’a pas fabriqué un président ou un Conseil fantoche, parachutés avec son modèle démocratique en kit. On a aidé un mouvement préexistant. On a répondu à un appel.

Et je pense d’ailleurs que cette expérience libyenne devrait nous inciter à enrichir vos cinq critères canoniques d’un sixième critère de la guerre juste : juste est la guerre qui, outre le fait qu’il n’y a plus d’autre recours pour éviter des crimes contre l’humanité à grande échelle, répond à un appel venu du peuple concerné. C’est la vraie différence avec la Syrie. Pourquoi, demandent certains, ne fait-on pas à Damas ce qu’on a fait à Benghazi ? La réponse n’a rien à voir avec je ne sais quelles arrière-pensées complotistes de nos dirigeants.

C’est juste que, à l’heure où nous parlons, les Syriens ne le veulent pas ; il n’y a pas d’instance représentative pour solliciter officiellement, comme l’a fait le CNT libyen, l’aide militaire de la communauté internationale ; cette sollicitation viendrait-elle que la donne en serait changée et que l’option militaire devrait être considérée.

Pensez-vous que l’intervention armée en Libye ait vraiment favorisé l’installation de la démocratie dans le pays ?

Rony Brauman L’opposition à Kadhafi peut procéder de différentes raisons, de même qu’il existait un anticommunisme démocratique et un autre qui en était la négation. Il ne suffit pas de s’opposer à un régime dictatorial pour recevoir d’emblée un brevet de démocratie. La première intervention publique de Moustapha Abdeljalil en arrivant à Benghazi en tant que chef provisoire de la Libye libre a été l’invocation de la charia comme source du droit. Je sais bien que la charia se prête à une interprétation démocratique aussi aisément qu’à son contraire. Il n’empêche : c’était un drôle de choix que de l’invoquer à ce moment fortement symbolique.

Bernard-Henri Lévy : Un « brevet » de démocratie – eh bien ! Nous n’avons entendu, dans cette affaire, que ce que nous voulions entendre : ce gros mot de charia dont l’Occident analphabète a fait un épouvantail. La réalité c’est, d’abord, que Moustapha Abdeljalil avait, en face de lui, ce jour-là, un certain nombre de combattants islamistes auxquels il voulait donner des gages avant de quitter la scène.

Mais c’est surtout qu’il a, dans le même discours, déclaré que la Libye de demain serait, aussi, attentive au respect des libertés fondamentales. Comment ceci se mariera-t-il avec cela ? L’islam conservateur avec le souci des droits de l’homme ? Ce sera un processus long et compliqué, bien sûr. Mais c’est ça, la démocratie.

Rony Brauman : Outre la légèreté avec laquelle le CNT, dont la plupart des membres étaient inconnus, a été immédiatement présenté par Bernard-Henri Lévy comme un mouvement démocratique laïque, il y a une certaine naïveté à vouloir ignorer le fait que la guerre crée des dynamiques favorisant les radicaux au détriment des modérés. Cette guerre n’est pas terminée.

En faisant le choix de militariser la révolte, le CNT donnait leur chance aux plus violents. En soutenant cette option au nom de la démocratie, l’OTAN a pris une lourde responsabilité qu’elle ne peut assumer. C’est parce que la guerre est mauvaise en soi qu’il ne faut pas la faire, ce n’est pas parce que le modèle libyen ne peut pas être généralisé par ailleurs.

Bernard-HenrI Lévy : La guerre n’est pas « mauvaise en soi » ! Si elle permet d’éviter une violence plus grande, elle est un mal nécessaire – c’est toute la théorie de la guerre juste. Maintenant, la question de la « généralisation ». Bien sûr qu’on ne peut pas reproduire mécaniquement en Syrie ce qu’on a fait en Libye.

Mais il y a là une maxime en formation. Un principe universalisable. Et, voyez-vous, l’idée même que ce principe existe, l’idée qu’il soit comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tyrans qui se considèrent propriétaires de leur peuple, c’est déjà un progrès formidable. Depuis la fin de la guerre de Libye, Bachar Al-Assad dort moins bien la nuit ; Mahmoud Ahmadinejad, aussi ; et, de cela, je me réjouis.

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http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/24/l-operation-libyenne-etait-elle-une-guerre-juste-ou-juste-une-guerre_1608874_3232.html#ens_id=1481986

Rony Brauman, médecin et essayiste

Né en 1950 à Jérusalem, il obtient, en 1975, après des études au lycée Lakanal de Sceaux et à la faculté Cochin Port-Royal de Paris, un doctorat en médecine tropicale, santé publique et épidémiologie. Riche de plusieurs expériences comme médecin en Afrique, il rejoint, en 1978, Médecins sans frontières (MSF) et devient, de 1982 à 1994, à la suite de missions accomplies notamment en situation de conflit armé, président de MSF France. Humanitaire convaincu mais critique, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris, lauréat du prix de la Fondation Henry-Dunant, et toujours actif au sein de MSF, il a alerté à de nombreuses reprises sur le danger que représente le « devoir d’ingérence » – publication d’essais dont « Humanitaire : le dilemme » (éd. Textuel, 1996), « L’Action humanitaire » (Flammarion, 1993), « Devant le Mal. Rwanda, un génocide en direct » (Arléa, 1994), « Le Crime humanitaire: Somalie » (Arléa, 1993) ou « Penser dans l’urgence » (Seuil, 2006), et interventions dans les médias. Pour lui, les opérations militaires et humanitaires que suscite ce « devoir d’ingérence », invoqué pour justifier la guerre en Libye, sont souvent plus destructrices que favorables à la diffusion de la démocratie.

Bernard-Henri Lévy, écrivain et philosophe

Né en 1948, en Algérie, il passe sa petite enfance au Maroc. En 1954, la famille Lévy s’installe en France, à Neuilly-sur-Seine, où leur fils Bernard-Henri effectue sa scolarité avant d’entrer, en 1968, à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Dès cette époque, agrégé de philosophie, il est un intellectuel engagé mais critiqué, bientôt l’une des figures de proue des « nouveaux philosophes ». Il voyage beaucoup – au Pakistan, en Afghanistan,
à Sarajevo, au Darfour… – pour soutenir sur place, mais aussi dans l’opinion, par une présence médiatique revendiquée, les causes qu’il défend. Il a publié
de nombreux ouvrages et a mis en scène des films et des documentaires. Lauréat du prix Médicis en 1984 pour son roman « Le Diable en tête » et du prix Interallié en 1988 pour « Les Derniers Jours de Charles Baudelaire » (Grasset). Directeur de la revue « La Règle du jeu », il est, depuis 2010, membre du conseil de surveillance du groupe Le Monde. Dernièrement, il a soutenu le combat du Conseil national de transition libyen face à Mouammar Kadhafi, poussant, notamment dans les milieux politiques, à l’intervention militaire alliée, au nom du « devoir d’ingérence ». Sa vision du conflit et les détails de son action sont consignés dans son dernier ouvrage « La Guerre sans l’aimer » (Grasset, 400 pages, 22 euros).

Article paru dans l’édition du 25.11.11

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